Louis de Poitiers, évêque de Valence de 1448 au 26 avril
A nostre amé et féal conseiller et gênerai de noz finances en Languedoc, Françoys de Gênas.
MGGCGXLIV.
A LA CHAMBRE DES COMPTES ET AUX TRÉSORIERS DE FRANCE (v.).
Plessis-du-Parc, 12 avril 1480.
Ordre de vérifier et expédier les lettres de noblesse accordées à Jean Ferrecoq. — (Orig. Vente Dentu, des 19-21 mars 1888.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, nous avons puis naguieres adnobly Jehan Ferrecoq et donnée toute la finance qui nous en pouvoit estre par lui deue, ainsi qu'il est plus à plain contenu es lettres d'adnoblissement par nous à lui octroyées. Et, pour ce que nostre plaisir est que ledit Jehan Ferrecoq joisse pleinement et paisiblement du contenu en nosdictes lettres, nous vous mandons, commandons et expressément enjoignons que icelles noz lettres vous veriffiez et expédiez incontinent de point en point selon leur forme et teneur, et du contenu en icelles faictes, souffrez et laissez ledit Ferrecop (sic) et sa postérité et lignée joir et user pleinement, paisiblement et perpétuellement, car tel est nostre plaisir. Donné au Plessiz du Parc lez Tours,
le XII® jour d'avril.
LOYS
De Marle.
A noz amez et feaulx conseillers gens de noz comptes et trésoriers à Paris.
Receue le iiij^ aoust M CCCC Hll^^.
MGCGGXLV.
A LA CHAMBRE DES COMPTES (d.).
Plessis-du-Parc, 12 avril 1480.
Ordre de vérifier les nouvelles lettres de don de la vicomte de Fronsac accordées à Odet d'Aydie, comte de Comminge, seigneur de Lescun. — (Copie. Bibl. nat., Ms. fr. 6987, fol. 109.)
De par le roy.
Noz amez et féaux, ja pieça donnasmes la viconté de Fronsac^ à nostre arné et féal conseiller et chambellan le conte de Comminge^, seigneur de Lescun, et luy en octroyasmes noz lettres patentes ^ lesquelles furent vérifiées par nostre cour de parlement de Bourdeaux et par vous. Et, pour ce que lors nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire de Gié pretendoit droit en ladicte viconté, à cause de sa femme, nous l'en avons récompensé^, et, après ladicte recompense faicte, avons fait don de nouveau d'icelle viconté à nostredit conseiller et chambellan le conte de Gomminge, et sur ce octroyé noz autres lettres^, lesquelles ont esté vérifiées par nostredicte cour de
1. Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Libourne (Gironde).
■2. Odet d'Aydie.
3. En date de Dinechien, décembre 1472. (Arch. nat., P 2533, fol. 70, P 2548, fol. 291 v», et J 864.)
4. Par lettres datées du Plessis-du-Parc, décembre 1477, Louis XI avait donné au sire de Gié la seigneurie de Fontenayle-Comte (Vendée). (Arch. nat., Xi^ 8607, fol. 120 v°, P 2300, fol. 437, et J 864.)
5. Datées du Plessis-du-Parc, avril 1479. (Arch. nat., J864, et Bibl. nat.. Coll. Doat, vol. 223, fol. 110.)
parlement; et depuis iccluy nostredit chambellan les vous a fait présenter et en requérir l'entérinement, ainsy que aviez fait des premières, ce que avez différé de faire, et luy avez rendu lesdictes lettres sans luy faire aucune response. Et, pour ce que nous voulons que nostredit conseiller et chambellan le conte de Comminge jouisse de nostredit dernier don et de l'effet des lettres que luy en avons octroyées, nous voulons et vous mandons et expressément enjoignons, que incontinent et sans delay vous vérifiez et expédiez lesdictes lettres selon leur forme et teneur, et gardez que en ce n'ait faulte, et que nostredit conseiller et chambellan n'ait plus cause d'en envoyer devers nous. Donné au Plessis du Parc, le xii*^ jour d'avril.
LOYS
Le Mareschal.
A noz amez et feaulx les gens de noz comptes.
Apporté le xxij^ avril après Pasques M CGC G LXXX.
MGGCGXLVI.
A LA CHAMBRE DES COMPTES d'aNJOU (V.).
Plessis-du-Parc, 12 avril 1480.
