‹ Lettres, opuscules et mémoires de Madame Perier et de Jacqueline, sœurs de Pascal, et de Marguerite Perier, sa nièceChapitre 77 sur 105 · EMPLOI DU TEMPS DEPUIS NONES JUSQUES A YÂPRES · texte numérisé non relu

EMPLOI DU TEMPS DEPUIS NONES JUSQUES A YÂPRES

Collation.

\ . Depuis nones jusques à vêpres, on fait répéter une leçon du catéchisme, l'une demandant un jour, et sa compagne répondant, et celle qui a demandé le premier jour répondant le lendemain; et à la fin elles répètent une hymne en latin ou en français. Ces répétitions n'incommodent point et ne font pas perdre de temps, car cela se fait chacune étant à sa place et sans quitter son ou* vrage.

2. Il faut beaucoup exercer la mémoire des enfants ; cela leur ouvre l'esprit, les occupe et les empêche de penser à malice.

5, Ce qui reste de temps depuis l'instruction jusques à vêpres, s'emploie à travailler dans un entier silence. On fait seulement à cette même heure, et dans tous les intervalles, lire quelques-unes des moyennes, qui ont besoin de se former à bien lire. Celles que l'on fait lire dans la chambre doivent savoir lire raisonnablement, afin que toutes profitent de ce qui sera lu.

4. Pour les petites, nous avons expérimenté qu'elles apprennent bien mieux à lire quand elles sont seules ; c'est pourquoi celle des grandes qui sera destinée pour les faire lire, le fait, à tous les intervalles de la journée, dans

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une chambra à part. On ne se sert poqr ceU que <l*une des grandes qui s^ dessein d'être religieuse ; et encore faiit«*il prendre garde qu'elle soit sage, discrète et douce, et qu'elle le fasse de bon cœur et pour Tamour de Dieu.

5. Environ à trois heures et demie, on fait faire collation à toutes les petites et moyennes. On en exempte facilement les grandes quand elles le demandent, ce repas n'étant pas beaucoup nécessaire aux plus grandes, à cause que l'on dine tard et soupe tôt ; et l'on voit que celles qui ne le font pas s'en portent mieux. Dès qua« torze ans, on leur peut permettre de ne le point faire, à moips qu'il y en eût quelqu'une à qui l'on jugeât que ce repas fût nécessaire ; car lors on les obligerait de prendre quelque peu de nourriture. On se rend difficile d'en exempter les plus jeunes, encore qu'elles en prient» de peur qu'elles ne demandent cette permission pour faire les grandes filles ou par hypocrisie.

6. A cette même heure, quand celles des grandes qui sont les plus sages souhaitent d'aller prier Dieu, on les y mène, et on demeure avec elles jusqu'à la fin de leurs prières.

7. On ne permet cette prière qu'à celles que l'on voit, autant qu'on en peut juger, poussées à le demander par un pur motif de plaire à Dieu, et qui en font profit.

De l'heure de vêpres et de l'emploi du temps jusques au réfectoire.

^ . A quatre heures, les plus grandes vont à vêpres, si elles méritent qu'on leur fasse cette grâce.

2. Pendapl ce même temps, on instruit les plqs petites enfants ; car encore qu'elles soient présentes à tout ce qu'on dit à la chambre pour les instruire, elles n'y enlendept rien j çt si on ne s'adresse à chacune d'elles en particulier, elleç n'y comprennent rien.

5. A la fin de vêpres jusqu'au réfectoire, une des grandes fait une lecture. Il faut, autant que cela se peut, que leur principale maîtresse y soit présente. On fait cette lecture jusques à ce que le réfectoire sonne, où elles yont dans le même ordre que le matin.

Dç la récréation du soir^ des prières et du coucher.

i. Ensuite se fait la récréation, tout de même que le matiu, si ce n'est que Tété on va au jardin le soir, et l'hiver le matin.

2. Les enfants sont séparées aussi bien le soir que le matin. On fait ce que Ton peut pour être deux religieuses ayoc les grandes, quand il y en a de moins bien disposées ; afin qu'une des religieuses marchant derrière elles, elle puisse découvrir celles qui, sous quelque prétexte d'être incommodées, marcheraient plus doucement, afin de se parler bas les unes aux autres.

3. Cette récréation ^du soir dure jusqu'au premier coup de compiles ; si ce n'est aux grandes chaleurs de l'été, où on la finira plus tard, selon leur besoin et avec discrétion, afin de les faire promener à la fraîcheur. L'on ne passera pourtant jamais sept heures et demie sans la finir, pour commencer les prières du soir,

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qu'elles peuvent dire au jardin durant les grandes chaleurs, se mettanl à genoux en quelque lieu écarté, où ensuite elles disent complies du même ton qu'elles ont dit prime le matin. Elles peuvent marcher en disant les psaumes, pourvu qu'elles s'arrêtent pour faire toutes les cérémonies de l'office.

4. Quand les chaleurs ne sont pas si grandes, elles commencent à prier Dieu au premier coup de complies, afin qu'elles puissent avoir fait pour le Salve^ à quoi elles assistent au chœur avec fidélité tout le long de l'année, hormis trois mois des plus grandes chaleurs, qui sont depuis l'octave du saint-sacrement jusques à la fin du mois d'août, et cela pour ne pas interrompre la promenade que Ton juge leur être utile à cette heure-là.

