‹ Lettres (volume 2)Chapitre 158 sur 163 · A UNE AUTRE NOVICE · texte numérisé non relu

A UNE AUTRE NOVICE

Ma très-chère Sœur, puisque la quantité de nos années nous tient assurées de n'en avoir plus guère à passer en cette vie , tâchons, je vous supplie, d'employer ce qui nous en reste le plus saintement qu'il nous sera possible, employant fidèlement toutes les occasions que Dieu nous présentera pour nous avancer en son pur amour, soit en souffrant, soit en agissant; surtout rendons-nous attentives pour observer au plus près possible tout ce qui est de notre saint Institut.

LETTRE MCMLXXIX

A UX'E AUTRE NOVICE Ma très-chère fille, demandez souvent à votre âme, à l'exemple de saint Bernard, qu'est-ce que vous êtes venue faire ici? et làdessus, excitez votre cœur à bien et fidèlement observer votre Règle, car c'est pour cela que la divine Providence vous y a amenée. Rappelez, le plus souvent que vous pourrez, votre esprit à vous-même pour le mettre en la présence de Notre- Seigneur crucifié , et le tenez là en attention le plus qu'il vous sera possible. Quand vous parlez , regardez ce que vous dites , afin que vos paroles soient sages et convenables à une vraie fille et servante de Notre-Seigneur.

LETTRE MCMLXXX

Ma très-chère fille, accablée d'affaires, je ne puis vous écrire ; je l'ai fait depuis peu. Croyez que de grand cœur je vous souhaite le comble des grâces de la divine enfance de notre cher Sauveur. Mon Dieu ! ma fille, les admirables leçons d'humilité, d'anéantissement et de toutes les vertus! Sa douce Bonté vous en fasse part, s'il lui plaît, et à toutes nos Sœurs que je salue, et tous ceux que vous trouverez bon. Bonjour et bonne année, ma vraie très-chère fille.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visilalion d Annecy.

LETTRE MCMLXXXI

Dieu tout bon soit toujours et à jamais l'unique amour et désir de nos cœurs, mes très-chères Sœurs et bien-aimées filles. Vivez de ce divin amour, qui vous tiendra unies d'une sacrée dilec-

tion , qui opérera incessament la fidélité exacte à vos saintes

observances. C'est l'unique bien que je vous désire comme pour

moi-même, étant toute vôtre en cette sacrée dilection. Dieu soit

béni.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMLXXXII

Ayez, ma très-chère fille, un grand et généreux courage qui s'ajuste amoureusement au très-saint bon plaisir de Dieu, sans plus réfléchir sur vos inclinations, désirs ou aversions, car tout cela est humain, et je désire, ma très-chère fille, que rien que l'esprit de Dieu ne demeure en vous, que je chéris toujours fort sincèrement. Je salue votre cher cœur et celui de toutes nos Sœurs. Dieu soit béni.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMLXXXIII

Je conjure toutes nos très-chères Sœurs de persévérer et croître tous les jours de bien en mieux. Faites que tout votre ménage marche en paix et joyeusement, et vous verrez tout prospérer. J'aime bien toutes nos pauvres Sœurs domestiques et les porte à avoir bon courage; car elles sont heureuses de beaucoup travailler pour Dieu. J'aime votre Sœur dépensière, elle sait qu'elle est ma fille, et pour ma très-chère Sœur l'économe, certes je l'aime de tout mon cœur, n'en doutez pas. Ma bonne Sœur, voilà le sermon que je vous avais promis : Dieu nous fasse la grâce de bien fidèlement pratiquer les sacrés documents que nous avons reçus de ce très-heureux Père.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de la Côte-Saiut-André.

SAXS DATES. G81

LETTRE MCMLXXXIV

Ma très-chère fille, voilà noire bon Père dom Juste [Guérinj duquel, à mon avis, vous serez consolée. C'est une âme des plus sincères, innocentes et simples que je connaisse, avec prudence toutefois, et qui est entièrement nôtre. Notre Bieuheureux Père l'aimait uniquement. S'il a besoin d'argent, je vous supplie, ma fille, lui en fournir jusqu'à quarante pistoles, car nous les avons entre nos mains; il ne les a pas voulu porter crainte de mauvaises rencontres. Dieu soit béni !

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMLXXXV (Inédite)

Ma très-chère fille, le doux Sauveur vient donner paix partout et effacer nos fautes passées. J'espère que sa Bonté vous bénira de ses saintes consolations. Tenez voire cœur au large et ne le peinez plus de rien. Soyez joyeuse et courageuse : Dieu est tout nôtre. Gloire soit au Ciel, et paix en terre aux âmes de bonne volonté. Je suis toute à vous.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy,

LETTRE MCMLXXXVI (Inédite)

Ma très-chère fille, il faut bien dire un petit mot à votre cher et tout bon cœur qui m'est en la considération que Dieu seul sait. Je ne sais que vous dit ce billet de cette chélive santé ; mais n'en soyez en nulle peine, car ce ne sont que des incommodités ordinaires, que la saison grossit un peu. Hélas ! que dignes de com-

passion étaient les douleurs qu'on fit souffrir à notre saint Père, il y a dix ans environ, à celte heure ! Dieu nous fasse la grâce d'en suivre la douceur, la patience et tous ses désirs sur nous.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMLXXXVIÏ (Inédite)

