AU COMTE DE DUNOIS (D
Plessis-du-Parc, 8 octobre 1479.
Félicitations sur ce qu'il a fait déjà et nécessité de bien finir; ajournement du voyage du prince de Tarente causé par les événements de Milan; prochain départ du s^d'Argenton qui fournira au comte de Dunois tous les renseignements nécessaires. — (Orig. Bibl. nat., Coll. Fontanieu, vol. 138, fol. 50. Publ. par M"« Dupont dans son édition de Commines, II, 221, note 4, et par M. Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commines, I, 296.)
Mon frère, mon amy, j'ai veu ce que m'avez escript.
1. Pierre d'Aulx, écuyer, valet de chambre du roi, l'un des témoins du procès du cadet d'Albret, le 2 avril 1473. (Bibl. nat., Ms. fr. 18442, fol. 59.) Louis XI, par lettres données au Bois-Malesherbes, le 10 août 1474, le désigna « pour recevoir à monstre, à Narbonne, les gens de guerre de son ordonnance estans soubz la charge et conduicte de Guerin le Groing, baily de Saint Pierre le Moustier... » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 150, doss. d'Aux 3028, n° 2.) C'est, je crois, le même personnage devenu « chevalier, seigneur de Thieux, » auquel Charles VIII, par un mandement daté de Montils-lès-Tours, le 16 décembre 1491, ordonne à Jean Le Gendre, trésorier des guerres, de payer la somme de 300 1. t. en récompense de ses services à l' « armée de Bretaigue, ... oultre et par dessus les autres gaiges, dons, pension et biensfaiz qu'il a et pourroit cy après avoir » du roi. (Loc. laud., n° 5.)
2. Aujourd'hui Arbent, canton dOyonnax, arrondissement de Nanlua (Ain).
Vous avez fait !e mieux du monde jusques ici, et ne sçay comment je vous en sauray remercier. Il est force, puisque vous avez encommancé, que vous achevez, car vous ne me faites pas peu de plaisir.
Le prince de Tarente ne fera point ce voyaige pour ceste mutation, qui est venue à Millan' ; Mons'^d'Argenton yra et partira assez tost^ ; mais je l'ay ung peu empeschié icy pour mes affaires. Par luy serez adverti de toutes choses, mais il est force que vous menez ceste espousée au moustier^. Et à Dieu, mon frère. Escript au Plesseis du Parc, le viii® jour d'octobre.
LOYS
J. Mesme.
A mon frère Mons' de Dunois.
1. L'arrestation de Cicco Simoneta, miaistre de Bonue de Savoie, duchesse de Milan, le 11 septembre 1479, et son emprisonnement au château de Pavie, oii il fut mis à mort au bout d'un an, par ordre de Ludovic le More, duc de Bari. (Perret, Histoire des relations de la France avec Venise, II, 185.)
2. Philippe de Gomines, quinze jours après, était déjà à Lyon, en route pour l'Italie, d'après une lettre de l'ambassadeur milanais Petrasancta, datée de ce jour et de cette ville. (Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Gommines, I, 297.)
3. C'est-à-dire : menez votre entreprise à bonne fin. On trouve un autre exemple de cette expression chez l'Interpolateur de la Chronique scandaleuse. Il dit, en parlant du comte de Dammartin, que lors de la réduction d'Amiens au commencement de 1471 celui-ci « tist advertir ceulx de ladicte ville d'Amyens qu'il estoit d'oppinion qu'ilz envoyassent unes lettres qu'il leur avuit escriptes, après qu'il eut eu la seureté des mayeurs et eschevins de ladicte ville, et raesmement de maistre Jehan Du Gaurroy, et plusieurs grans personnages qui menaient ceste espousée au moustier. .. » [Journal de Jean de Raye, connu sous le nom de Chronique scandaleuse, éd. B. de Mandrot, II, 256.)
MGGGLXXX.
AU PARLEMENT (v.).
Plessis-da-Parc, 10 octobre 1479.
Notification de la substitution faite par le roi des sires de Grèvecœur et de Contay comme exécuteurs du testament de Marie de Lully, dame de Saveuse, à Marc de Wandre et Jean d'Escouchy. — (Orig. Arch. nat., XIa 9318, fol. 30.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, il est venu à nostre congnoissance que ung nommé Marc de Wandre et ung autre nommé maistre Jehan d'Escouchy\ soubz umbre de certain accord et appoinctement qui a esté par vous donné, s'efforcent d'entreprendre l'exécution du testament de feue Marie de Lully ^, en son vivant femme du s'^ de Saveuses. Et pour ce que nous avons sceu que ledit de Wandre est prouchain parent de Guillaume de Wandre, lequel, en soy monstrant desloyal envers nous, s'est puis nagueres distraict de nostre service, ouquel l'avions retenu, et est aie ou party du duc d'Autriche, nostre ennemy et adversaire, et à ceste cause ne tenons que ledit Marc de Wandre nous doye estre seur et feable, par quoy ne voulons qu'il
1. Probablement le frère de Mathieu d'Escouchy, le chroniqueur, qui habita Péronne, où, de 1450 à 1479, il exerça à plusieurs reprises les fonctions de maïeur ; licencié en droit canonique et civil, avocat au siège royal de Péronne et garde, en 1476, du scel du bailliage de Vermandois, marié à la fille d'André de Maulevrier. {Introduction à la Chronique de Mathieu d'Escouchy, publ. par G. du Fresne de Beaucourt, I, p. iv.)
