‹ Lettres (volume 2)Chapitre 21 sur 91 · ROBINEAU · texte numérisé non relu

ROBINEAU

A nostre très chiere et très amèe seur la duchesse de Milan.

MCGGLXXXV.

AU PARLEMENT (v.).

Plessis-du-Parc, 3 novembre 1479.

Renouvellement de l'ordre à eux donné de vérifier et entériner les lettres d'érection de la châtellenie de Cléry en baronnie. — (Orig. Arch. nat., XIa 9318, fol. 32.)

De par le roy.

Nez amez et feaulx, nous vous avons puis aucun

temps en ça mandé par lettres closes^ bien expresses

vérifier certaines lettres en forme de chartre par nous

1. Suivant M. Perret {Histoire des relations de la France avec Venise, II, 191), celte mission de l'évéque de Montauban avait pour but de maintenir la duchesse de Milan dans l'alliance existant alors entre elle et la république de Venise et celle de Florence, et de solliciter son concours en faveur de ces alliés, si la guerre éclatait.

2. Aujourd'hui Saint-Epain, dans le canton de Sainte-Maure, arrondissement de Chinon (Indre-et-Loire).

3. Voy. ci-dessus la missive du roi, du 6 juin précédent, n» MCGCXXXVTI, p. 24.

octroyées aux doyen et cbappitre de nostre église de Nostre Dame de Glery, pour la seureté de la fondation par nous faicte en icelle, et aussy autres noz Jeetres, par lesquelles nous avons érigé icelle terre et seigneurie de Glery en chastellenie et baronnie; de quoy faire neantmoins que iceulx de Glery vous aient solicité et poursuy par plusieurs jours, vous avez esté reffusans de la verifïication et entérinement d'icelles, ainsi qu'ilz nous ont fait dire et remonstrer. Si vous mandons et commandons, sur tant que doubtez nous désobéir, que icelles lectres de don et érection incontinent vous verififiez et entérinez de point en point selon leur forme et teneur, et que pour ceste matière lesdiz doyen et chappitre n'aient plus cause de retourner plaintifz par devers nous ; car si autrement le faictes nous ne serons pas contens de vous ; et qu'il n'y ait point de faulte. Donné au Plessiz du Parc lez Tours, le m® jour de novembre.

LOYS

De Marle.

A noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans nostre parlement à Paris.

Recepte iiij^^ decembris M° CCCC LXX1X°.

MGGGLXXXVI.

AU PARLEMENT (v.).

Plessis-du-Parc, 4 novembre 1479.

Ordre de publier les lettres d'union de la baronnie de Neauflele-Chàtel au comté de Montfort, appartenant au duc de Bretagne. — (Orig. Arch. nat., XIa 9318, fol. 33.)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, nostre très chier et très amé

nepveu et cousin le duc de Bretaigne nous a fait dire et remonstrer que, jaçoit ce que nous ayons par noz lettres pattentes' joinct et uny les hommaige et ressort de la baronnie de Neauftle le chastel à sa conté de Montfort et qu'il vous ait fait présenter nosdictes lettres et d'icelles requérir l'entérinement et expedicion, neantmoins vous en avez esté et estes reffusans ou quoy que soit, vous avez tenu et encores tenez lesdiz entérinement et expedicion en delay. Et pour ce que nostre plaisir est (|ue ladicte unyon sortisse effect, selon le contenu en nosdictes lettres, nous vous mandons, commandons et expressément enjoignons que, touz delaiz et difficulté cessans, vous faictes publier en nostre court de parlement nosdictes lettres, et du contenu en icelles faictes, souffrez et laissez joyr et user nostredit nepveu et cousin plainement et paisiblement, sans plus mettre la chose en delay, ne donner occasion à nostredit nepveu et cousin de nous en faire plainte. Donné au Plessiz du Parc lez Tours, le un® jour de novembre.

LOYS

De Marle.

A noz amez et feaulx conseilliers les gens de nostre court de parlement à Paris.

