A M. LE BRET
IINTENDANT A GRENOBLE.
Versailles, h février i683.
Je fais réponse à vostre lettre datée de Lyon le 36 du passé. Vous entrez dans une généralité où vous trouverez les esprits fort élevés à cause de la révocation de M. d'Herbigny; c'est pourquoy, dans les commencemens, il est bien nécessaire que vous vous absteniez fort, et que vous preniez garde de ne donner aux esprits de cette province aucun sujet légitime de se plaindre, et vous ne deyez pas douter que le Roy vous soutienne fortement. Surtout, appliquez-vous à exécuter promptement et ponctuellement les ordres qui vous seront envoyés, particulièrement è l'égard des gens de guerre, que le Roy veut (\stre contenus dans une discipline fort exacte; et à l'égard des matières qui passent par mes mains, vous devez estre assuré que je vous expliqueray clairement les intentions du Roy.
Vous sçavez combien Sa Majesté a à cœur le soulagement de ses peu-
prucéder à la confection ries rôles dans la donna (|n'il Herait procédé exlraordinairemenl
quinzaine du jour de la réci*ption du mande- contre les collecteurs lorsqn^ils seraient oon-
ment pour Timposilion de la taille, à peine de vaincus de surimposition ou de déchii^ge iUi-
30 livres d'amende. cite des tailles. {Mém, aipk.) ' Une déclaration du ifî août i683 or-
pies sur le fait des tailles; et comme rimpôsition dans cette province est toute différente de ce qui se prali(|ue dans la généralité de Limoges ^ vous devez donner une très-grande ap])lication à Lien rcconnoistre tout ce qui se passe dans l'imposition et la collecte pour remédier aux abus que vous trouverez. Le commis du sieur de La Tour-Dalliez est porteur des provisions |)our les notaires et sergens cpii ont esté créés de nouveau. Comme le parlement avoit dessein de continuer les serjjens non pourvus qui ont esté supprimés, et mesme que M. d'Il(»rbigny non-seulenjont y avoit donné les mains, mais mesme avoit donné quehjues ordonnances ])our cela, l'intention de Sa Majesté est que vous teniez fortement la main à ce qu'aucun de ces sergens non pourvus n'exerce, et que vous fassiez connoistre à M. le Premier Président et à M. le Procureur Général (jue le Roy ne le veut point souffrir pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse estrc.
Vous examinerez aussy Testât auquel est la ferme des gabelles, et les autres droits et impositions (jui se lèvent pour le roy, pour employer l'autorité que Sa Majesté vous donne pour les maintenir suivant l'occasion.
(Bibl. Imp. Mss. Mélange* Clairambault , vol. &33, fol. &3.)