‹ LettresChapitre 1 sur 5 · Lettres · texte numérisé non relu

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J £ suis l’auteur d’une petit*?11 5 Lite au üont des femmes , pour la fêle que l’ass.?m&Le nationale a décrété en la mémoire du maire d’EtanipC3*

Ce jour , madame , sera le triomphe de la ldi * de cette loi à laquelle vous êtes soumise; de cette loi qui défend vos droits. Cette loi , soutien de l’opprimé , terrible, aux médians , va prendre le caractère imposant , que doit lui donner la force publique.

Quelle époque, madame, plus favorable que cellesi pour manifester hautement votre attachement à

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la coîistiturîon ? Le moment est arrivé de confondre les malveillans , et de dissiper les images qui nous dérobent la bienfaisante vérité. Je ne puis •vous le dissimuler , madame , les bons citoyens voyér.t des deux côtés , le despotisme et l’esclavage , sous des formes très-différentes $ mais la masse des bons citoyens est trop imposante , pour qu’aucune faction puisse jamais lui faire retracter le serment qu’elle a fait de maintenir le monument qu’elle a tlevé pour la postérité. C'est à vous , madame , qu’il appartient de donner à la fête décrétée tout Téclat dont elle est susceptible. Le peup'e français, juste , généreux , vous verra avec reconnoissance répandre sur des citoyennes indigentes cette bienfaisance qu’une reine peut orner de tant de grâces ; je crois , madame , prévenir vos vœux , eu ^ous indiquant la manière d’appliquer vos bienfaits dans cette occasion ï ce seroit de cb^-ggr le département

le faire distribuer deux ^ents voiles , cintures et îouronnes , pour dc.« demoiselles qui vivroient chez leurs père et 'ülère / et qui seroient admises au cortège UÎ1 billet de la section qui attestera

^régularité de leurs mœurs. Il appartient plus particulièrement à la beauté , ornée du d.ademe , d’encourager les vertus de son sexe Me P-mettre,vous, madame, de finir par quelques rellexton philosophiques ? Puissent-elles vous rappeler a cette popularité si touchante , qui vous caractenso.t , Lrsqne vous montrez sur le premier trône du monde.

Rappeliez-vous , madame , qu’à cette époque 1® peuple français n’étoit pas seulement asservi , mais condamné aux fers des esclaves ; en vain le noble cultivateur arrosoit le champ des ses sueurs et de ses larmes 5 il nourrissoit les hommes et il manquoit lui-inéme de pain 5 les anciennes déprédations de la cour avoient comblé la mesure des calamités publiques : la révolution germoit dans toutes les âmes , et le soulèvement général s’est produit comme l’éclair, qui brise dans un instant les nuages qui couvrent l’astre du jour ! Le tonnerre lui succède rapidement, la foudre éclate et le ciel devient pur et serein.

Au nom de vos plus chers intérêts, madame , rapprochez - vous de la consolanie philosophie *, au nom de la patrie ne consultez plus qu« sa morale qui vous instruira mieux que moi, . de tout ce qui vous reste à faire , pour régner sur un peuple libre.

Tels sont les vœux d’une citoyenne qui ne cherche point l’éclat , et qui vivra trop heureuse dans l’obscurité , si son dévouement pour la cause publique , peut assurer votre bonheur et celui de l’empire.

Je n’ai point un esprit de cour, madame $ mais si le hazard avoit voulu me placer dans le nombre des femmes qui vous entourent , et qu’il m’eût conservé le caractère qu’il m’a donné , vous ne seriez point dans l'affreuse position où vous vous

trouvez , où je ne serois plus. Je vous aurois dit, madame , les abeilles se divisent comme les hommes , et quand l’insurrection s’opère dans une ruche , les efforts de leur souveraine sont impuissans. Elle perd son autorité , et l’on ne peut ramener l’ordre ou’en alléchant par le moyen du miel l’essaim dispersé. Ah ! madame , si la noblesse avoit prc: fessé cette morale , elle n’auroit jamais tourné les armes contre son pays et contre vousmême ; pardonnez , madame , la loyauté que m’inspirent les intérêts sacrés de ma patrie ; si je poursuivois , je pourois vous dire de plus grandes vérités à 1 égard de cette perfide noblesse , qui depuis i5 ans n’a cessé de vous livrer à la censure et à la persécution publique ; et vous la soutiendriez ? Non , madame , je ne puis le croire , et l’on vous calomnie ; ouvrez les yeux sur le pissé , et voyez l’avenir.

Je suis avec respect ,

Madame.

Votre très-humble et trèsobeissante servante , Marie-Olimpe DEGOUGES.

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