2. Voy. au t. VII, p. 18, une autre lettre au parlement envoyée d'Arras, le 8 avril 1478, au sujet de cette même succession.
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communique es pais de Picardie, où les biens de l'exécution dudit testament sont assis, nous avons deschargé luy et ledit d'Escochy son adjoinct du fait et entremise d'icelle exécution de testament, et ou lieu d'eulx avons subroguez les sires de Crevecueur et de Gontay, ainsi que pourrez veoir par les lectres pattentes que avons sur ce octroyées. Si voulons et vous mandons bien expressément que à icelles vous obtempérez en les entherinant de point en point, selon leur forme et teneur, sans y faire difficulté, pour quelque cause ou occasion que ce soit; car nous n'en serions pas contens. Donné au Plessys du Parc, le x^ jour d'octobre.
LOYS
Le Mareschal.
A noz amez et feaulx conseilliers les gens qui tiendront nostre parlement à Paris.
Recepte xvij novembris M° CCGC° LXXIX'*.
MCCGLXXXl.
AU SEIGNEUR DE TAILLEBOURG (v.).
Plessis-du-Parc, 13 octobre 1479.
Prière de prêter son appui à Charles des Poteaulx, qui va faire exécuter un arrêt à Saintes, et qui, avec son père, est un des meilleurs serviteurs du roi à Besançon. — (Orig. Arch. de M. le duc de la Trémoille.)
Mons"^ de Tailebourg, maistre Charles des Poteaulx*
1. Ce nom, écrit aussi des Potots, est celui de deux conseillers du roi au parlement de Bourgogne : l'un, Etienne, nommé conseiller lai audit parlement par Louis d'Araboise le 24 octobre 1480 ;
s'en va exécuter ung arrest à Xaintes ; et pour ce que son père et lui sont les deux hommes dont je me puis plus aider à Besanzon, je vous prie que le faictes si bien accompaigner audit lieu de Xaintes qu'on ne lui face aucune contradition et qu'il y soit bien obey, et vous me ferez ung bien grant plaisir. Et à Dieu, Mons'^de Tailebourg, mon amy.
Escript au Plesseis du Parc, le xiii^ jour d'octobre.
LOYS
Le Mareschal.
A mon frère Mons" de Taillebourg.
MGGGLXXXII.
AUX ECOUTÈTES, BOURGMESTRES ET CONSULS DE l'ancienne LIGUE DE LA HAUTE ALLEMAGNE (v.).
Plessis-du-Parc, 14 octobre 1479.
Envoi avec Bertrand de Brosse, maître d'hôtel du roi, d'Antoine de Lamet, capitaine de la citadelle de Bourges et bailli de Sens, ce dernier pour remplacer Philibert Boutillat, bailli d'Autun, arrêté en route par la fièvre. — (Orig. Arch. de Lucerne. Missiven von Kônigen von Franckreich, Itl", Commun, par M. Rott.)
Illustrissimi domini ac amici nostri precarissimi, et
l'autre, Léonard, seigneur de Four et d'Ouan, nommé le 23 décembre 1481 premier président à ce parlement. (Paillot, le Parlement de Bourgogne (Dijon, 1649, in-fol.), p. 42.) Charles des Poteaulx aurait été le fils de Léonard et d'Isabelle Morel; il fut maître des requêtes sous Charles VIII (G. de Jaligny et A. de la Vigne, Histoire de Charles VIII, éd. Godefroy (Paris, 1617, in-4°), p. 269), et il fut marié deux fois; d'abord à N. de Saveuse, et en secondes noces à Louise de Juré. (Bibl. nat., Cabinet de d'Hozier, vol. 276, doss. 7483.)
