‹ Lettres (volume 2)Chapitre 84 sur 91 · Charles de Lissayre · texte numérisé non relu

Charles de Lissayre

p. 31, collection dite de Mullinen, et Arch. de Lucerne, Mùsiven von kônigen von Frankreich, vol. III. Communiqué par M. Rott.)

Illustrissimi domini, amici nostri carissimi, quia hiis diebus certiorati fuimus quod in societatibus et bandis gentium que a regionibus vestris hue emanarunt ut nobis inservirent nostris in guerris et querelis sustentandis, erant permuiti qui se de veris et antiquis ligis prêter veruni profilebantur; nam alios compertum est fuisse Alamanos, alios Lothoringes, Leodienses, alios vero Sabaudigenas, et diversarum aliarum nationum, inter quos profecto multi erant nequam, qui, propter eorum malum reginnen, seduxerunt, abusarunt, ac etiam induxerunt alios de veris et antiquis ligis ad diversa mala, scandala, rebelliones et inobediencias, et maxime in civitate nostra Genonensi, quam inhabitabat capitaneus Galles cum sua societate. In ea enim mandavimus commissarios nostros, ut idem Galles, cum suis, jurarent non infringere nostras ordinationes, et ut obedirent Johanni de Halwii^, quem ordinavimus eorum capitaneum generalem; qui Galles, et sui sepedicti, coram commissariis nostris, minati fuere succendere civitatem, et, invadentes, habitatores illius ceperunt, retinuerunt, et transportaverunt etiam officiarios nostros et ex primoribus et principalioribus ipsius civitatis, data etiam eis fide, et hostiliter ab eis exegerunt iiii^ scuta auri. Similiter capitaneus Scoder et sui responsum dederunt

i. L'un des combattants de Morat, d'après la chronique de Diebold Schilling. Louis XI, qui en avait fait le capitaine général des mercenaires suisses, lui donna, par lettres datées du Plessisdu-Parc, avril 1481, les seigneuries de Noyers et Ghàtillon-sur- Seine, en Bourgogne, jusqu'à concurrence de 1 ,000 1. t. de revenu. (Arch. nat., JJ 207, fol. 106 v», n» 228.)

dictis nostris commissariis quod minime obedirent ipsi generali capitaneo, nec ullis unquam potuerunt rationibuseosinducere ad eidem obedientiam prestandam. Voientes enim ubique obtinere principatum, quod adhuc nunquam passi fuimus, nec permitteremus, nam nullum noslri regni novimus, qimmvis magnum et potentem, qui in tôt et tantis defecisset, quem' non capite plecti fecissemus; verum, habito respectu ad magnam et cordialem dilectionem amicitiamque et confederationem quam simul inivimus, et quia vos habemus et reputamus amicissimos et colligatos, noluimus ita rigorose contra ipsos procedere, profecto freti et confisi quod vos ipsi facietis jus et justiciam. Quapropter, cum primum de hiis novitatibus certiorati fuimus, mandavimus ubique locorum in quibus degebant et fuerant talia perpetrata, dilectum et fidelem consanguineum nostrum comitem Gastrensem et dilectum ac fidelem consiliarium, receptorem generalem fînanciarum ducatus nostri Normanie, Johannem Raguier, ut ipsi simul facerent monstram generalem dictarum societatum de Galles el Scoder, ac injunximus ut, eis satisfactis pro tempore quo servierunt, et ulterius etiam ad mensem unum, eas cassarent a servicio nostro, et missas facerent, et similiter Alamanos et omnes alios non existentes de veris ligis. Licentiamus etiam Hance Mule, quia partim ipse fuit causa attentatorum. Igitur, quia ex eis sunt permuiti ex bandis ipsorum Galles et Scoder qui sunt de ligis, et, cum erunt apud vos, poterunt multa falsa et prêter verum dicere contra ea que scribimus, rogamus vos in inimensum, et quantum in nobis est, ne eis credatis, aut aliquam adiiibeatis fidem. Nam vos re vera

certiores redclimus, sub corone nostre honore, ita profecto res successisse. Illustrissimi domini ac amici nostri carissimi, Altissimus vos conservet. Datum apud Sanctum Florentium, die quinta decembris anno LXXX°.

