A M. DE NANCRE
(iOLVKR.XELIl Di; QUESiNOY*.
De. . . 5 seplembre i66i»
Quand M. Talon '^ m aura informé des droits qui se lèvent sur les ecclésiastiques et les gentilshommes de la prévosté du Qw^snoy *, que vous dites faire un mauvais effet dans leur esprit, je verray ce que le Roy leur pouira accorder pour s'acquérir de plus en plus leur affection. Mais je dois vous dire à l'avance que s'ils payoient les centièmes* du temps qu'ils estaient sous la domination du roy d'Espagne, il n'y a pas d'apparence que Sa Majesté les exempte à présent, si c'est cela dont ils se plaignent; au lieu que si c'est de quelques nouvelles impositions, elle les en pourra décharger.
Quoyque la proposition que vous me faites pour vous laisser la jooBsance du domaine du Quesnoy soit fort avantageuse, et que je souhaiterois de vous y pouvoir servir, je me vois hors d'estat de le faire à cause de la -conséquence, parce que si le Roy Tavoit une fois acceptée. Sa Majesté ne pouiToit honnestement refuser la mcsme chose à plusieurs de MM. les gouverneurs qui l'ont demandée avec beaucoup d'instance ; mais j'espère (|ue je seray plus heureux dans cjuchjue autre rencontre.
(Arch. de la Mar. Rectteil de diverses lettre», fol. 90.)
^ Claude- An loinc de Dreux , cointe de Nancœ, était entré au service en i6<jii. Capitaine eu 1668, manfchal de camp en i65H; [;ouverneur du Quesnoy en i()6o, puis d'Alli eu 1669; lieutenant général en 1673 ; commandant de TArlois en 1679. Mort à Arras le a avril 1689.
' Jean Talon, successivement commissaire de l'armée en i653, intendant d'Artois en 1 66 1 , et choisi pour régler les limites de France et de Flandre. Envoyé comme iniendaul au Canada, de i665 à 1667, *^ ) retourna une seconde fois en 1679, mais sos infirmités le
forcèrent à rentrer en France en 1674. Il devint alors secrétaire du cabinet, pois valet de chambre du roi.
^ Petite ville fortifiée da département du Nord.
* Il s'agissait, sans doute, d'un droit analogue à celui du centihne denier, qui ne futéteUi en France qu'en 1708 et qui se percevait à toutes les mutations de propriété, à Texception de celles en ligne directe. L^éditde 1708 ne s'applique point à l'Alsace ni aux proviatts de Flandre , Hainaut , Artois et Ganibrcsiav <pii «Haient abonnées. {EncycL méthod. Finances*)