MAÎTRE DES REQUÊTES, EN MISSION
De. .. 3o juillet 1671.
Par la lettre du 9& de ce mois que j'ay reçue du sieur de La Grange, exempt des gardes du corps du Roy, qui a arresté M. de Mondevergue, ii me paroist beaucoup d'indices que, lorsqu'il estoit à Madagascar,«il a envoyé le sieur Dandron, capitaine de ses gardes, à MasulipatamS pour faire quelque commerce avec Marcara^ qui est son confident; que, ce Dandron n'estant pas encore de retour à Madagascar, ledit de Mondevergue ayant esté obligé de partir, il vint jusqu'au cap de Bonne-Espérance, et de làrelascha en la mesme isle pour y attendre le sieur Dandron ;
Que, sans l'arrivée de M. de La Haye, il ne seroit point party qu'avec ledit Dandron, qui devoit venir des Indes sur la fluste l'Aigle^Or; que, l'arrivée dudit sieur de La Haye l'ayant obligé de partir avant l'arrivée de ladite fluste, ii l'a attendue quelque temps au cap de Bonne-Espérance et en l'isle Sainte-Hélène.
Et , comme il paroist fort inquiet particulièrement d'avoir des nouvelles dudit Dandron, toutes les apparences veulent que, s'il a fait quelque chose de préjudiciable à la compagnie, l'amvée du sieur Dandron avec ladite fluste en donnera tout l'éclaircissement, outre celuy que vous pouvez tirer de son interrogatoire et de celuy de tousses domestiques; et, d'autant qu'il est impossible que cette fluste n'arrive bientost, je vous envoyé un ordre du roy pour arrester ledit Dandron et pour l'interroger sur-le-champ , et visiter en mesme temps tout ce qu'il aura apporté des Indes.
Je dois vous dire encore que le sieur de Mondevergue est desjà demeuré d'accord d'avoir pour lo ou is,ooo livres de diamans. Je crois que vous ne manquerez pas de prendre vos précautions pour empescher que rien ne soit caché. J'ay esté bien ayse de vous donner cet avis.
(Arch. de la Mar. Ordm duroipour les compagnUe dee Indet, 1671, fol. 67.)
^ Ville de rHindoustan , sur le golfe du Ben- pagnie des Indes orientales , furent rappdés en gale , à quatre-vingts lieues de Madras. France en 1678 et enfermés au château de
* Les frères Marcara, directeurs de la com- Port-Louis. ( Ordree du roï , fol, 3a.)
FontaiDebleau , i U aoiut 1671.
J'ay reçu voslre billet du Port-Louis daté du 7 de ce mois; vous avez eu beaucoup de raison de ne point commencer l'interrogatoire de M. de Mondevergue jusqu'à ce que vous ayez fortifié, par la déposition de ses domestiques et autres gens de l'équipage du vaisseau la Marie, les faits sur lesquels vous le devez interroger. J'ay vu aussy le mémoire desdits faits que vous m'avez envoyé de Nantes; je les ay trouvés en grand nombre, et vous sçavez bien que les affaires de cette nature ne périssent bien souvent que par la longueur qu'ils apportent dans la procédure, et parla foiblesse de la preuve de quelques-uns qui altèrent et diminuent la force des autres. Ainsy, j'estimerois, sauf vostre meilleur avis, que vous devez faire choix des faits dont la preuve vous sera plus facile. Je me remets néanmoins à tout ce que vous estimerez plus à propos, et vous prie de me donner part succinc-* tement toutes les semaines de ce que vous ferez, pour en rendre compte au Roy.
( Areh. de la Mar. Ordrei du roi pour fat compagnm du hnàtt, 1 671 , fol. 69. )
FonUiioebleaa, i5 aoust 167 1 .
J'ay reçu vostre mémoire du lo de ce mois, avec les interrogatoires, protestations et ordonnances qui y estoient joints. Il y a lieu d'espérer, par tout ce qui résulte du commencement de celte procédure, que nous trouverons la preuve de tout ce qui a esté fait par M. de Mondevergue, et il paroist mesme des apparences d'un plus grand mal que celuy duquel nous l'avons soupçonné.
11 seroit fort à souhaiter que, pendant le temps que vous ferez cette procédure, le vaisseau l'Aigle^Vr arrivast au Port-Louis et que vous pussiez achever tout d'un temps l'instruction de cette affaire. Si ce vaisseau n'arrive pas, j'estime que vous pouvez revenir; mais, auparavant, il est nécessaire que vous envoyiez icy une copie de toute la procédure que vous avez faite el que vous attendiez les ordres du roy pour vous en revenir.
Vous connoissez assez l'importance de cette affaire pour estre persuadé
qu'elle mérite bien un séjour de quelques semaines. J'ay rendu compte au Roy de tout ce que vous avez fait, et Sa Majesté m'a tesmoigné d'en estre fort satisfaite.
( Arch. de la Mar. Ordre» du rmpour les compagnies de* Indeê, 1671, fol. 70.)