LOYS

Berbisey.

Illustrissimis dominis schulteto et consilio Friburgensi, amicis nostris carissimis.

MDLVI.

AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.).

Prayes-lès-ie-Puy-Notre-Dame, 6 décembre 1480.

Envoi de lettres du seigneur de Saint- And ré et de Jean de la Vere par le seigneur de Maigné ; ordre donné à ce dernier de fournir des explications audit seigneur du Bouchage, et demande du roi à celui-ci d'envoyer le seigneur de Maigné et des hommes sûrs pour a conduire la matière. » — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2909, fol. 9.)

Mons"" du Bouschage, mon neveu Mons*" de Maigné m'a envoie des lettres que [sic)^ Mons"* de Saint André et de Jehan de la Vaire. Je lui escrips qu'il vous dye ce que c'est; je croy qu'il a desjà tait. Je vous envoyé aussi la responce que je foys à Mons"" de Maigné, et vous verrez bien, par la responce, que je me deffie du paiement. Je vous pry que Mons' de Maigné s'i en voyse incontinant et qu'il rompe ses praticques, et qu'il y envoyé gens dont il soit bien seurs ou non

1, Le secrétaire aura, je suppose, voulu écrire de au lieu de que.

de Mons' de Sainct André; et, selon qu'il trouvera, il conduira la matière; il le conduira par sa main, car la praticque vault mieulx en sa main que d'autres, et s'il le peult bien faire, en faisant escripre Mons"^ de Saint André et Jehan de la Vaire par son homme, et si saura s'il y a point eu de tromperye. Advertissez bien mon nepveu de ce qu'il doyt faire. Et à Dieu. Escript à Prayes^ lez le Puy Nostre Dame, le vi^ jour de décembre.

LOYS

Gilbert.

A Mons" de Bouschage.

MDLVII.

AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.).

Launay, H décembre 1480.

Remerciements pour la peine qu'il a prise ; étonnement de voir ses adversaires faire tant de promesses qu'ils ne tiennent pas ; ordre d'achever les « bons tours » que Le Prince, Virieu ou Arbent voudraient faire, sinon permission de s'en aller « fere ses pellerinages; » pleine liberté donnée audit s' du Bouchage touchant Polheim, mais prière de tenir la main à la bonne qualité des lévriers et lévrières que celui-ci devra fournir; ordre au seigneur de Soliers de demeurer à Arras. — (Orig. Bibl. nat., Ms. fr. 2911, fol. 2.)

Mons' du Boschaige, vous avez pris tropt grant peine pour moy; maiz je m'esbays comme ilz sont si fors manteux de ce présenter de fere tant de bonnes

1. Je ne trouve dans le voisinage du Puy-Notre-Dame aucune localité de ce nom, mais seulement un lieu dit le Bray (qui pourrait bien s'être appelé Prayes), dans la commune de Saint- Macaire-du-Bois, arrondissement de Saumur (Maine-et-Loire).

choses, dont à tout le moins ilz demeurent deshonnorés, et puis n'en font riens.

Si Le Prince, Vireu ou Herban, ou autre veult fere quelque bon tour, je vous prie que vous l'achevez, affin que vous ne perdes pas vostre peine; aussi, si n'y a riens de bon, allez vous en fere voz pellerinages.

Mons"^ du Boschaige, vous avez toute puissance touchant Pollan ; maiz donnez vous garde qu'il ne vous tronpe pas et qu'il ne vous baille pas levrieres châtrées et petites, et n'en prennez point que ne soient bien grandes, et que ne soient point châtrées, ne, des levriés, qui ne soit bien grant, et les m'envoyez bien saigement qu'ilz n'aient nul ma[i] en chemain.