Demande de recevoir par procuration l'hommage dû par le seigneur d'Ussé au roi de Sicile à cause des terres qu'il tient de lui. — ■ (Copie du temps. Arch. nat., Chambre des comptes d'Anjou, Reg. P 1334<o, fol. 228 v°.)
De par le roy.
Ghiers et bien amez, pour ce que le s"^ de Ussé * est
1. Jean de Bruges, sixième du nom, fils de Louis de Bruges et
à présent continuellement occuppé à l'entour de nostre personne pour nostre service, et que ne voulons
de iMarguerite de Borsele, prince de Struheuze et seigneur d'Avelghem, Espierre, Ussé, puis de la Grulhuse, après son père ; il fut créé chevalier par Maximilien d'Autriche, le 7 août 1479, avant la bataille de Guinegate, où il fut fait prisonnier. Louis XI, après lui avoir d'abord, au dire de Gommines (liv. VI, ch. xii), fait mettre les fers aux pieds, se radoucit beaucoup à son égard; il le nomma son chambellan, chevalier de son ordre, sénéchal d'Anjou, et lui Ht épouser sa nièce Renée de Bueil, fille d'Antoine de Bueil, comte de Sancerre, et de sa sœur naturelle, Jeanne de "Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel, et lui donna à cette occasion les revenus des greniers à sel de Gaen, Gaudebec, Lisieux et Honfleur, jusqu'à concurrence de 4,000 l. de revenu, le 18 mars 1480. (Bibl. nat., Ms. fr. 21405, fol. 217 v°, et 22293, fol. 16.) Capitaine de trente lances fournies des ordonnances du roi, d'après une quittance par lui donnée le 10 mai 1499 au trésorier des guerres Pierre Legendre, de 90 l. t. « pour son dit estât et droit de cappitaine, » puis de soixante et de quatre-vingts lances, d'après d'autres quittances des 28 février 1501, 4 décembre 1501, 28 février 1502, 5 mars 1503, 31 décembre 1503, 1" juillet 1504 et 3 juin 1510 (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1420, doss. de la Gruthuse 32133, n°^ 8, 9, 10, 11, 14, 15, 16, 17, 18 et 19), il devint encore grand maitre des arbalétriers de France en 1498, capitaine du château du Louvre, par lettres de Charles VIII, du 19 mai 1491. (Sauvai, Antiquités de Paris, III, 497.) Louis XII, qui, après Louis XI et Charles VIII, lui accorda sa bienveillance, lui faisait cadeau, le 31 janvier 1500, de vingt-quatre « poinssons de vin clairet du creu d'Orléans, des meilleurs que l'on pourra choisir ou vignoble dudit Orléans. » (Pièces orig., doss. cit., n° 12.) « Gouverneur et lieutenant gênerai du roi en ses pais de Piccardie, » à la fin de sa carrière, d'après une quittance du 28 février 1508 (Pièces orig., doss. cit., n^ 10), il mourut le 8 août 1512 à Abbeville, et fut enterré dans l'abbaye de Saint-Riquier. (Généalogie des seigneurs de la Gruthuyse^ dans Van Praet, Recherches sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuse^ suivies de la Notice des manuscrits qui lui ont appartenu et dont la plus grande partie se conserve à la Bibliothèque du roi (Paris, 1831, in-8'', pp. 64 et suiv.). — Ussé, dont Jean de Bruges était devenu seigneur, grâce à la libéralité de Louis XI, qui lui
qu'il nous esloigne aucunement pour quelque chose qu'il ait à faire, nous vous prions que le veillez recevoir par procureur à faire Tommage qu'il est tenu de faire à nostre très chier et très amé oncle et cousin le roy de Sicile, duc d'Anjou, à cause des terres qu'il tient de luy, et en nostre faveur luy faire donner par nostredit oncle tout le rachat qui luy en peult eslre deu, et vous nous ferez ung singulier plaisir, car nous avons son fait sur touz noz autres serviteurs en singulière recommandation ; et pour ce, nous vous prions que de tout ce ne nous veillez faillir. Donné au Plessiz du Parc lez Tours, le xii^ jour d'avril.
Nous envoyons devers vous pour ceste cause maistre Hervé Regnault^ procureur dudit s' de Ussé, lequel veillez croyre de tout ce qu'il vous dira de par nous. Donné comme dessus.
LOYS
De Marle.