Dei gracia invictissimi, nuper expedivimus fidelem nostrum cousiliarum et cambeilanum PhiliberLum Boutillat, militem, bajulum nostrum Eduensem et thesaurarium Francie\ ut pro et ex parte nostra cum Dominationibus Vestris pertractandis negociis ad easdem proficisceretur. Sed quia intelleximus eumdeni bajulum nostrum in via remansisse febre correptum, ita ut valitudine ipsa graviter detineatur, bas ob res, loco et vice ipsius prefati bajuli nostri mittimus impresenciarum ad easdem Dominationes Vestras dilectum et fidelem consiliarum et cambeilanum nostrum Anthonium de Lamet, capitaneum arcis nostre bituricensis, et bajulum de Sens^. Gui, ac etiam magistro Bertrando de Brossa, magistro requestarum hos-
1. Philibert Boutillat, que nous trouvons pour la première fois ici qualifié bailli d'Autun, « baillivus eduensis, » avait été probablement atteint en route de la maladie dont il mourut. Toujours est-il que le 16 octobre 1480 Léonard Des Potots était reçu dans l'office de conseiller à la Chambre des comptes, laissé vacant par son décès. (Arch. nat., P 2631, p. 102 \°.}
2. « Noble homme Anthoine de Lamet, escuier, seigneur de Saint Martin, conseiller et chambellan du roy, cappitaine de la Grosse Tour de Bourges, lieutenant gênerai ... de noble Jehan de Vendosme, vidame de Chartres, prince de Ghabanays, s"^ de Lassey, Tiffauges, Pousauges, conseiller, chambellan du Roy, gouverneur et bailly de Berry, » d'après un procès-verbal d'expertise de lieux par lui reçu à Bourges, le 9 décembre 1479. (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1630-, doss. Lamet 37888, n° 2.) Il aurait, au cours de la mission dont il est question ici, reçu, en récompense de son zèle diplomatique, la charge de premier président au parlement de Bordeaux. (Mandrot, Relations de Charles VII et de Louis XI avec les cantons suisses, p. 179.) Il était, à la date du 3 avril 1486 et à celle du 6 avril 1489, « bailly d'Autun » et donnait quittance en cette qualité de 300 1. t. « pour sa pension et entretenement au service du roy. » (Bibl. nat.. Pièces orig., doss. cit., nos 3 et 4.)
picii nostri, qui jam apud easdem Dominationes Vestras pro nonnullis negociis nostris expediendis extitit, dedimus in mandatis, ut ad ipsas Dominaciones Vestras se, quam citius poterunt, conférant, et pro parte nostra, aliqua, que ipsis injunximus, référant et exponant. Quamobrem precamur et rogamus, quatinus supranominatis consiiiariis nostris, in hiis que pro parte nostra vobis réfèrent et exponent, fidem indubiam pro hac vice, quemadmodum nobis ipsis, si personaliter interessemus, adhibere velint Illustrissime Magnificencie Vestre, quas conservare dignetur Altissimus. Datum apud Plessiacum de Parco prope Turonis, die xiiif mensis octobris.
LOYS
J. Mesme.
lUustrissimis dominis ac amicis nostris precarissimis et Dei gracia invictissimis scultetis, burgomagistris et consulibus antique ligne superioris Almanie.
MGGCLXXXIII.
Plessis-du-Parc, 15 octobre 1479.
Sécularisation du chapitre régulier de l'église de Séez. (Orig. Bibl. impér. de Saiat-Pétersbourg, Coll. d'autog., n° 10. Copie. Bibl. nat., Nouv. acq. fr. 1231, fol. 85. Publ. dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie, VII (1875), p. 225.)
Très chiers et grans amys, nous escripvons présentement à nostre Saint Père le Pape, touchant les arcedyacres et chanoines de nostre église de Sees, en nostre pays de Normandie, qui sont réguliers de
l'ordre de saint Augustin, qu'il plaise à Sa Saincteté les muer de l'habit régulier en séculier, et l'église qui est régulière faire séculière, ainsi que par noz lettres, dont le double est cy dedans encloz, pourrez veoir plus amplement. Si vous prions tant acertes que faire povons, et sur tout le plaisir que faire vous desirez que, à la présentation de nosdictes lettres vueillez assister, et envers nostred. Saint Père tenir la main, en manière qu'il face ce dont le requérons. En quoy faisant nous ferez si très agréable et singulier plaisir que plus grant en pareil cas faire ne pourriez, ainsi que plus à plain de nostre vouloir et entention sur ce serez informez par nostre amé et féal conseillier maistre Thibault Bourgoing, lequel pour ceste cause envoyons par devers nostredit Saint Père et vous. Donné au Plessis du Parc lez Tours, le xv^ jour
d'octobre.
LOYS
Le Mâreschal.
MCGCLXXXIV.
A LA DUCHESSE DE MILAN (v.).
Saint-Epain, 23 octobre 1479.
Lettre de crédit pour l'évêque de Montauban. — (Orig. Coll. Labussière.)
De par le roy.
Très chiere et très amée seur, nous envoyons présentement devers vous nostre amé et féal conseillier l'evesque de Montauban ^ pour vous dire aucunes