MIRZA A SON AMI USBEK
A Erzeron.
Tu étois le seul qui pût me dédommager de l'absence de Rica y et ^1 n'y avoit que Rica qui pût me consoler de la tienne. Tu nous mani|aes, Usbek ; tu étois l'ame de notre société. Qu'il faut de violence pour rompre les engagements que le cœur et l'esprit ORt formés !
Nous disputons ici beaucoup : nos disputes roulent ordinairement sur la morale. Hier on mit en question si les hommes étoient heureux par les plaisirs et les satisfactions des sens, ou par la pratique de la vertu. Je t'ai souvent ouï dire que les hommes étoient nés pour être vertueux, et que la justice estime qualité qui leur est aussi propre que l'existence. Explique-mm, je te prie, ce que tu veux dire.
J'ai parlé à des moUaks, qui me désespèrent avec leurs passages de l'Alcoran; car je ne leur parle pas comme vrai croyant, mais comme hpmme, comme citoyen, comme père de famille. Adieu.
B'Ispahan, le dernier c^ laluoe de Sa{thar, i^li*
t9 LETTRES PERSANES.
» «^>>«^«>^«>^%'W«vy/«».«.«