‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 4)Chapitre 33 sur 411 · SUR LE PROJET DE DÉPENSES DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

SUR LE PROJET DE DÉPENSES DE L'ANNÉE

La marine peut estre considérée sous trois points de vue :

Pour la seule guerre défensive, on peut se contenter d'une dépense de 4 millions.

Pour maintenir le commerce, renlèvement de nos denrées, qui ne peut plus estre fait par les estrangers ; pour conserver le commerce de la Méditerranée et Toster mesme aux Hollandois ; pouf maintenir nos colonies, on ne peut dépenser moins de 7 millions.

Pour soutenir la compagnie des Indes orientales, il faut dépenser 8 millions. Elle ne peut subsister sans des secours d'argent et sans une escadre dans les Indes.

Ainsy il convient de destiner au commerce 5oo,ooo livres^.

Il seroit nécessaire de rembourser au moins 900,000 livres aux oflicîefB ' supprimés. Leurs gages montent environ à 3oo,ooo livres; si Ton est oMi^ d'avoir recours au crédit, ce retranchement feroit beaucoup de lorL

Il n'y a plus que le roy de France qui fasse travailler les sculpteuns, pein^ très et autres ouvriers habiles; si Sa Majesté ne les occupe, ils iront chercher ailleurs de quoy gagner leur vie.

11 faut mettre le Louvre en estât de ne pas périr, fermer les Tuileries, couvrir l'Observatoire.

Si les recettes ne suffisent pas, les seuls moyens de les augmenter sont :

Les emprunts, ' Les augmentations d'imposition.

Les aliénations.

Ce sont les trois moyens dont on s'est servy par le passé.

Les emprunts ne peuvent estre au delà de 3 à & millions au denier 18, quelque chose que l'on fasse. Les raisons sont fondées sur ce qui s'est fait avant et depuis Fadniinistration du Roy.

H faut observer, à Tégard des impositions, que le Roy tire plus des provinces, à présent que les tailles sont réduites à 33 millions, que l'on n'en tiroît en i658 qu'elles estaient à 56 millions; néanmoins, elles peuvent estre augmentées d'un million en cette année 1672 pour les estapes, et d'un autre million eu 1673.

Quant aux aliénations , le Roy a retiré tout et est en possession de 4 millions de revenus, soit en greffes, soit en domaines que Ton peut aliéner; on en re-^ tirera ûo millions sur le pied du denier 10.

(Forboiiiiais, Recherches et cotiêidérations sur l$s finances ^ aniiéc 167s.) ' (^c chitTre est bien celui que duiiiie Forboniiuiti , inuis il semble (|iruii duil brc i5 uiiiliuus.

FINANCES. ccxxxi

\V. — A LOUIS \IV

(Extrail. — D*après une copie fnilc surToriginal. )

Paris, 3o avril 1672.

Depuis que je su\n icy, j'ay travaillé assez ulilemcnl à restablir le crédit, qui estoil extrêmement altéré et anéauty. Pour cela, j*ay engagé divers marcliauds à reiaeUre de Targenl dans le commerce ; et quelques-uns mesme se sont engagés d'assister le sieur Martel d'Alliez dont la banqueroute, si elle fusl airivée, auroit fait perdre plus de 800,000 livres à' divers fermiers et receveurs généraux, ce qui- auroit tombé indirectement sur Vostre Majesté à cause des autres banqueroutes que celle dudit d' Alliez auroit causées. Je tiens mainte- Baai cetie affaire raccommodée ".

En mesme temps, j'ay commencé de faire remettre 300,000 livres pour la Suisse et je coutinneray jusqu'aux 300,000 écus. Ensuite je travailleray à faire les remises pour la continuation des subsides d'Allemagne; et, lorsqu'elles seront faites, il sera temps de commencer pour le second terme d'Angleterre ^.

Aussytost que les conseils de finances et autres commenceront, je ne manqœray pas de rendre un compte ponctuel à Vostre Majesté de ce qui s'y passera. . .

• RéP05SB DE LOmS ÏIV, E5 MARGE.

Au camp près de Maricmbouri;, U may 167a.

• Je suis très-ayse de ce que vous me mandez toucliant le crédit. Vous sçavez mieux que personne que les soins que vous y donnez seront très-utiles. Cest pourquoy il faudra faire tout c^; qui dépendra de vous ^ Je suis bien ayse que vous ayez empesché la banqueroute du sieur d'Alliez.

^ Bon, toutes les remises.

(Cabinet de M. le duc de Luyncin. Mss. n' 93, carton u.)

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