‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 295 sur 411 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Vemilles, 11 novembre 1679.

J'ay reçu la lettre que vous m'avez écrite de vostre main , le 7 de ce mois, concernant le département [de vostre généralité], et quoyque, par ce qu'elle contient, vous vouliez me persuader que vous y avez assez donné de temps pour le faire avec grande connoissance, je vous diray que je suis convaincu qu'il est impossible de pouvoir connoistre la véritable force des paroisses et tous les abus qui se commettent dans l'imposition et la collecte , particulièrement dans la province de Normandie où tous les esprits sont forts subtils et où ils trouvent tous les jours de nouveaux moyens pour se procurer du soulagement, sans y employer plus de temps que celuy que vous y avez mis. Croyez-moy, en une matière si importante, il ne faut pas se persuader que l'on sçait tout ce qu'on peut sçavoir, parce que, en des affaires de bien moindre conséquence , il y a continuellement quelque chose à apprendre ; et , tant plus l'on pénètre cette matière, tant plus l'on se trouve éloigné de la pensée que l'on avoît de tout sçavoir. Toutes les autres affaires de la généralité de Caen sont h peu près de mesme nature; et je crains fort que vous ne croyiez un peu trop

factleinont tout ce que l'on vous dit en ces matières , comme vous avez fait en celle des haras. L'amitië qui est entre nous depuis longtemps m'obhye de vous parler de cette sorte.

•J'apprends, par vostre lettre du 3 de ce mois, que les manufactures de ladite généralité sont en assez bon estât. Il faut toujours s'informer et pénétrer à fond tout ce qui y peut apporter quelque préjudice, et mesmc tout ce qui en peut produire l'augmentation, pour y travailler continuellement.

(Bibl. des Inv. Ms. Correxpondance de M. Colhcrt, 167a, foi. 373.)

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