Plous ne les surchargeons pas d'un grand nombre
» Dans le lexte imprimé {Constitutions, page 468), il y a enire le i de la Communion et celui de la Prièrs, un ê Inlitalé d$ la Con^ /Irmai^on, qai A*e&l pas dans le Mii« de madame Perier.
de prières vocales ou mentales, mais nous tâchons de leur imprimer au cœur un véritable désir de la sainte préseoce de Dieu, afln qu'elles le regardent en tous lieux et en toutes leurs occupations, Tadorant et le louant partout, puisque les créatures mêmes inanimées le louent toutes en leur manière.
3. Nous leur faisons voir que toutes leurs fautes viennent de ce qu'elles ne prient pas Dieu comme il faut; et qu'elles ne prieront pas comme il faut, tant qu'elles auront leur cœur attaché à elles-mêmes, à leurs inclinations et à quelque créature telle qu'elle soit et pour sainte qu'elle soit.
4. On aura grand soin que les prières du matin et du soir soient faites comme il faut; et si elles s'en acquittaient avec négligence et tiédeur , on ne les devrait point faire aller à la sainte messe pour quelques jours. Il faut leur dire qu'on ne peut pas leur donner des sentiments de piété, mais qu'on peut et qu'on doit les obliger de se tenir avec respect et crainte en la présence de Dieu. On leur fera entendre qu'il y a des pénitences pour les légères et badines, et effectivement il leur en faut donner ; comme d'être retirées à part et même ne leur permettre que de dire un Pater ou un Ave Maria, leur disant que quand on les verra plus dévotes on leur permettra davantage.
5. Celles à qui l'on permet d'aller prier Dieu demi-heure, comme nous avons marqué dans la première partie de ce règlement, doivent être reconnues affectionnées à la prière ; et pour celles-là on doit les instruire dans le particulier de la manière dont elles
se doivent comporter. Si on voit que ce temps qu'on leur donne ne les rende pas bumbles, plus charitables et plus silencieuses, on le leur doit ôter; et quand même elles en feraient profir, on doit de temps en temps les empêcher d'y aller, afin de voir comme elles prendront celte privation, et si elles seront aussi prêtes à demeurer qu'à aller.
6. Nous [recommandons beaucoup aux enfants de prendre la sainte Vierge pour leur mère et leur médiatrice dans tous leurs besoins et dans toutes les difficultés qui leur pourraient arriver. On leur dit qu'elle a été dans le temple dès son enfance, comme elles sont dans des maisons consacrées à Dieu pour y apprendre à être bonnes chrétiennes. Que la maison où elles vivent est consacrée à la sainte Vierge, et se nomme Notre-Damede-Porl-Royal ; qu'elle leur doit servir de modèle dans la prière, l'humilité, le silence, la modestie, le travail, et enfin dans toutes leurs actions. On les exhorte de bien solenniser ses fêtes, qui sont toutes fort honorées dans l'ordre de Gisteaux : de dire souvent son chapelet, et tous les jours ses litanies.
7. Nous leur recommandons aussi la dévotion aux saints anges, et particulièrement à leur saint ange gardien, leur disant qu'il leur est donné de Dieu pour les garder des embûches du diable, du monde et de la chair, et qu'il veille continuellement sur elles, et sur tous leurs besoins spirituels et même corporels, et qu'il porte au ciel avec joie leurs bonnes œuvres ; et qu'au contraire, si les anges bien-heureux étaient capables de tristesse, il en aurait quand elles font mal et quand elles
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se laissent emporter à quelque action mal-séante et indigne d'une chrétienne.
8. Nous leur disons aussi que les saints nous sont donnés de Dieu pour être nos intercesseurs envers lui. C'est pourquoi nous leur apprenons à s'adresser à eux pour les prier d'obtenir de sa divine bonté les grâces dont elles ont besoin, et que chaque jour elles doivent se recommander à saint Joseph, à saint Augustin, à saint Benoît et à saint Bernard, les patrons de la maison, aux saints dont elles portent le nom, aux saints qui leur sont échus pour patrons de l'année et du mois, et à celui dont on fait Voffice ou la fête.
Des leciuresn
i . Les livres dont on se sert pour l'instruction des en« fants sont : la Tradition de l'Eglise ; les Lettres de M. de Saint-Cyran; l'Imitation de Jésus-Christ; Grenade; la Philolée; saint Jean Climaque; la Théologie familière; les Maximes chrétiennes, qui sont dans les Heures; la Lettre d'un P. Chartreux, traduite depuis peu; les Méditations de sainte Thérèse, sur le Pater ^ et autres livres qui ont pour but de former une vie vraiment chrétienne.
2. Pour les lectures du matin à huit heures, je l'ai marqué dans le règlement de la journée.
5. Pour la lecture qu'une d'elles fait après vêpres, on peut se servir d'autres livres, comme de quelques Lettres de saint Jérôme : de l'Aumône chrétienne : de
quelques endroits du Chemin de perfection , de sainte Thérèse, comme aussi des Fondations en ce qui regarde l'histoire des Vies des Pères du désert, et d'autres Vies des saints et saintes qui sont dans des livres particu*' liers.
4. Nous faisons nous-mêmes toutes les lectures qui se font en général» hormis celle d'après vêpres, mais nous y sommes toujours présentes, pour leur expliquer ce qu'on leur lit, et leur parler dessus. On doit avoir pour but de les accoutumer à ne point entendre les lectures dans un esprit de divertissement, ni de curiosité , mais avec désir de se les appliquer; et il faut pour cela que la manière de les leur faire comprendre aille bien plus à les rendre bonnes chrétiennes, et à les porter à se corriger de leurs défauts, qu'à les rendre savantes. Il faut les prier de demander à Dieu la grâce de bien profiter des lectures qu'on leur fait, et aussi qu'il nous mette au cœur ce qui leur est plus utile pour les faire avancer de jour en jour dans la perfection.