Supportez doucement, ma pauvre Sœur, madame de N. Ce n'est pas son cœur qui fait le tracassement sur la maison, c'est la tentation qu'on lui donne; mais vous faites bien de lui offrir de la payer, cela diminuera la fantaisie de ceux qui lui montent la tête. Enfin, aimez-la bien, et la confortez cordialement le plus que vous pourrez, et ne faites point connaître aux Sœurs celte tentation. Je vous remercie de vos saintes communions. Je suis de bon cœur toute vôtre en Notre-Seigneur. Qu'il soit béni!

Conforme à l'original garde aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMLXXXVIII [Inédite)

Vraiment, ma très-chère petite, j'ai été toute contente du compte que vous m'avez rendu. Mon Dieu! ma petite, encouragez-vous fort et allez de bien en mieux. Tenez-vous fort proche de Dieu, et soyez toujours veillante à cette essentielle mortification de vos passions et inclinations. Ma fiîie, on ne doit pas se dispenser d'une communauté sans congé des Supérieures ; mais aux novices le congé de la maîtresse suffit.

Conforme à uue copie de l'original gardé à la Visitation de Pisloie (Toscane).

LETTRE MCMLXXXIX (Inédite)

Ma très-chère fille, cette lettre est très-importante et pressée. Je crois que le courrier partira pour Rome le saint jour de Noël, .le vous prie de l'envoyer incontinent chez le maître des postes, avec celte petite commission. Je vous souhaite mille et mille bénédictions comme à ma plus chère fille, le cœur de laquelle je chéris de tout le mien, suppliant le saint Enfant de le remplir des fruits de sa très-sainte Naissance.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MGMXG (Inédite)

Je salue nos pauvres très-chères Sœurs, que je porte et porterai tant que je vivrai au fin milieu de mon cœur, quelque part que Dieu me mène; mais j'espère en sa Bonté qu'il me ramènera auprès de leurs chères dilections, si elles persévèrent à prier pour moi, comme leur sainte affection me le fait croire, et que la mienne me le fait désirer; mais surtout la grâce qu'elles vivent tout à Dieu en douceur et charité mutuelle.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCAIXCI (Inédite)

Ma très-chère fille, ne vous regardez pas tant, mais ayez un cœur joyeux et en courage, cherchant Dieu avec allégresse , et tâchez de tenir ainsi l'esprit de vos Sœurs content de vous et assuré de votre confiance envers elles. Dieu nous fasse la grâce de le louer à jamais avec tous ses Saints. Amen. Il soit béni.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMXCII (Inédite)

Ma très-chère fille, Dieu soit béni éternellement, qui nous a ramenée auprès de toutes nos très-chères Sœurs, Il me tardera bien, ma très-chère fille, de vous voir et votre chère troupe, mais il faut un peu de temps pour voir cette maison. Priez bien ce bon Dieu que notre retour et notre séjour soient tout à sa gloire. Je suis de cœur toute vôtre et à toutes nos bonnes Sœurs, que je salue tendrement avec vous. Dieu soit béni.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMXCIII (Inédite)

Ma très-chère fille, vos résolutions sont toutes bonnes; mais il ne se faut pas contenter de reprendre et avertir les Sœurs de leurs défauts pour une seule fois, mais autant qu'il sera requis, le tout pourtant avec grande douceur et charité. Soyez généreuse et joyeuse, ma très-chère fille. Priez pour celle qui est toute vôtre. Dieu soit béni, que je supplie nous bénir toutes.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMXCIV (Inédite)

Enfin, ma très-chère fille, « il faut souffrir, disait notre Bienheureux, que nous soyons de la nature humaine sujette à faillir » . Je vous prie donc derechef que vous ne vous fâchiez plus de vos manquements et que vous ne vous regardiez plus tant. Allez à la bonne foi, tout franchement, surtout avec votre bonne Mère, et dites librement votre pensée dans les occasions, et

ne vous mêliez point en peine si l'on ne la suit. Notre bon Dieu soit notre vie et consolation éternellement. Je suis tout à fait vôtre en son saint amour.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visilation d'Annecy.

LETTRE MCMXCV (Inédite)

Ma très-chère fille , les imperfections des particulières ne nous doivent nullement troubler, encore qu'elles soient en la Supérieure; mais demeurez toujours ferme en l'obéissance et simplicité, et par ce moyen vous aurez l'esprit de la Visitation. Ne parlez point en particulier que ce ne soit pour quelque chose nécessaire, afin de ne pas agrandir le trouble et la peine de votre Supérieure. Demeurez en paix, Dieu mettra ordre partout, n'en doutez point. Je suis toute vôtre, vous le savez; mais, encore une fois, je vous prie, demeurez en paix et faites pour les novices ce que la Mère vous dira.

Conforme à l'original gardé au* Archives de la Visilation d'Annecy.

