AVANT-PROPOS
Les lettres Pastorales, que nous reproduisons dans cette brochure ont été lues et expliquées dans toutes les chaires du Diocèse de Montréal; et les résultats qu’elles ont produits prouvent suffisamment qu’elles ont été comprises par ceux qui cnt conservé la foi, puisqu'ils s’y sont soumis de si grand cœur et en si grand nombre.
Mais les importantes vérités qui y sont expliquées rencontrent, dans ces temps mauvais, tant de contradicteurs ; et elles sont d’ailleurs tellement exposées à être obscurcies dans les esprits les mieux disposés, par les épais nuages qui s’exhalent, chaque jour, du fond ténébreux des sociétés secrètes qui sont des suppots d’enfer, que nous avons cru devoir céder aux instances d’un grand nombre de citoyens, toujours amis de l’ordre, en faisant une édition de ces Lettres en un format commode pour toutes espèces de personnes. Si nous recevons de l’encouragement pour cette publication, nous ferons plus tard une édition de tous les Mandements et Lettres Pastorales pubiiés dans le Diocèse de Montréal depuis son érection.
Tout, dans ces Lettres, nous semble propre à intéresser vivement toutes nos familles catholiques, pour qui le dépôt sacré de la foi est le premier bien ; et qui ne craignent rien tant que la séduction des mauvais principes, qui circulent plus que jamais dans le monde, et qui. semblables à ces dégoûtantes exhalaisons qui répandent la peste, ont bientôt gaté esprit et corrompu le cœur de tout un peuple, quand il ne se tient pas en garde contre cette contagion.
Les dévots serviteurs de Marie seront sans doute charmés de relire, dans ces Lettres, quelque chose du mémorable évènement de la définition et proclamation du Dogme de l’Immaculée Conception, qui fait la plus grande gloire de notre siècle, et qui est le age assuré des incalculables bénédictions qui vont en être l’heureux résultat. Ils y apprendront comment ils devront se transmettre, jusqu’à la dernière génération, les souvenirs dé ces joyeux et pompeux Triduum, célébrés en tous lieux, pour recevoir en triomphe ce dogme de foi catholique.
Les enfants affectionnés de la sainte Eglise contempleront, avec bonheur, en relisant sans cesse ces Lettres, l’éclat et la splendeur de cette sainte Mère, dans les hauteurs du Vatican, au jour à jamais mémorable du 9 décembre 1854, lorsque le Souverain Pontife y faisait entendre sa Voix Pastorale, à tant de Princes de l'Eglise qui se trouvaient réunis autour de son Auguste Personne. |
Les brebis fidèles du Bon Pasteur aimeront à repasser ces pages, qui sont un témoignage irrécusable et solennel de cette légitime subordination, que J. C. a établie dans son Eglise, et qui a toujours subsisté depuis St, Pierre, et subsistera dans les siècles des siècles. (Car ces pages seules suffraient pour montrer à l’univers étonné avec quelle vénération les Evéues écoutent le Pape. Ah! c’est qu’ils comprennent qu’il lui a été donné,
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comme à St. Pierre, de confirmer, encourager et gouverner ses frères, qui sont les légitimes successeurs des Apôtres.
T'ous les hons catholiques comprendront, en réfléchissant sur ce fait si mémorable pour notre foi, qu’il n’y a pas que les simples fidèles qui soient obligés de soumettre leur raison à l’enseignement du Pontife Romain, qui parle au nom de J. C. avec une autorité infaillible ; mais que leurs premiers Pasteurs sont les plus empressés à recevoir leurs inspirations de ce Chef suprême, dans lequel le Bienheureux Pierre vit et vivra jusqu’à la fin du monde.
Après un tel exemple, où seraient les fidèles enfants de l’Eglise qui refuseraient de suivre les vérités que nous enseigne la Ste. Eglise Romaine, notre bonne et commune Mère à tons? S’en trouveraient-ils encore quelques-uns qui pourraient trouver trop pénible de se soumettre aux salutaires ordonnances qu’elle croit devoir fai::, pour protéger la foi de ses enfants humbles et dociles, contre le danger des mauvais livres, et des rapports avec des hommes sans principes ?
J1 n’est personne parmi les vrais catholiques, qui ne mette son bonheur à connaître les communications intimes qui existent entre la sainte Kglise Romaine et toutes les Eglises du monde entier ; entre le Souverain Pontife et les mille Evêques environ, qui sont dispersés par toute la terre. C’est ce qui apparaîtra à chacun d’eux en lisant ces Lettres.
