AUX SEIGNEURS DU BOUCHAGE, DE BAUDRICOURT ET DE SOLIERS (D
Bonaventure, 1" décembre 1480.
Reconnaissance à obtenir, moyennant 10,000 petites livres, des commissaires de Maximilien, qu'ils n'ont aucun droit sur Auxonne, non plus que sur Lille, Douai et Orchies; offre à leur faire de la cession des subsides levés par le duc de Bourgogne et sa fille, contre promesse de s'en rapporter à ce que la justice souveraine décidera; offre de revenir sur la confiscation de la succession de Bourgogne contre reconnaissance des droits du roi sur les comtés d'Artois et de Bourgogne, et sur Lille, Douai et Orchies. — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2908, fol. 4.)
Mess", l'overture que vous povez fera, c'est leur fere confesser qu'en la duché et conté d'Ausonne^ ilz
1. Auxonne, chef- lieu de canton de l'arrondissement de Dijon
(Gùte-d'Or).
ne pevent riens demander de droit, ny aussi pareillement en Lisle, Douey et Orchie, en leur baillant dix mille petites livres là où il est dit, et l'argent que luy et sa fille et ces pais ont levé sans me fere foy et omage. Et d'Artois, offres leurs leur en bailler la joissance soubz la main du roy, et sauve les droiz de la coronne, en baillant bonne seurté d'ester ad ce que la justice souveraine en jugera. Et, si ne se voUoient contenter de la court de parlement, qu'est court souveraine, que tous les estatz ilz fussent asemblés.
Item, que je laissasse la conté de Bourgongne es mains des seigneurs et noblesse du pays, ilz ne consentiront jamaiz de me bailler Lisle, Douey et Orchie; aussi ilz ne sauroient trouver l'argent que le duc Charles en a levé, et encores leur povez vous dire que je leur quitteray la confiscation; ilz ne pevent nyer qu'il ne me devent les choses dessusdictes ; et, si estez seurs qu'ilz ne le pourroient aconplir, et sur cella vous pourrés bien demander recompance, c'est assavoir que la comté d'Artois et celle de Bourgongne me demeurent et que je quitte la confiscation, et Lisle, Douey et Orchie, et la somme d'argent levé davant que fait leur omage.
Et par ces offres, ilz ne se peuvent saulver, que vous ne leur donnez la confiscation davantaige, et qu'ilz ne vous reffussent sans nulle raison ce qui est vostre. Et à Dieu, Mess''. Escript à Bonneadventure, le premier jour de décembre.
LOYS
De Doyat.
A noz amez et feaulx conseilliers et chambellans les sirez de Baudricourt, du Boschaige et de Soliers.
MDLII.
AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.).
Bonaventure, l^"" décembre 1480.
Ordre de prendre a ses gens » au mot, s'ils veulent faire le plus petit service, et de ne rien « plaindre à promettre ; » de tâcher de faire une trêve pour le temps que le Turc sera en Italie et un an après, afin de permettre au roi de le combattre. — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2907, fol. 8. Publ. par Duclos, Histoire de Louis XI, IV, 449.)
Mons'' du Boschaige, si voz gens vueullent faire le plus petit service, n'attendez pas le grant, et les prenez au mot, et ne pleignez riens à promettre. Je metz es lettres d'entre vous tous des offres qu'ilz ne pevent nyer, et, si ilz ne veuUent faire nulle raison, je vous prie que essayez à avoir une longue trêve pour autant que le Turc sera en Ytallie', et ung an après, ainsi que le Pape a fait en Ytaillie, affîn que je puisse servir Dieu et Nostre Dame contre le Turc. Escripvez moy, vous et Mons'^ de Bauldricourt et de Soliers, des choses secrettes. Et à Dieu, Mons'" du Boschaige. Escript à Bonneadventure, le premier jour de décembre.
LOYS
De Doyat.
A nostre amé et féal conseiller et chambellan le sire du Boschaige.
i. Les Turcs s'étaient emparés d'Otrante le 11 août 1480.
MDLIII.