Recepte ix decembris M° CCGC° LXX1X°.

MGCCLXXXVII.

AU COMTE DE DUNOIS (d.).

Plessis-du-Parc, 13 novembre 1479.

Accusé de réception de sa lettre; correspondance des Bernois

1. Par lettres datées d'Arras, avril 1478. (Ordonn. des rois de France, XVIII, 395.)

avec le duc de Savoie; opinion des Etats de ce pays qui ne veulent pas de diminution de leur prince; ordre de le lui amener; opportunité qu'il y aurait à ce que le duc écrivît aux gens de Berne et de Fribourg pour signaler la trop grande part d'intluence donnée par sa grand'mère à ses oncles et la nécessité où il serait de prendre ses précautions contre eux; ordre de lui amener ceux des gens du duc qui seraient bien disposés pour le roi et de se débarrasser des autres en leur donnant quelque commission en Savoie; utilité de lui écrire davantage à ce sujet. — (Orig. Bibl. nat., Ms. Fontanieu 138, fol. 51.)

Mon frère, j'ay receu voz lettres, et veu ce que ceulx de Berne ont escript à Mons"^ de Savoye; aussi vous avez escript à Mons"^ du Lude pour me dire que ceulx du pays dient qu'ilz se donnent grans merveilles de ce qu'on veult ramener Mons' de Savoie hors du pays, et qu'il vauldroit rnieulx qu'il n'y alast point pour y estre si petit. Hz dient vérité, et suis de leur oppinion. Et pour ce ne luy menez point et le amenez par deça^ Et me semble que Mons"" de Savoye doit escripre à ceulx de Berne et de Fribourg que sa grant mère- donna tout à ses oncles^, et qu'à sa mère y a esté prinse deux ou troys fois par ceulx dudit pays et par sesdiz oncles, et, que quand il yra, il yra en si bonne seureté qu'il se gardera bien d'eulx.

1. Ce projet de voyage fut rais à exécution, et on peut trouver à cet égard quelques renseignements dans les lettres de l'ambassadeur milanais Antoine de Applano, au duc et à la duchesse de Milan, des 18, 20, 23 et 30 novembre 1479. (Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commines, I, 299-313. Cf. la lettre de Dunois à Du Bouchage datée de Lyon le 28 novembre 1479. Pièces justificatives, n» ii.)

2. Anne de Lusignan, femme du duc Louis I*"" de Savoie et grand'mère du duc Philibert.

3. Philippe de Savoie, seigneur de Bresse, Jacques de Savoie, vicomte de Romont, Jean-Louis de Savoie, évêque de Genève, et Janus de Savoie, comte de Genevois et seigneur de Faucigny.

Au regard de ses gens, ceulx que vous congnoistrez qui seront pour moy, soit Mons"^ de la Chambre ou autres, amenez les; aussi, ceulx qui ne seront bons, baillez leur quelque commission ou pays , et les en envoyez le plus gracieusement que vous pourrez.

Ne m'en escripvez plus; car veu les doubtez que vous m'y faites tous, et ce que m'en escript Mons"^ des Lins*, je ne vous y sauroie autre chose que dire; et à Dieu mon frère. Escript au Plesseys du Parc, le xiii** jour de novembre.

LOYS

Le Mareschal.

A mon frère Mons*^ de Dunoys.