Car il y entendra la voix du premier des Pasteurs, qui s’épanche avec une paternelle effusion dans le cœur de ses collaborateurs: et il y verra ensuite avec quelle fidélité les Pasteurs transmettent à leurs ouailles ces paroles, en les leur expliquant d’une manière simple et familière, afin qu’elles arrivent à toutes les intelligences. Qu'ils sont donc délicieux ces colloques, rapportés dans ces Lettres, et pour les Pasteurs et pour les brebis! Aussi aimerons-nous à les relire sans cesse, et à nous en éüifier.
D'autant plus qu’il s’agit là de nos plus chers intérêts. Car, pour peu que nous lisions ces Lettres, avec calme et attention, nous y découvrirons les monstres affreux qui dévorent toutes nos sociétés modernes ; et qui se glissent, non sans alarmer tous ceux qu’anime la foi antique, dans tontes les parties de notre Patrie, jusqu'ici si heureuse, parce qu’elle a été préservée de ces terribles commotions qui ont désolé les vieux pays de l’Europe.
Le premier de ces monstres qui est signalé à notre attention, dans ces Lettres, par le Pape d'abord et ensuite par l’Evêque, c’est l’esprit d’impiété, autrement appelé le Philosophisme. Or, l’on est ravi d’entendre le Souverain Pontife nous dire que c’est sous la protection de la Très-Sainte Vierge, ce siège de la sagesse incarnée, qw'il a découvert ces monstres affreux, et qu’il va parler à ses frères, pour qu’en se préservant de leur funeste contagion, l’Eglise soit dans la paix et la prospérité. Espérons que ce rayon qui éc'airait alors le Père commun éclairera tous ses enfants, quand ils liront, avec foi, des paroles si pleines de vie et de vérité.
Ce qui est écrit, dans ces lettres, des horribles ravages causés par le monstre du Philosophisme, inspire d’abord à tous les lecteurs le desir bien naturel de connaître à fond toute l'histoire de l’incrédulité. C’est ce que Chacun peut facilement faire, en lisant les bons ouvrages qui nous racontent tant de faits lamentables, si propres à nous inspirer une vive horreur pour cet esprit irreligieux, qui est nécessairement un esprit révolutionnaire.
Ur fois bien instruits des terribles catastrophes que les impies et les hommes sans religion ont malheureusement fait subir à des pays autrefois si florissants, tous les citoyens respectables sentent vivement qu’il leur importe souverainement de connaître par quels moyens tant et de si grands malheurs ont pu arriver. Ils trouveront à satisfaire leur juste désir, en lisant ces Lettres qui leur apprendront que ce fut par les mauvais livres, les productions impies, et les discours contraires à la religion que tous ces maux se débordèrent dans le monde entier. Ils en concluront sans peine que toutes ces horreurs se renouvelleraient dans notre heureuse Patrie, s’il arrivait par malheur que l’on se livrât à de mauvaises lectures, on que lon prêtat l’oreille à tous ceux qui osent parler avec insolence contre la Religion et ses Ministres.
Ainsi la lecture assidue et réfléchie de ces Lettres doit avoir pour résultat de mettre tous les catholiques en garde contre tons les ennemis de leur foi. Or, ces ennemis dangereux sont, sans aucun doute, les romans immoraux, les livres impies, les mauvaises Bibles, les traités contre la foi, les gazettes contraires aux bons principes, les Instituts qui reçoivent de mauvais journaux et gardent, malgré les défenses de lEgiise, des livres irreligieux, les lectures publiques dans lesquelles des hommes sans principes attaquent la saine doctrine de l'Eglise. Il est facile de s’en convaincre, en lisant ces Lettres avec attention.
Si donc l’on s’accoutiime à regarder tous ces dangereux ennemis de la foi, comme des monstres horribles et des serpents venimeux, r’est-il pas évident alors que la foi pourri se conserver pure et vive dans nos bonnes familles qui, comme on le voit, sont d'autant plus heureuses et prospères que la Religion y est mieux observée. Il s’en suit donc que c’est dans l'intérêt de toutes ces familles que nous travaillons, en donnant cette édition de ces Lettres Pastorales. Aussi aimons-nous à croire qu’il n’y aura pas une seule de nos religieuses familles, à la campagne comme à la ville, qui ne se fasse un devoir de se procurer et de garder soigneusement un exemplaire de cette collection.
DE
MGR. L'EVEQUE DE MONTREAL, SUR L'ALLOCUTION PRONONCÉE PAR SA SAINTETÉ PIE IX,