‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Périer et de Jacqueline, soeurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 34 sur 97 · UR LE SUJET DE SA GROSSESSE, PRÉSENTÉ A S. U · texte numérisé non relu

UR LE SUJET DE SA GROSSESSE, PRÉSENTÉ A S. U

^Mai 1638.)

Sus, réjouissons-nous, puisque notre princesse Après un si long temps rend nos vœux exaucés. Et que nous connaissons que par cette grossesse Nos déplaisirs sont morts et nos malheurs cessés.

Que nos cœurs à ce coup soient remplis d'allégresse, Puisque nos ennemis vont être renversés, Qu'un dauphin va porter dans leur sein la tristesse Et que tous leurs desseins s'en vont bouleversés.

Français, payez vos vœux à la Divinité. Ce cher dauphin, par vous si longtemps souhaité, Contentera bientôt votre juste espérance.

Grand Dieu, je te conjure avec affection De prendre notre reine en la protection , Puisque la conserver, c'est conserver la France 1

ÉPIGRAMME

8UR LE MOUVEMENT QUE LA REINE A SENTI DE SON ENFANT, PRÉSENTÉE AUSSI A SA MAJESTÉ.

(Mai 1658.)

Cet invincible enfant d'un invincible père

Déjà nous fait tout espérer.

Et, quoiqu'il soit encore au ventre de sa mère,

Il se fait craindre et désirer.

Il sera plus vaillant que le dieu de la guerre,

Puisqu'avant que son œil ait vu le firmament,

S'il remue un peu seulement, C'est à nos ennemis un tremblement de terre.

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