AVANT-PROPOS. XIII
qui loi en avait été faite par quelques-uns des pieux écrivains qui^ au commencement du dernier siècle, s'occupèrent à recueillir tous les faits relatifs à l'histoire de Port-Royal. Probablement aussi la nièce de Pascal était en relation, sinon directement, du moins par l'intermédiaire du P. Guerrier, avec les oratoriens de Paris. Il est du moins certain que celui-ci entretenait une correspondance avec le P. Desmolets, bibliothécaire de rOratoire de Paris, comme on le voit par la note suivante, écrite par le P. Adry sur la dernière page du ms. dont nous venons de parler : «c J'ai sept lettres manuscrites (ce n'est ce que la copie faite à Glermont le 22 octobre 1736 « et envoyée au P. Desmolets par le P. Guerrier) a de M. Nicole à M. Perier, ecclésiastique, » etc. *. Nous avons peu de chose à dire sur TAppendice qui forme la quatrième partie de ce volume. Nous croyons qu'on y lira avec l'intérêt qui s'attache à tout ce qui concerne un grand homme, l'acte de baptême de Pascal, sa généalogie, et un extrait de son testament. Cette généalogie n'est que l'extrait d'un immense tableau généalogique dont l'original, qui est encore à Glermont chez
■ Le p. Guerrier était aussi en correspondance avec dom Glémencet. On trouve dans THlstoire littéraire de Port-Royal, encore inédite, composée par ce bénédictin, une lettre dans laquelle le P. Guerrier lui donne le catalogue détaillé des ouvrages de Pascal. M. Sainte- Beuve possède une copie du ms. de dom Glémencet.
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rnn des damiers descendants de la famille Pascal % fat dressé par Biaise Pascal, parrain et oncle à la mode de Bretagne de l'aotenr des Pro- Tinciales. U en est fait mention dans les Mémoires de Fléchier sur les grands-jonrs d'Auvei^ne. a C'est une vérité constante, dit-il, qu'une dame « qui mourut, il y a quelques années, a^ée de « quatre-vingts ans , fit le dénombrement de ses c< neveux et nièces, en compta jusqu'au nomlwe c< de quatre cent soixante -neuf vivants et plus c( de mille autres morts, qu'elle avait vus durant <c sa vie. J'en ai vu la table généalogique que a M. Biaise Pascal, son fils, qui a été si connu par « ses inventions mathématiques et par les Lettres « provinciales j en a fait dresser pour la rareté du « fait '. »
* IL Durand de layisy. — Une copie de celle lable généalogique se troUTe à la bibliothèque de GlermoDl.
* L'érudit el exacl édileur de ces Uémoires, H. Gonod, fail remarquer que Tasserlion de Flècbier esl inexacte en ce qui eoueeme Pascal. La dame dont il esl ici question n'est point la mère de Pascal, laquelle mourut fort jeune, mais Jeanne Enjobert, femme d^un autre Etienne Pascal; et le Biaise Pascal auteur de la fsénéilogîe n'éuil point Fauteur des Provinciales, comme dit Flècbier, mais un conseiller secrétaire des finances.