A noz chiers et bien amez les officiers de nostre très chier et amé oncle le roy de Sicille estans à Angiers.
en donne le titre dans la présente lettre, se trouve dans la commune du Ménil, canton de Saint-Florent-le-Vieil, arrondissement de Gholet (Maine-et-Loire).
1. Hervé Regnault, « receveur des aides et équivalants à Angers, » d'après le huitième compte de sire Jehan Briçonnet, « conseiller du roy et receveur gênerai de ses finances au pays de Languedoil, j pour l'année finie en septembre 1474. (Bibl. nat., Ms. fr. 20685, fol. 599.) Il figure encore, sur le dixième compte de Jean Briçonnet, du \«^ octobre au 31 décembre 1475, comme receveur des assises, pour 962 1. 10 s. « baillez contant au roy pour ses offrandes. » (Ibid., fol. 649.)
MGGGGXLVII.
A LA CHAMBRE DES COMPTES (V.)
PJessis-du-Parc, 13 avril 1480.
Ordre de recevoir Jean La Pite dans l'office de clerc des comptes.
— Copie. Bibl. de Rouen, Ms. 5870, Ms. Leber XII, fol. 211.)
De par le roy.
Noz amez et féaux, nous avons par noz lettres patentes faict et créé nostre bien amé M® Jehan La Pite, clerc de noz comptes, sans préjudice de son droict en l'office de clerc ordinaire, qu'il a tenu et exercé aucun temps, par la résignation de feu M*^ Mathieu Savary. Si voulons et vous mandons que vous le receviez sans delay ne difficulté quelconque oudit office, et l'en faictes joyr, car nostre plaisir est tel. Donné au Plessis du Parc les Tours, le xnf jour d'avril.
LOYS
De Marle.
A noz amez et feaulx les gens de noz comptes à Paris.
Apportées le xxix^ may M CCCC LXXX, et ledit joui' fut receu ledit Lapite.
MGGGGXLVIIl.
AU CHAPITRE PRIMATIAL DE LYON (v.).
[Avant le 27 avril] 1480.
Recommandation en faveur de Guigue Le Bourgeois, que les chanoines de ladite église faisaient difficulté de recevoir dans leur chapitre, parce qu'il était originaire de Savoie. — (Copie du temps. Arch. du département du Rhône. Fonds du chapitre primatial de Saint-Jean de Lyon, G 3008, fol. 330.)
De par le roy.
Chiers et bien amez, nostre bien amé maistre
Guigue le Bour^eoys nous a faict remonstrer que faictes difficulté de le recevoir en la chanonie et prébende de vostre esglise en laquelle il a esté esleu, à cause de ce qu'il est natif du pays de Savoye. Et pour ce que n'entendons pas que les subgectz du pays de Savoye soient tenuz et reputez pour ennemys ne estrangiers, et aussi que desirons le bien et avencement dudit maistre Guigue, en faveur d'aucuns noz serviteurs, ses parens et amys, nous vous prions tant acertes que faire pouvons, et sur tout le service que nous désirés faire, que le recevez et mettez en possession de ladicte chanonie sans plus y différer ne faire aucune difficulté, soubz umbre qu'il est natif du pays de Savoye, ne autrement; et vous nous ferez si singulier et agréable plaisir, que plus grant en pareil cas faire ne porriés, ainsi que nous avons chargé le vous dire plus à plain à nostre chier et bien amé Benoyt Pasquet, nostre receveur en Lionnoys, lequel veilhés croyre de ce qui vous dira de nostre part touchant ceste matière. Donné...'.
LOYS
J. Maresghal (sic).
A noz chiers et bien amez les doyen et chappitre de l'église de Lion.
1. « Gapitulum dicte ecclesie celebratum die Jovis xxvii dicti mensis aprilis auno predicto Domini millesimo IIIIc octuagesimo.
« Qua die, comparait ia capitule dicte ecclesie honorabilis vir Benedictus Pasqueti, receptor tailliarum in patria iugdunensi, pro domino nostro rege, qui dictis dorainis capitulantibus quasdam litteras missorias domini nostri régis per ipsum apportatas, inferius de verbo ad verbum insertas, tradidit et presentavit, ipsosque, ex parte dicti domini nostri régis, qui sibi de hoc faciendo, ut dicebat, onus dederat, requisiit, quatinus dominum Guidcmem, VIII 12
MGGGGXLIX.
A FRANÇOIS DE GENAS ET PIERRE DE DOYAT (d.).
