‹ Lettres (volume 2)Chapitre 60 sur 264 · DE M"''^ DE SÉYIGNÉ A M'"^ DE GRIGNAN · texte numérisé non relu

DE M"''^ DE SÉYIGNÉ A M'"^ DE GRIGNAN

Aux Rochers, dimanche 23 août 167 1.

Vous étiez donc avec votre présidente de Charmes, quand vous m'avez écrit! Son mari était intime ami de M. Fouquet : dis-je bien ? Enfin ma fille, vous n'êtes point seule, et M. de Grignan avait raison de vous faire quitter votre cabinet, pour entretenir votre compagnie : ce qu'il aurait pu retrancher, c'est sa barbe de capucin, il est vrai qu'elle ne lui fait point de tort, puisqu'à Livry , avec 6'rt ioiijfe ébouriffée^ ^ vous ne pensiez pas qu'.^f/o?2/.s fût plus beau; je redis quelquefois ces quatre vers avec admiration. Je suis surprise comme le souvenir de certains temps fait de l'impression sur l'esprit , soit en bien , soit en mal ; je me représente cette automne-là délicieuse , et puis j'en regarde la fin avec une iiorreur qui me fait suer les grosses gouttes ^ ; et cependant il faut remercier Dieu du bonheur qui vous tira d'affaire. Les réflexions que vous faites sur la mort de ■M. de Guise ^ sont admirables; elles m'ont bien creusé les yeux dans mon mail; car c'est là'oi^i je rêve à plaisir. Le pauvre la iMousse a eu mal aux dents ; de sorte que depuis longtemps Je me promène toute seule jusqu'à la nuit ,

' Hémistiche d'un bout-rimé rempli par madame de Grignan.

2 A cause de ia fausse couche que madame de Grignan lU à Livry.

^11 mourul (h- la pelile vérole le 30 juillet IC7I.

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