Mons' de SoUers demourera à Aras. Escript à Lonay^ le xf jour de décembre, heure de midi.

LOYS

De Doyat.

A Mons"" le conte du Boschaige.

MDLVIII.

A LA CHAMBRE DES COMPTES d' ANGERS (V.).

Launay-lès-Saumur, 12 décembre 1480.

Ordre d'expédier les lettres du don fait à Bourré des maisons possédées autrefois à Angers par Pierre de la Poissonnière, lettres qui lui ont déjà été expédiées par la Chambre des

1. Probablement Launay, château du xv» siècle, dans la commune de Viliebernier, près Saumur (Maine-et-Loire), où j'ai cru déjà constater le passage de Louis XI à la date du 18 août 1471. Voy. la lettre de ce jour au seigneur du Bouchage,* IV, 262, n. 2.

comptes d'Anjou. — (Copie du temps. Arch. nat., P 1334", fol. 15 v».)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, nous avons, par noz lettres patentes en forme de chartre^ et pour les causes en icelles contenues, baillé et octroyé à nostre amé et féal conseillier niaistre de nos comptes et trésorier de France, maistre Jehan Bourré, les maisons que tenoit en la ville d'Angiers Pierre de la Poissonnière, et autres choses à plain contenues en nosdictes lettres, lesquelles lui ont esté expédiées en nostre Chambre des comptes à Paris, ainsi que veoir pourrez, et voulions que faictes le semblable à nostre Chambre des comptes à Angers. Si le faictes ainsi sans aucune dificulté. Donné à Launay lez Saumur, le xii*^ jour de décembre .

LOYS

Berbisey.

A noz amez et feaulx les presidens et gens de noz comptes à Angiers.

MDLIX.

AU SEIGNEUR DU BOUCHAGE (d.).

Launay, 13 décembre 1480.

Voyage de Le Prince à Saint-Omor pour gagner Mons"" de Saint- André ; ordre de traiter avec le seigneur d'Arbent aux meilleures conditions possible et de lui demander quelle sûreté il compte bailler en Savoie ; permission demandée par le castellan d'Emposte pour aller à Rhodes, et par le comte de Prades

1. Données à la Motte-d'Égry, au mois d'août 1480. (Arch. nat., P1334'», fol. 13.)

pour aller à Naples, à moins que le roi ne veuille « bailler » Perpignan au roi de Castille, cas auquel « ilz demeureroient pour l'y servir; » arrivée de Virieu, attiré par le seigneur d'Arbent; promesse de lui envoyer la cédule qu'il demande. — (Bibl. nat., Ms. fr. 2897, fol. 6.)

Mons"" du Bouschaige, vous n'aviez pas encores mes lettres quant vous m'avez escript ces yssy; car ce que Le Prince a esté à Saint Omer, ce a esté pour gaigner Mons"^ de Saint André, ainsi que je vous ay escript.

Mons"" de Herban^ scet bien que l'en ne lui donneroit pas dix mil francs contens et trois mil francs de pencion pour s'en venir; mais il vous fait présenter par Vireu-, qui est à luy, ceste belle entreprinse, et sçay bien qu'il ment, se cuide je; mais, s'il ne baille les places, rabatez au meilleur marché que vous pourrez, et lui demandez, en lui faisant les biens qu'il demande, quelle seureté il me baillera en Savoye de ne me habandonner jamais, et vous congnoistrez qu'il n'a entreprinse, excepté de croquer ce qu'il pourra pour sa venue. Touteffois, faictes le mieulx que vous pourrez.

Le castellan d'Emposte m'a envoyé demander congé d'aller en Roddes, et le conte de Prades d'aller à Napples contre le Turc, mais qu'ilz avoient ouy dire que je voulloye bailler Parpignen au roy de Castille, et que, si ainsi estoit, qu'ilz demoureroient pour m'y servir. Et y est venu le petit Navarre du castellan d'Emposte. En effect, il ne venoit que pour savoir si je voulloye bailler Parpignen. Aussi, je croy que Vireu

Page 1