Poupry, 27 avril 1480.
Accusé de réception de leur lettre; ordre donné au comte de Castres d'aller les rejoindre. — (Publ. dans le Bulletin du Comité
Burgensis, in eisdem litteris missoriis nominatum, in canonicum ipsius ecclesie, prout per dictas litteras fieri mandabatur, recipere dignarentur, responsionem de eisdem litteris sibi fieri postulando, seque declarando, quod dominus noster rex non intendit, quod aliud fiât in hac parte contra statuta, privilégia et constitutiones ecclesie. Qui dumini capitulantes, receptis cum honore et reverencia decentibus dictis litteris missoriis, ipsisque visis et dicto Paqueti portitore audito, matura deliberatione cum consilio ecclesie super eisdem prehabita, prefato Paqueti responderunt, quod ipsi semper fuerunt et sunt parati obedire et parère mandatis ipsius domini nostri régis, statutis, privillegiis, et constitutionibus ecclesie salvis ; sed quia per staluta, privilégia et constitutiones eorum ecclesie, nuUus potest aut débet in canonicum ipsius ecclesie recipi, nisi sit nobilis ex utroque parente procreatus usque ad quartam generationem inclusive, pluraque contra nobilitatem dicti Burgensis dicta et opposita fuerunt, sine quorum verificatione, aut statutorum, privilegiorura aut constituiionum ecclesie derogare (sic), ipsum Burgensis pro présent! minime recipere possent, ideo ipsi domini capitulantes, favore et contemplatione dicti domini nostri régis quam citius poteruut, se de nobilitate ipsius Burgensis, oppositisque adversus eandem, ad plénum informabunt; qua informatione facta, et nobilitate ejusdem bene et sufficienter probata, ipsum Burgensis in canonicum eorum ecclesie recipere offerunt, non obstante eo quôd non sit natus de regno, attento beneplacito ipsius domini nostri régis, cui, in hiis et aliis precipiendis, ipsi domini capitulantes semper ubedire sunt parati. Ténor igitur dictarum litterarum missoriarum sequitur et est talis... »
Sur le commandement exprès et renouvelé du roi, Guigue Le Bourgeois fut reçu chanoine, le 14 juin 1480. (G 3008, fol. 351.)
historique des monuments écrits de l'histoire de France, t. III (Paris, 1852, in-S»), p. 238.)
Mons"" le gênerai, et vous maistre Pierre Doyat, j'ay receu voz lettres et vous mercye des nouvelles que m'avez fait sçavoir et de la bonne diligence que avez fête par delà. J'ay envoyé voz letres au conte de Castres et lui ay escriptr qu'il se tire par devers vous le plus tost qu'il pourra pour pourveoir à tout, et à Dieu. Escript à Pourpris\ le xxvii^ jour d'avril.
LOYS
GOURTIN.
A noz amez et feaulx maistre Françoys de Gênas, gênerai de noz finances en Languedoc, et Pierre de Doyat, nostre secrétaire.
MGGGGL.
AU PARLEMENT (v.).
Pithiviers, 29 avril 1480.
Ordre de publier et entériner les lettres du don fait à Yvon du Fou de la forêt de Gàtine et des droits de justice en dépendant. — (Orig. Arch. nat., X1a9318, fol. 70.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, nous avons par noz lettres
patientes en forme de Chartres, signées de nostre
main, et pour les causes dedans contenues, donné,
cédé, transporté et délaissé à nostre amé et féal con-
1. Probablement Poupry, dans le canton d'Orgères, arrondissement de Ghàteaudun (Eure-et-Loir); dans les textes latins du moyen âge : Porpreium.
seillier et chambellain Yvon du Fou, le fons et propriétaire de la forest de Gastine, avec l'estang de la Tomberard joignant à ladicte forest, et aussi tout le droit de justice et juridition, haulte, moyenne et basse csdicte forest et estang, et en leurs appartenances ; ensemble tout le boys estant de présent en ladicte forest, pour en joyr et ses hoirs et successeurs à tousjours, soubz les conditions et en la manière qu'il est plus à plain contenu en nosdictes lettres. Et, pour ce que nostre plaisir est que nostredit conseillier et chambellain joysse paisiblement et entièrement de nosdiz don, cession, transport et délaissement, nous vous mandons, commandons et enjoingnons que nosdictes [lettres] de don, cession et transport, vous faictes publier et entériner en nostredicte court de parlement, et de leur contenu faictes et souffrez nostredit conseillier et chambellain joyr plainement et paisiblement, sans y faire quelque restrinction ou difficulté, car tel est nostre plaisir. Donné à Pluviers, le XXIX® jour d'avril.
