‹ Lettres (volume 2)Chapitre 61 sur 91 · Guillaume Hugonet, mis à mort par les Gantois · texte numérisé non relu

Guillaume Hugonet, mis à mort par les Gantois

4. Philibert Hugonet, évêque de Màcon de 1473 à 1484, cardinal-prêtre de Sainte-Lucie « in Silice » le 7 mai 1473, puis des SS. Jean et Paul. (GalL christ., IV, 1091.)

Au regard de Roddes^ s'est ung trahistre; et puisque vous me demandez conseil, vous lui devez faire commandement, sur toutes les peines de desgradation et autres, qu'il s'en voise tout droit devers le Pape, et ne le tenir pas ung quart d'eure avecques vous, car vous donriez couraige à Tournay et à Sebenicque, et vous tiendra pour ung homme puysilanyme ; et incontinent qu'il sera hors de vostre compaignie, vous verrez bien humilier, devant qu'il soit quinze jours après, Tournay et Sebenicque, quant ilz congnoistront qu'ilz ne vous pouront avoir par ce bout.

Au regard de ceulx de Gand, ilz hayssent tous ceulx du conseil du duc d'Autriche, et especiallement ceulx de Bourgogne; et, s'ilz envoyent devers vous, et vous les povez gaigner, ilz ont bien la puissance de vous faire recevoir légat maulgré le duc d'Auteriche et tout son conseil. S'est une chose à l'avanture ; mais l'essayer ne vous coustera guieres, et povez attendre leur response à Amyens, s'ilz ne se meurent-, et, s'ilz se meurent, à Gompiengne ou à Noyon.

Aussi, se vous avez puissance d'ajourner Sebenicque pour rendre ses comptes devant vous, vous le devez faire incontinent et le desposer de sa légation; et, si

1. L'archevêque de Rhodes. Je trouve un Marcus, archiepiscopus Colocensis, dont Lenglet a tort, je crois, de faire un archevêque de Golocza en Hongrie (Preuves de Commines, III, 600), accrédité auprès de Maximilien, le 18 septembre 1480, par le cardinal de Saint-Pierre-aux-Liens. Ce devait être notre archevêque de Rhodes, ce siège étant qualifié Colossensis, en souvenir du colosse de Rhodes. (Le Quien, Oriens christianus. Paris, 1740, in-fol., p. 1050.) Ce prénom de Marcus donne lieu de supposer que l'archevêque devait être Vénitien.

2. Cette phrase est incompréhensible; mais la \qçou meurent n'est pas douteuse : le scribe aurait sans doute dû écrire vieuvent.

VOUS n'avez povoir, vous devez envoyer hactivement devers le Pape, qu'il les face tous deux aler à Romme et qu'il les pugnisse, ainsi que vous adviserés, de la granl déshonneur qu'ilz vous ont faicte, (]ui pas à vous seulement, mais à la personne du Pape, car vous estes son légat et son nepveu^

Au regard de ce qu'ilz ont mis que vous ne menissiez nulz Françoys, c'est pour l'evesque de Saint Pol% car Roddes leur aura donné entendant que, quant Sainct Pol n'y est point, qu'il vous gouverne paisiblement. Vous entendez tout mieux que moy ; mais, de ce que je vous puis conseiller, je vous advertiz le mieulx que je puis. Escript au Plesseis du Parc, le xxv^ jour d'octobre, à cinq heures après midi.

[LOYS

De Doyat.

MDXXVII.

AUX SEIGNEURS DU BOUCHAGE ET DE SOLIERS (d.).

Plessis-du-Parc, 25 octobre 1480.

Envoi du double de la lettre qu'il écrit au légat et à l'évêque de Saint-Paul, et du double du sauf-conduit demandé par ces derniers. — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2909, fol. 14.)

Mons"^ du Bouchaige, et vous, Mons"^ du Solier, je

1. Ce passage, à défaut de la suscription, qui manque, prouve que la lettre est adressée à Julien de la Rovère, qui était en effet neveu et légat de Sixte IV. Voy., aux Pièces justificatives, no VI, la lettre de Julien de la Rovère du 29 octobre 1480, en réponse à celle du roi.

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