LETTRE MCMXCVI (Inédite)

Ma très-chère fille, j'avais déjà bien reçu une de vos lettres, mais l'extrême surcharge que j'ai pour les réponses m'empêche de le faire bien souvent comme je désirerais, et il me faut néanmoins pardonner. J'ai vu cette dernière, ma très-chère tille, par laquelle vous m'ouvrez votre cœur avec tant de confiance et simplicité, que cela m'a fort consolée, et voudrais bien avoir le loisir de vous écrire longuement; mais je ne puis. Le principal sujet de toutes vos peines procède de manquement de soumission aux conseils que je m'assure que l'on vous donne.

Premièrement donc, je vous dis, ma très-chère fille, qu'absolument vous soumettiez votre jugement et votre volonté à faire ce que l'on vous dit. Secondement... [Le reste de la lettre est coupé dans l'original gardé à la Visitation de Chambéry.)

LETTRE MCMXCVII (Inédite)

Jamais on n'a guère vu une personne sortir d'un Ordre pour aller à un autre sous prétexte de plus grande austérité, qui ait bien réussi de tel changement, et on peut croire probablement que c'est une tentation, et partant une menée du diable pour perdre cette àme. Voyez ce que notre Bienheureux Père en a dit aux Entretiens et au livre de Y Amour de Dieu. « Pour chétive que soit notre barque, disait ce grand Serviteur de Dieu, elle est assez bonne pour nous passer au port de la gloire , si nous y voulons faire notre devoir. » Or, je ne parle pourtant pas des monastères qui seraient déréglés et scandaleux. Dieu vous bénisse, et priez pour moi.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE MCMXCVIII {Inédite)

Je vous prie encore, ma chère Sœur, de faire prendre garde que l'on ne mette rien de superflu dans les lettres des mortes [annonçant la mort]. A celles des communications les unes aux autres, il faut écrire les choses remarquables et importantes brièvement et retrancher les communes et superflues, mais je vous en prie. S'il nous arrive le décès d'une Sœur, nous y pouvons ajouter nos petites nouvelles, afin que cela soit fait pour un an. Et, tant qu'il se peut, il faut envoyer nos lettres par les messagers ou coches, quand il n'y a rien qui presse, afin de soulager

les monastères qui payent les ports, dont je sais qu'il y en a d'extrêmement chargés, à cause que les postes le prennent fort gros. Celles qui écrivent doivent faire considération là-dessus.

Conforme à l'original gardé à la Visitation de Montpellier.

LETTRE MCMXCÏX (Inédite)

Ma fille, vous trouverez, à mon avis, notre Sœur J. C.

plus [propre pour] toutes les charges que sa mine ne fait juger, et je pense qu'elle [pourra mieux] servir au noviciat que pas une que vous ayez là pour le présent. Elle sait tout ce qui est de l'Institut, mais cela est en votre liberté, du moins dressera-t-elle utilement les trois petites Sœurs. Enfin elle est reconnue céans pour fort vertueuse, et propre et intelligente à beaucoup de choses. — Nous envoyons notre montre et ferons faire un compte; car il ne s'en est pas trouvé de fait. Vous savez que vous pouvez faire avec nous ainsi que vous trouvez bon et tout confîdemment, car je suis tout à fait vôtre. L'Esprit Très-Saint vous remplisse de son saint amour. Amen.

Conforme aune copié de l'original gardé à la Visitation de Soleure.

LETTRE MM (Inédite)

Bienheureuses les âmes qui, entre toutes sortes d'événements, tiennent toujours leur attention et affection sur la Bonté éternelle pour l'honorer et chérir à jamais, sans réfléchir sur ce qui s'est fait, sur ce qui se fait, sur ce qui se fera, ni comme on le fera, laissant à Dieu ce soin, non-seulement des événements, mais aussi celui comme nous recevrons les événements, car II aura soin de nos affaires, et de vouloir et de faire pour nous ce qui sera le meilleur. Jetons toute notre sollicitude sur Lui, car

Il a soin de nous. Reposons-nous en Lui de toutes choses et n'arrêtons notre esprit qu'en Lui seul, nous contentant de sa très-pure, très-simple et unique volonté et [du bonheur] d'être gouvernées par ce bon Dieu, sans aucun mélange d'acte ni de désir, sinon qu'il fasse en nous, de nous et par nous tout ce qu'il lui plaira, recevant sans distinction aucune, ains avec un égal amour tout ce qui arrivera, le prenant de sa main paternelle, voire même, aimant mieux les afflictions que les consolations, parce qu'il y a un peu plus de son bon plaisir. Et ceci est l'unique pratique intérieure que l'âme abandonnée en Dieu doit faire par une simple remise et confiance en Lui, se rendant fidèle à suivre et faire le bien qui lui sera montré dans les occasions que chaque moment présentera, sans les prévoir de plus loin, n'occupant l'esprit à penser à ce qu'on fera, ains en Dieu qui nous aidera, car II dit : « Vous ne pouvez rien faire sans moi. »

Conforme à une copie gardée au premier monastère de la Visitation de Paris.

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