LOYS
De Marle.
A noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans nostre parlement à Paris.
Recepte xxvj maii M° GCCC° octuagesimo*.
d. Le 22 novembre 1480, la cour assemblée décide qu'«il sera dit que lesdites lettres du roy seront leues, publiées et enregistrées en ladicte court, pour joyr, par ledit du Fou, de la forest de Gastine et autres choses contenues esdictes lettres de cbartre selon la forme et teneur d'icelles... » (Arch. nat., X** 1489, fol. 167.)
MGCGCLI.
A LA CHAMBRE DES COMPTES (v.).
Pithiviers, 29 avril 1480.
Ordre de vérifier et expédier les lettres du transport fait par le roi, au comte de Nevers et à Charlotte, sa fille, de 1,750 1. t. de rente sur le domaine royal, reliquat de 2,000 représentant le revenu des seigneuries formant la dot de feue Paule de Penthièvre, en son vivant comtesse de Nevers, qui avaient été cédées au roi. — (Orig. Bibl. nat., coll. de D. Grenier, vol. 238, fol. 53.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, nous avons par noz lettres
patentes en forme de chartre, signées de nostre main *,
et pour les causes dedans contenues, baillé, ceddé,
transporté et délaissé à nostre très chier et très amé
cousin le duc de Brabant, conte de Nevers^, tant en son
nom, [que] comme père et légitime administrateur de
nostre chiere et amée cousine Gharlote, fille de lui et
de feue Paule, en son vivant fille de noz très chiers et
amez cousin et cousine les conte et contesse de Pan-
1. Datées du Plessis-du-Parc, avril 1480. (Arch. nat., P2533, fol, 232 vo, et P2549, fol. 168.)
2. Jean de Bourgogne, comte de Nevers et de Rethel, né le 25 octobre 1415, date de la bataille d'Azincourt, où fut tué son père Philippe II de Bourgogne ; sa mère était Bonne d'Artois. Il mourut à Nevers le 25 septembre 1491. Il avait épousé en premières noces Jacqueline, fille de Raoul d'Ailly, vidame d'Amiens et seigneur de Picquigny; en secondes noces Paule de Brosse, fille de Jean, comte de Penthièvre, morte le 9 août 1479, dont il eut Charlotte, mentionnée dans la présente missive, et qui devint la femme de Jean d'Albret, sire d'Orval; enfin, il épousa, le 11 mai 1480, une troisième femme, Françoise d'Albret, fille d'Arnaud-Amanieu d'Albret, sire d'Albret, morte le 20 mars 1522. (Art de vérifier les dates, II, 575.)
thievre, pour eulx, leurs hoirs, successeurs et ayans cause, à tousjours perpétuellement, pour la somme de deux mille livres tournois de rente, que povoient valoir les terres et seigneuries baillées à nostredit cousin le duc de Brabant, par nosdictz cousin et cousine de Panthievre, par le traicté du mariage d'icellui nostre cousin de Brabant et de feue Paule, fille de nosdictz cousin et cousine de Panthievre^ desquelles terres et seigneuries de la valleur dessusdicte icelui nostre cousin le duc de Brabant s'est à nostre requeste departy et désisté et nous en a baillé ses lettres de renonciation et quittance, c'est assavoir noz villes et chasteaulx, chastellenies, prevosté, terres et seigneuries de Xaincoings^ et de Ghasteautort^ en la prevosté et viconté de Paris, pour deux cens cinquante livres tournois de rente, et les dix sept cens cinquante livres tournois
1. Par lettres données au Plessis-du-Parc, le 2 janvier 1480, Louis XI avait chargé Guillaume de Cluny, évêque de Poitiers et chef de son grand conseil en l'absence du chancelier, de traiter avec le comte de Nevers, touchant le paiement de 35,000 1. dues par Jean de Brosse, comte de Penthièvre et vicomte de Bridiers, et Nicole de Bretagne, sa femme, audit comte de Nevers, pour reliquat de la dot de Paule de Penthièvre ; aux termes de la convention ainsi négociée, il fut décidé que le roi assignerait, sur telles terres et dans telles conditions qu'il plairait auxdits sieur et dame de Penthièvre de déterminer, le paiement de ladite somme, moyennant laquelle ils cédèrent au roi leurs droits à la succession de Bretagne. En vertu des pouvoirs à lui donnés, Guillaume de Cluny assigna, le 16 janvier 1480, à Nevers, audit comte de Nevers et à Charlotte, sa fille, 2,000 I. t. de rente annuelle sur une seigneurie à déterminer. (Bibl. nat., Ms. fr. 6987, fol. 13 et suiv.)