5. Au sortir du Salve ou du jardin, elles montent tout droit dans leurs chambres, où elles se déshabillent en grand silence et avec promptitude, tellement que l'hiver et l'été il faut qu'elles soient toutes couchées à huit heures et un quart, et toutes dans un lit à part, sans qu'on en dispense jamais pour quelque prétexte que ce soit.

6. Aussitôt qu'elles sont couchées, elles sont fidèlement visitées, non-seulement celles des cellules, mais aussi celles des chambres, qu'il faut visiter dans chaque lit en particulier, pour voir si elles sont couchées avec la modestie requise, et aussi pour voir si elles sont bien couvertes en hiver.

7. Après on éteint toutes les lumières, à la réserve d'une lampe qu'on laisse allumée toute la nuit dans une

de leurs chambres pour les besoins qui peuvent survenir la nuit.

8. II couche une sœur dans chaque chambre, ou une grande en qui Ton a une parfaite confiance.

9. Voilà Tordre qui se garde toute la journée ; ce n'est pas que Ton ne change quelquefois les heures de certains exercices pour les besoins particuliers, comme les jours de jeûne de TEglise et le carême, où la matinée est bien plus longue que Taprès-dinée ^

REGLEMENT POUR LES JOURS DE fAtES.

1 . Les jours de fétes, on remplit toute la journée de petits exercices, en sorte qu'elles ne perdent point de temps pour éviter Tennui ou la badinerie qui suivraient infailliblement si on ne les occupait, les enfants n'ayant pas la force de consacrer toutes les heures de la journée au service de Dieu.

2. Elles se lèvent et habillent toutes à la même heure que les jours de travail.

3. A six heures, si les petites sont presque habillées, les plus grandes qui auraient dévotion d'aller à prime peuvent y aller, pourvu qu'elles en demandent permis-

■Ici viennent dans le texte imprimé {CwMtit%Aiont de P.-it. Paris, 1721, pages 415 et saiv.) les Prières pour le matin et pour le soir, qu'on avait coutume de faire dire aux enfants. M"*' Perler n*a pas transcrit ces prières, soit parce qu'elles n^étaient pas dans le BIS. de sa sœur, soit parce qu^elles n*avaient pas été composées par Jacqueline.

sus JACQUELINE PASCAL.

sioiii laquelle on ne leur dopne cpie lorsai;*on reconnaît qu'elles le demandent par un pur motif de plaire à Dieu et d'allpr chanter ses lofian^es. Ceci ^oit di^ pour toutes les heures çle Voffice. Ensuite oq dit la première i^esse^ op tQutçs assistent, grandes et petites.

4. Au sortif de la messe, elles vont faire leurs lits et déjeuner j çqla dure environ {us(|ues à huit heures, qu'elles ^e rangept toutes dai^ç la chambre pour écouter la lecture qui s'y fait pomme les jours de travail.

5. A huit heures et demie, elles vont presque toutes à tierce, et toutes à la grande messe.

6. Au sortir de la grande messe jusques à sexte, il y a environ trois quarts d'heure d'espace, qu'elles emploient à apprendre par eœur ce qu'elles doivent savoir, qqi est to^tA h thép)ogi§ fawJU^r^f l'ei^erçice de la (laipt^ mfisfl^i \^ tr^it^ de la coufirinatioar Après p^^a, elle^ ^ppF^qnsqt tSHtPfi I^IS hymnps en fraqçajs qui i^onl clans U\m lleures, Qt pnis tontes les latjq^s 4u Brër vi4ÎF0 ; ^t çpxmA ^Ue^ sQnt venuei^ jeunei^ (lai)S )e pio-r nastère, il y en a beaucoup qui apprennent ]q\\t Psautier WtiWf PUp^ tt'y OBt pfis grsn4§ difficultéi pourvu qu'elles y soient exhortées et un pe(f poussées.

7» A (el^xtç, pllps foQt If^ur ei^amen, et ensuite ce)les qui QQt permission de 4}re lem? fiffioe 4isem s^xte,

8, A la fin 4e ^e^te, l6| réf^iitpirp, et eui^uitq Ja r^pré^r tion jusques à une heure.

9. Depuis m^ iusiqups à 4eux, ]e^ plus grandes apprennent l'arithmétique, et cependant les plus jeunes

éçrlyentleBf e:î^emp|ei et les petite ppfants répètent leur

eatéehisme.

BÉGLEMJSNT FOUB IBS EfTFANTS. 259

IQ, Depuis deux jusquesi à la demie, les plus gr^nda^ apprennent Tarithmétique au^ plus jeunes, e| à deux heures et demie elles. disent uones dans le particulier jusques à trois heures •

11. A toutes heures, les plus grandes répètent leur chant en notes, et une d'elles le montra au)^ plus jeunes ; quand elles ne devraient que dire leurs uolesy cela emploie le temps, et les pippêche de s'ennuyer, et elles ne laissent pas peu à peu d'apprendre a clianter,

1?. A quatre heures, toutes vont à vêpres et à l'adoration qui se fait de suite.

15. A la fin de vêpres, celle des plus grandes qui seraient portées d'une grapde dévotion , et à qui on l'aura permis, demeurent à prier Dieu, jusques au réfectoire ; s'il y a moins d'une demi-heure d'espace, on ramène à la chambre toutes les autres, qui emploient ce temps-là à leur dévotion, ou à fair^ quelque lecture dans leur Imitation de Jésus-Christ, ou ^ répéter ce qu'elles savent par cœur.

14. Le reste de la jonrqée ^'epiplgle çopiipie les jours 4e travail.

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