1. Philibert de Grôlée, seigneur d'Iilins, de Gerboules et de Chapeau-Cornu, fils d'Humbert de Grôlée, bailli de Màcon et sénéchal de Lyon, et de Béatrix Labre. Il assiste, en 1466, au tournoi donné à Saumur par le roi René. Disgracié à l'avènement de Louis XI pour avoir pris le parti de Charles Vil, il fut, par arrêt du parlement de Grenoble du 30 juin 1463, condamné au bannissement hors du Dauphiné et à la perte de ses revenus pour quatre ans. Il finit cependant par rentrer en grâce, et sans avoir été, comme on l'a dit, ni sénéchal de Lyonnais, ni gouverneur de Lyon, il paraît avoir joué un rôle important dans les mesures de défense prises à Lyon en 1473 et 1474 contre une attaque éventuelle des Bourguignons. (Arch. de Lyon, CC 453 et BB 12, fol. 70, 73, 75 et 86 v».) Il fit prisonnier en février 1474, près de Loyette en Dauphiné, Guillaume de Chalon, prince d'Orange; il le garda dix-huit mois à lUins, puis il l'envoya à la grosse tour de Bourges et reçut sur la rançon de 40,000 écus que Louis XI fit payer à ce prisonnier 20,000 écus, dont 2,000 en argent, et le reste représenté par la seigneurie de Voiron, dont le roi lui fit don par lettres datées de Paris, février 1475. (Arch. de l'Isère, B3049, fol. 108.) Il fut envoyé encore pour solliciter Ludovic le More, duc de Milan, en faveur de la duchesse Bonne de Savoie, et chargé de la garde du jeune duc Philibert de Savoie ; mais, au mois de septembre 1479, privé de cette fonction et empri-

MCGCLXXXVIII.

AU PARLEMENT (v.).

Plessis-du-Parc, 14 novembre 1479.

Ordre de procéder au jugement du procès pendant entre Pierre d'Appoigny, comme héritier de Jean d'Appoigny, son frère, d'une part, et Charles Le Bouteiller, beau-frère de Jean Amys, de l'autre. — (Orig. Arch. nat., X1a9318, fol. 34.)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, nous avons esté advertyz par nostre bien amé Pierre d'Appoigny, l'un de nos clercs et commis à faire le payement de noz gens de guerre, que procès est dès pieça pendant en nostre court de parlement entre Charles Le Bouteiller et sa femme, à cause d'elle, et maistre Jehan d'Appoigny, son frère, qui puis nagueres est allé de vie à trespas, dont il a le droit en ceste partie, comme son héritier, et nous a dit qu'il doubte que de long temps il n'en puisse avoir la fin et expédition pour les grans portz et faveurs que lesdiz Bouteiller et sadicte femme ont envers aucuns des conseillers de nostredicte court par le moien de maistre Jehan Amys, receveur des exploictz et admendes, qui est frère dudit Le Bouteil-

sonné par le comte de la Chambre, son compétiteur, il ne recouvra la liberté que grâce à l'intervention de Louis XI, qui fit arrêter à son tour le comte de la Chambre. Philibert de Grôlée avait épousé Marguerite, fille d'Aynard, vicomte de Glermont, dont il eut deux fils, Méraud et Charles. Il testa le 4 novembre 1490 et dut mourir peu après. (Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey (Lyon, 1650, in-fol.), 3« part., p. 125. Cf. Pilot de Thorey, Catalogue des actes du dauphin Louis II, devenu le roi de France Louis XI, t. U, p. 78, n. I.)

1er à cause de sadiete femme, et qui t'ait chascun jour de grans sollicitations et poursuites envers eulx, touchant ceste matière pour ledit Bouteiller et sadiete femme. Pour laquelle cause, et que desirons les faiz et affaires dudit Pierre d'Appoigny soient favorablement traictez en toute bonne et briefve expédition de justice, nous voulons, vous mandons que en toute diligence vous, si ledit procès est en estât déjuger, procédez au jugement et dififinition d'icellui, et y asseez et prononcez vostre arrest et jugement, tous pors et faveurs cessans, au proufïit de la partie qu'il appartiendra, et que verrez estre affaire en bonne raison et justice. Et gardez, sur tant que nous desirez obéir et complaire, qu'il n'y ait faulte, et que ledit d'Appoigny n'ait cause d'en retourner plaintif par devers nous. Donné au Plesseis du Parc lez Tours , le xuii^ jour de novembre.

LOYS

Le Mareschal.

A noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans nostre court de parlement à Paris.

MGGGLXXXIX.

Page 1