5 . Aux lectures que nous ne faisons pas nous-mêmes, nous leur marquons ce qu'elles doivent lire, et il ne leur est pas permis de changer ni d'endroit ni de livre. Car il se rencontre peu de livres où il n'y ait quelque chose à faire passer.
6. A la lecture d'après vêpres, il leur est permis et même ordonné de faire de continuelles questions sur tout ce qu'elles n'entendent pas, pourvu que ce soit avec respect et humilité; et on leur apprendra, en leur répondant, la manière de s'appliquer cette lecture pour la correction de leurs mœurs. Si en lisant ou voyait
qu*e11es ne flssent point de demandes sur quelque chose que Ton croit que la plupart n'entendent pas, on leur demandera si elles Tentendent, et si on voit qu'elles ne peuvent répondre, elles seront reprises de demeurer dans l'ignorance, puisqu'on leur a ordonné de se faire instruire sur tout ce qu'elles ignorent.
7. Aussitôt que la lecture est finie, on reprend le livre. Car nous ne leur laissons point d'autres livres dans le particulier que leurs Heures, la Théologie familière, les paroles de Notre-Seigneur, une Imitation de Jésus-Christ et un Pseautier latin et franchis. Tous les autres livres sont entre les mains de leur maîtresse, ce qu'elles trouvent fort bon, ayant elles-mêmes reconnu que cela leur est plus profitable, et que les lectures les plus saintes ne leur servent de rien quand elles se font par curiosité ; ce qui arrive presque toujours quand elles ont leurs livres en particulier et à leur disposition.
8. Il ne leur est jamais permis d'ouvrir un livre qui n'est pas à elles, ni de les emprunter les unes aux autres «ans la permission de leur maîtresse, qui se donne rarement, pour éviter beaucoup de petits désordres que causent ces emprunts.
Des malades et de leurs besoins corporels.
i . Il faut avoir un très-grand soin de celles qui tombent malades, les faisant servir nettement et exactement aux heures précises ; les faire voir au médecin^ si
la maladie le mérite, et faire ponctuellement tout ce quMl ordonnera pour le soulagement du mal.
2. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour être toujours présentes quand le médecin les vient visiter, et il est bon de lui parler toujours avant qu^il visite les malades, pour lui rendre compte de la maladie et de la manière dont elles se comportent dans la prise des remèdes et de la nourriture : et le prier de dire peu de choses devant elles, de peur de les attrister ou de leur donner lieu de s'attendrir sur leur mal. Après que le médecin les a visitées, Ton apprendra de lui ce que Tou doit faire pour leur soulagement.
5. On les accoutume à ne point faire de façons pour la prise des remèdes les plus fâcheux . Nous y sommes toujours présentes, afin de leur dire quelque parole de Dieu pour les encourager et leur faire offrir leur mal à Dieu.
4. On les exhorte à ne jamais trouver à redire aux ordonnances du médecin, parce qu'il tient à leur égard la place de Dieu dans leur maladie. C'est pourquoi elles lui doivent obéir comme à Dieu même, en abandonnant leur vie, leur santé, ou leur maladie à Tordre de la providence divine qui se sert pour notre bien du bon ou du mauvais succès des remèdes. C'est pourquoi, en tout ce qui peut y arriver de fâcheux, il n'en faut jamais jeter la faute ni sur le médecin, ni sur les remèdes, mais adorer avec silence et humilité Tordre que la bonté divine tient sur nous, et pour donner plus de lieu aux malades d'entrer dans cette disposition, je présuppose que l'on aura toujours, si cela se peut, des médecins bons chrétiens et bons médecins.
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5. Il y aura toujours une chambre destinée pour mettre les malades, où on ne permettra pas que les autre3 enfants entrent, si ce n'est pour une très-grande nécessité et avec permission de leur maîtresse. Durant les heures de récréation, on pourra y en envoyer quelqu'une des plus sages pour les divertir. Il faut que celle des sœurs qui les assiste ne les quitte point, si ce n'est qu'on eût de grands enfants, comme dé celles qui sont prèles d'entrer au noviciat, sur qui on se fierait entièrement, qui pourraient les garder, et même les servir, si la maladie n'était pas considérable.
6. Quand il y a beaucoup de malades, on y met une sœur, outre celle qui les sert eu santé, et il faut que ces sœurs soient sages et douces ; sages pour les tenir dans leur devoir, de peur que dans la maladie elles ne perdent tout ce qu'elles auraient acquis avec beaucoup de travail dans la santé et aussi pour ne les pas flatter dans leurs inclinations ou la répugnance qu'elles auraient à prendre les remèdes qu'on leur ordonne, et à l'abstinence qu'elles doivent garder de certaines nourritures qui leur seroient nuisibles ; mais il faut aussi qu'elles soient douces, afin d'adoucir par la manière charitable dont elles agiront avec elles, et par de bonnes paroles, tout ce qu'il leur faut refuser pour leur santé.
7. Nous nous assujélissons beaucoup aux malades, quittant plutôt même les saines, tant pour les faire traiter comme il faut, que pour les retenir dans l'ordre, et leur apprendre à être malades en chrétiennes : cela fait qu'elles ne se dérèglent pas si tôt.