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SUR MADEMOISELLE DE LESPINASSE. LYJl
mort reviendra souveut sous sa plume, mais raclé aussi à de nouveaux élans de passion, à de nouveaux témoignages d'amour. Parlant d'elle et de M. de Mora: « C'est vous, dit-elle, qui aviez troublé, renversé le bonheur de cette âme si tendre et si passionnée ! C'est vous qui nous aviez condamnés à un malheur affreux, et c'est vous que j'aime. Je serais morte de douleur et je suis destinée à vivre, à languir, à gémir, à vous aimer, à maudire sans cesse la vieet à en chérir quelques instants '. »
Par son cœur, par son esprit, par sa personne, M. de Guibert justifiait-il cette passion violente, on pourrait presque dire coupable, en songeant et à M. de Mora, mourant à Bordeaux, et à ce malheureux d' Alembert, pour qui la froideur, les préoccupations trop évidentes de son amie, étaient une douleur de tous les instants? Ce fat la singulière destinée de M. de Guibert de s'être attiré dans la seconde partie de sa vie autant de détracteurs que dans la première il avait rencontré d'enthousiastes. Après avoir trop exalté son talent, son génie même, on se plut trop aie rabaisser. La vérité est entre ces deux excès. Ce ne fut pas assurément un homme ordinaire, que celui qui, écrivain militaire, a obtenu l'estime de Napoléon^, et qui, homme du monde, après avoir inspiré la plus vive passion à mademoiselle de Lespinasse, devait, un peu plus tard, occuper l'imagination de madame de Staël et peut-être intéresser son cœur, a M. de Guibert, dit un contemporain, est fort bien de figure et de taille®. » Et cette opinion n'est pas dé-