VI. — QUESTIONS GÉNÉRALES
• Quelle est actuellement la situation financière de la Compagnie?
D'après le dernier compte rendu de la Compagnie à rassemblée générale des actionnaires (6 août 1864), la dépense totale, comprenant Tacquisition du Ouady et de divers immeubles, ainsi que celle de tout le matériel existant à cette époque, était de 82 millions de francs. Cette dépense se trouvant couverte par l'indemnité allouée par le gouvernement égyptien, la Compagnie s'est trouvée avoir, à partir de cette époque, l'entière disposition de son capital social de 200 millions de francs.
La Compagnie est donc fondée à penser que les ressources Qnancières dont elle dispose suffiront à assurer l'achèvement de l'œuvre.
Quel est le nombre d'actions souscrit par le gouverne^ ment égyptien, et quels versements ont déjà été effectués sur les actions ?
Le capital social de la Compagnie a été constitué par l'émission de 400,000 actions de 500 francs dont 177,642 ont été prises par le gouvernement égyptien. Les actions ont versé jusqu'à présent 400 francs. Ce versement, en ce qui concerne les actions du gouvernement égyptien, se fait suivant un mode particulier réglé par des conventions spéciales, approuvées par l'assemblée générale des actionnaires.
On dit qu'on a trouvé du granit dans la tranchée entre les lacs Amers et Suez, Faut -il faire une déviation pour cela, ou pourrait-on s'en passer? Dans ce cas, quels seront le retard et le surcroît de dépenses ?
On a, en effet, trouvé des bancs de rocher calcaire sur deux points, savoir: dans la tranchée du seuil de Chaloufel-Terraba, et dans la partie du tracé, à Tabord de Suez.
Sur le premier point, le banc de rocher est extrait à sec ; l'existence de ce banc de rocher est favorable à l'entreprise puisqu'il constitue, sur les lieux mêmes, une carrière fournissant des pierres pour Tenrochement des berges.
Sur le second point, les bancs sont situés au-dessous du niveau de la mer. La Compagnie fait faire en ce moment même de nombreux sondages pour tâcher d'éviter ces bancs déroches, et tout fait espérer, jusqu'à présent, qu'on pourra trouver un nouveau tracé qui satisfera à cette condition.
Dans le cas où les bancs de roches ne pourraient pas être complètement évités, il n'en résultera certainement aucun relard dans l'époque de l'achèvement des travaux, ni môme une augmentation de frais qui puisse modifier les prévisions générales de la dépense.
Les sables voyageurs ne seront-ils pas un obstacle à la confection et à la conservation des canaux ?
Les sables voyageurs n'existent que sur deux portions des canaux, savoir : à là traversée du seuil d'El Guisr, sur une longueur de H kilomètres; et à la traversée du seuil du Sérapéum, sur une longueur de 9 kilomètres.
La Compagnie a pu se rendre compte déjà, par une expérience de plusieurs années, de l'importance annuelle de ces apports. Les sables voyageurs, en effet, sont de deux natures bien distinctes : on a d'abord le sable ordinaire, qui chemine en rasant le sol, c'est-à-dire sans êire soulevé à une hauteur de plus de quinze à vingt centimètres ; et un sable extrêmement ténu qui, entraîné
par le vent, franchit de vastes espaces, sans que le transport en soit affecté par les accidents de terrains. C'est le sable cheminant à la surfac^du sol qui est seul à redouter pour les canaux.
Or, il est évident que, quelle que soit la largeur des tranchées, la quantité de sables voyageurs qui y est ap portée est la même, puisque le sable se dépose aussitôt qu'il rencontre le talus de la dépression du terrain. Dès lors, comme il a été dit plus haut, la Compagnie a pu se rendre compte des apports annuels, et elle a été ainsi à même de constater que Tenlèvement de ces apports, à supposer même qu'on ne pût pas les empêcher, ne constituerait pas une dépense exceptionnelle d'entretien des canaux.
Mais les ingénieurs de la Compagnie sont fermement convaincus de la possibilité de se rendre maîtres des apports de sables.
Dans rétendue du seuil d'El Guisr, ce sera au moyen des immenses digues de protection formées naturellement par le dépôt des terres provenant du déblai des tranchées.
Dans rétendue du seuil du Sérapéum, au moyen de plantations exécutées sur une large échelle et dont la réussite est rendue certaine par la possibilité d'inonder, à Taidede prises d'eau faites au canal d'eau douce, tous les terrains sur lesquels cheminent aujourd'hui les sables voyageurs.
A quelle époque sera mis en activité le service de bâtelage que la Compagnie.se propose d'établir entre Port- Saïd et Suez^ et quels seront les tarifs ?
Le service de batelage sera en pleine activité à partir du 1" janvier 1866. Sans engager la décision du conseil
d'administration de la Compagnie, il résulte du rapport du directeur général des travaux que toutes les marchandises pourront être transportées d'une mer à Tautre à 50 7o au moins au-dessous des prix actuels du chemin de fer égyptien.
Voici le tarif du chemin de fer égyptien pour le transport des marchandises entre Alexandrie et Suez.
Tarif général des transports de marchandises par le chemin de fer égyptien, de la gare d'Alexandrie à la gare de Suez.