L'erreur grave que commet ici Plédûer n'a rien qui étonne, quand on songe que ses Mémoires, fruits d*une verve spirituelle et enjouée, sont puisés, pour la plus grande partie, dans des conversations dont il saisit de préférence, en Texagérant volontiers, le côté plaisant ou merveilleux. Quoique précieux pour Tbistoire du temps, ce Itvre doit donc contenir plus d'une erreur de détail; et il est permis de croire que Flècbier a pu se tromper encore en citant ailleurs le nom de Pascal. Il y avait à Clermont une demoiselle c qui est, [dît Flècbier, la t Sapbo de ce pays, et qui est assurément Tesprit le plus Sa et le ^us
Il est fait mention du testament de Pascal dans sa Vie^ par madame Perier. GVst à l'aide de cette indication que nous avons essayé de découvrir ce document précieux. Malheureusement les recherches faites à ce sujet parmi les minutes du
« vif qu'il y ail dont la TÎUe. fille éuit aimée par tout te qa*it y ayaitde « beaux-esprits. M. Pascal, qai s*est depuis acquis tant de réputation, « et un'aulre savant étaient continuellement auprès de cette belle sa- » vante. » Nous ne parierions pas de ce passage des Mémoires de Fiéobier, si M. Cousin n'en eût tiré des conséquences arbitraires et exagérées. On n'a pas oublié qu'il publia dans la Revue det Deux Mànêts du 15 septembre 1342, le Discours de Pascal sur les passions de Vamour. Mais avant d'arriver à ces pages sereines et cbastes du grand penseur» il fallait traverser un commentaire étrange, sorte de vestibule rempli de poussière et de bruit. En publiant à notre tour le DiS' cours de Pascal (a), nous fîmes remarquer (c'était notre devoir d'éditeur) que M. Cousin avait entièrement méconnu le caractère de cet écrit : Pascal, l'homme de la pensée pure, ce génie tout spiritualiste, se trouvait transformé en une sorte de petit maître épicurien et donnant, avec plus de délicatesse qu'Ovide il est vrai, des préceptes de galanterie. Telle fut l'illusion produite par ce malencontreux commentaire que des personnes du goût le plus judicieux et fort capables assurément de reconnaître le style unique de Pascal, refusèrent de lui attribuer le Discours sur les passions de l'amour.
Quoi cpi'il en soit, M. Cousin, réimprimant de nouveau ce discours (6), l'accompagne d'une note dans laquelle il s'empare triomphalement du passage de Fléchier. « Si à Clermont, dit-il, ^Pascal a ( pu être sensible à Tesprit et ^ la beauté, quelle merveille qu'il l'ait a été, et bien plus sérieusement à Paris, dans les cercles brillants « qu'ilfi'équentaitt»
Non, il n'y a aucune merveille eu cela. It est tout uattorel q«e Pascal ait été, et plus qu'Hun autre peut-être, sensihlt û Vtsprit et à la beauté; et, pour le croire et l'affirmer, il ne allait pas mtoie avoir lu le Discours sur les passions de l'amour. Loin d'être încompatiMe
(a) T. !•* de notre édiiion des Pensées, p. 105.
[b] A la suite da Rapport sar la nécessité d'ane nouvelle édition desftfnsSeS; ouvrage dans lequel l'antenr vient d'iittroftnire ptusienn cartons et qaelqves.aèdh lions.
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notariat de Paris, ont été sans résultat ; et ce n'est que dans les archives des hôpitaux de Glermont^ auxquels Pascal avait fait un legs^ qu'un extrait seulement de son testament a été retrouvé ; il est accompagné d^une lettre d'envoi adressée par M. Perler, beau-frère de Pascal, aux administrateurs de l'hôpital général de Glermont.
Nous donnons encore dans l'Appendice deux pièces pleines d'intérêt. L'une est une lettre adressée par le duc de Roannez à Arnauld de Pomponne, quelques jours après la mort de Pascal. Le jeune duc y parle en termes simples et touchants de la perte qu'il vient de faire. C'est h M. Monmerqué que nous sommes redevable de la publication de cette lettre, dont il a bien voulu nous communiquer l'original.
L'autre pièce est émanée de Pascal lui-même :
avec le génie de Pascal, ce sentiment lui sied bien aa contraire. Estce là tout ce que M. Cousin a voulu dire? En ce cas, il n*était pas besoin de chercher des preuves. La démonstration est puérile tant elle est superflue. Mais il y avait autre chose dans le [commentaire de M. Cousin : le Discours sur les passions de l'amour lui paraissait alors médiocrement platonicien, et il s'exprimait k cet égard avec une sorte de cynisme contre lequel nous fûmes obligé de protester. Au surplus, M. Cousin, tout en se disant calomnié, nous donne raison contre lui, car, en réimprimant son premier commentaire, il a eu soin de faire disparaître la plupart des expressions qui avaient motivé nos observations. Nous le remercions aussi d'avoir, dans le même écrit, effacé la c dévotion ridicule de Pascal, » et le passage où il était dit contre toute évidence, que Pascal « met Texistence de Dieu à croix ou à pile » : épilhète et assertion contre lesquelles nous avions également protesté.