2. Aujourd'hui Sancoins, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Amand-Montrond (Cher).
3. Châteaufort dans le canton de Palaiseau, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).
restans desdictes deux mille livres tournois, leur avons baillé, constitué et assigné sur tout nostre demaine, tant muable que non muable de nostre ville et viconté de Rouen, icelles deux mille livres tournois de rente rachetables de xxxV livres tournois pour une foiz, pour les causes et en la manière qu'il est plus à plain contenu en nosdictes lettres de transport. Et, pour ce que nous voulons lesdiz bail, transport et délaissement par nous faiz pour le grant bien, prouffit et utillité de nous et de nostre royaume, sortir leur plain effect, nous vous mandons, commandons et expressément enjoignons, et sur tant que doubtez nous désobéir et desplaire, que nosdictes lettres de transport et délaissement vous veriffiez et expédiez incontinant, et de leur contenu faictes, souffrez et laissez nosdiz cousin et cousine le duc de Brabant et Gharlote, sa fille, leurs hoirs et successeurs joir et user pleinement et paisiblement, sans y faire quelque reffuz ou difficulté, car tel est nostre plaisir. Donné à Pluviers, le xxix^ jour d'avril. Lqys.
De Marle.
A noz amez et feaulx les gens de noz comptes à Paris.
Apportées le xiij^ may M CCCC H 11^^.
MCCCCLII.
AU PARLEMENT (v.).
Puiseaux, 2 mai 1480.
Ordre de contraindre le cardinal archevêque de Lyon à valider l'élection de l'évêque d'Angers. — (Orig. Arch. nat., X** 9318, fol. 71.)
De par le roy.
Noz amez et feaulx, nostre amé et féal conseillier
l'evesque d'Angers* nous a dit que le cardinal de Lyon^ a reffusé à confermer l'élection qui a esté faicte de sa personne, à la grant requeste de tout le peuple du pays, combien qu'il nous eust promis le confermer derrainement qu'il fut devers nous à Pluviers^. A ceste cause, nous lui avons dit qu'il le face convenir par devant vous en parlement, afin qu'il soit contrainct à le confermer. Et pour ce nous vous mandons et très expressément enjoingnons, sur tout le service que nous vouliez faire, que, incontinant, toutes autres matières cessans, vous entendez à ceste cy, et faictes bonne et brieve expédition en justice à nostredit conseiller l'evesque d'Angiers, sans porter ne donner aucune faveur audit cardinal ; car, si autrement vous le faictes, nous vous montrerons par effect que nous ne serons pas contens de vous. Vous savez que Angiers est une ville qui est fort désirée et en pays de frontière, et nous est bien besoing pour ceste heure y avoir ung tel parsonnage que ledit evesque, lequel nous avons nourry, et est du pays, et avons en luy nostre entière et parfaicte fiance. Si vous mandons derechef, sur tant que desirez nous complaire, que n'y faictes point de faulte, car nous avons ceste matière trop à cueur,
i. Auger de Brie. Voy., au sujet de son élection, la note 2 de la p. 293, t. VII. Il résulte de la présente missive que l'archevêque de Lyon, Charles de Bourbon, qui y est mentionné, fit d'abord des difficultés pour reconnaître la validité de la nomination d'Auger de Brie.
2. Charles de Bourbon, cardinal archevêque de Lyon, et qui, comme primat des Gaules, avait eu à donner son avis sur l'élection d'Auger de Brie.
3. Louis XI s'était trouvé à Pluviers, aujourd'hui Pithiviers, les 28 et 29 avril 1480.
et lui donner toutes les audiences qu'il vouldra demander, afin que ceste matière en soit plus tost vuidée. Donnée à Puyseaux, le deuziesme jour de may.
LOYS
Ragot.
A noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans nostre court de parlement à Paris.
Hecepte xij maii M° CCCC° octuagesimo.
MCGCGLIII.