AUX SEIGNEURS DU BOUCHAGE, DE BAUDRICOURT ET DE SOLIERS (D
Plessis-du-Parc, 3 novembre 1480.
Ordre de laisser venir les gens [du duc d'Autriche] qui leur ont demandé un sauf-conduit; ordre de remettre au sieur de Genton la lettre que le roi leur envoie ouverte, « si elle leur semble bien, » sinon, de la garder et de lui tenir un autre langage; nécessité pour le roi de savoir pourquoi le duc a fait appel aux Anglais : c'est un indice qu'il ne veut pas d'un « appointement, » que le roi désire pour pouvoir servir la chrétienté; avantage qu'il y aurait à mêler à la négociation « le bailli..., qui est ung très povre homme, » ainsi que « ceulx qui ont la puissance, car ilz n'esment point les Anglois. » — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2905, fol. 2. Copie. Coll. Fontanieu, vol. 141.)
Messeigneurs, dès l'autre jour je vous escriptz que ces grans entreprinses n'estoient point conduisables veu les personnages. Toutesfoiz, vous y ferez le mieulx que vous pourrés. Vous avés mal fait en maistre Jehan d'avoir reffusé le sauconduit; car il vous confesse assez qu'il n'y peult riens, puis qui s'en veult venir; envoyez luy bientost ce sauconduit, si les choses ne sont changéez ; il vous offre assez qu'il leirra des gens pour conduire les matières. Je vous escriptz l'autre jour que vous ne delaissiés point à accepter les petiz offrez et à les mettre en effect ; car si Le Prince veult embler et amenner de par deçà ce qu'il vous offroit, ne le reffussés pas; car ce seroit ung bon cop, et ne seroit pas petit. Et, si luy ou autre s'en veullent venir, pour mauvaiz qu'ilz soient, ne les reffussés point, ne dislaiez, si vous ne voiez bien clerement qu'ilz
puissent faire ung cop, car le reffuz leur oste le corage, et souffit qu'ilz laissent intelligance pour servir.
J'escriptz à Mons' de Gento la lettre que je vous ay mise cy dedans toute overte. Lisez la, et, si vous semble bien, baillez les lettrez audit Gento et luy parlez de mesmes. Et, si ne vous semble bien, ne les luy baillés point, et changés vostre language. C'est une bien estrange chose qu'il vous a amenné la doesriere et ces Anglois, qui cest bien qu'il l'esment mieulx la crestianté perdue que nous veoir en paix. Et pour ce, le plus tost que vous pourrés savoir lesqueulx veullent appointement raisonnable, saichés le; et aussi saches s'ilz auront la puissance de conduire treuve ou paix, et de oster la voie de fait tellement que je puisse servir la crestianté. La plus necessere chose que j'aye assavoir, c'est car, puis qu'il y a appelle les Anglois, c'est signe qu'ilz ne veullent point d'appointement, car les Anglois n'y viendront pas, sinon pour le destorber; car je ne vouldroys point estre prins au despourveu.
Au regard du bailli que vous sçavez, c'est ung très povre homme, et n'y fault riens espargner, ne maiz que artoys de la teste ; tout le surplus est à mon advantage, et le plus tost l'en faire mesler est le meilleur, et ceulx qui ont la puissance, car ilz n'esment point les Anglois. Et à Dieu, Mess""'. Escript au Plessis du Parc, le m® jour de novambre, à six heures de soir.
LOYS
De Doyat.
A noz amez et feaulx conseilliers et chambellans les sirez du Boschaige, Baudricourt et du Soliers. Mons' de Moreil faictes les conduire seurement.
MDXXXIV.
A LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS (v.).
Plessis-du-Parc, 5 novembre 1480.
Ordre de vérifier la cession faite par le roi à Richard de Bailleul de la seigneurie de Saulsay, que le comte et la comtesse du Maine avaient fait saisir sous prétexte d'une rente de 24 écus d'or, assise sur ladite seigneurie, et de tenir quitte ledit Richard de ce qu'il pourrait devoir en sus de 150 écus d'or auxquels avait été estimée ladite terre, et qu'avait payés feu Robert de Bailleul, père dudit Richard. — (Copie, Bibl. de Rouen, Ms. 5848. Coll. Leber, t. X, Mémoriaux de la Chambre des comptes du temps de Louis XI, fol. 43.)
De par le roy.
Noz amez et féaux, nous avons, par noz lettres patentes signées de nostre main, pour les causes dedans contenues, cassé et adnullé certain décret interposé en la cour et auditoire des gens tenans les requestes de nostre palais à Paris, au proffit et pourchaz de feu nostre oncle le conte du Maine^ et de nostre tante Ysabeau de Luxembourg, sa femme-, pour la chastellenie, terre et seigneurie de Saulsegove^, qui fut et appartint à feu Robert de Bailleul ^, sous couleur