‹ Lettres philosophiques. Éd. critique avec une introd. et un commentaireChapitre 105 sur 126 · Ibid., IV, III, 22 ;trad. Coste, t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid., IV, III, 22 ;trad. Coste, t. III, p

38. «... (superstitio) quœ vere nihil aliud quam Panicus terrorest... » (Bacon, De augmentis, II, 13 : rappelé et cité par Shaftesbury, Misccllaneous reflections, éd. 1757, t. III, p. 69). — Cf. Locke, IV, XIX, le chapitre de V Enthousiasme.

39. Burnet, Remarias upon an Essay . ..London, 1697, in-8. Henry Lee, Antiscepticisni,or notes ttpon each chapter of Locke's Essay... London, 1702,-in-fol. Cf. surtout Aff'/H. de Trévoux, sept. 1725,

et le P. Niceron, I, 40, rendant compte de l'ouvrage anonyme Anaccount ofMr. Locke' s Religion.

40. 'Bay]e(Dict. dit., art. Dicéarque, noteM) dcfcnd l'orthodoxie religieuse de Locke sur ce que la révélation ordonne seulement de croire à l'immortalité de l'âme, sans rien affirmer de sa substance. Par sa proposition, Locke n'a manqué qu'à 1' « orthodoxie philosophique ».

41. Edward Stillingfleet, évêque de Worcester, attaqua r£.y;fl/ de Locke incidemment dans un ouvrage contre les Sociniens et Antitriuitaires : A Discourse in vindicatiou 0/ ihe Doctrine oj theTrinity..., 1697, in-8. Une polémique s'ensuivit entrele philosophe et le prélat pendant les années 1697- 1699 • O" *^" trouvera la bibliographie dans le Catalogne du British Muséum (aux mots J. Locke et Edw. Stillingfleet).

42. Stillingfleet, dit Leclcrc, « n'était pas accoutumé à penser ni à écrire fort exactement, et c'était là le fort de M. Locke. Cependant cet excellent philosophe, quelque avantage qu'il eût dans cette dispute, et quelque sujet qu'il eût de se plaindre de M. St., qui l'avait attaqué injustement et sans connaissance de cause, n'a jamais abusé de sa supériorité, et a toujours relevé les fautes de son adversaire avec douceur et avec respect. Il est vrai qu'il fait voir qu'il n'entendait pas la matière, et qu'il s'exprimait avec peu d'exactitude..., mais il garde si bien le caractère ironique qui règne dans ses réponses, qu'il n'y a que ceux qui entendent le sujet dont il s'agit qui sentent ses railleries. » (Œuvr. div., 1732, I, lxxiii-lxxiv.)

43. Voyez dans le Traité de Métaph. (1754, ch. vi) la vraie pensée de Voltaire à cette époque: « Je n'assure point que j'aie des démonstrations contre la spiritualité et l'immortalité de l'âme, mais toutes les vraisemblances sont contre elles. »

44. C'est l'attitude de Collins qui disait : « La raison ne démontre ni l'immatérialité ni l'immortalité de l'âme ; mais l'une et l'autre se démontrent par l'Evangile. Je doute comme philosophe et je crois comme chrétien. » (Essai sur la tiature et la destination de Vdnie humaine, tr. fr., 1769, p. 16.) — Locke disait à Stillingfleet : « Encore qu'on ne puisse pas montrer que l'âme est immatérielle, cela ne diminue nullement l'évi-

SUR .\r. LOKE 185

dence de son immortalité, si Dieu l'a révélée, d (^= Rcpliq. à St., cité par Bayle, Dicf., art. Perrot d'ABLANCOURT, n. L.) Et dans son Essai (IV, m, 6 ; tr. Coste, t. III, p. 338) : « Toutes les grandes fins de la morale et de la religion sont établies sur d'assez bons fondements sans le secours des preuves de l'immatérialité de l'âme tirées de la philosophie... C'est pourquoi la nécessité de se déterminer pour ou contre l'immatérialité de l'âme n'est pas si grande que certaines gens trop passionnées pour leurs propres sentiments ont voulu le persuader. » — Descartes (DcJicace des Méditations) craignait déjà l'objection : « Quamvis nobis fidelibus animam humanam cum corpore non interire Deumque existere, fide credere sufficiat. » Mais à cette date l'objection venait des théologiens et empêchait la philosophie : Locke, Collins, Voltaire la retournent pour libérer la pensée philosophique.

45. La comparaison de l'horloge est diversement employée depuis Descartes (Méthode, V). On la retrouve chez Locke, II, I, 7 (t. I, p. 147) et dans Shaftesbury,éd. 1737, in-8, t.I, p. 295. Cf. aussi Fénelon, Ex. de Dieu, I, 3 ; Leibniz, Œuvres, éd. Charpentier, 1842, t. I, p. 474 et 479 ; Fontenellc, Pluralité des monde:,. Premier soir (éd. 1790, t. II, p. 19).

46. Dans cette discussion. Voltaire suit de près Locke {Essai, IV, 111,6) et surtout l'abrégé de la controverse avec Stillingfleet que Coste a mise en note à cet endroit (III, 323).

47. Stillingfleet dans Coste (Ibid.), mais aussi tous les Cartésiens.

48. Collins avait dit dans le même sens, sans ironie: « Or, n'ayant d'idée ni de la substance de la matière ni de la substance de l'esprit ou d'un être distinct de la matière, il ne peut pas comparer ce dont il n'a point d'idées, ni connaître conséquemment par intuition si la substance de l'une n'est pas la substance de l'autre. » (p Rêp. à Clarke, dans le Recueil de pièces de Desmaizeaux, 1720, p. 27.) — En France le P. BuflSier, Vérités premières, IV, i ; Duguet, Diss. théol. et dogni., 1727, contestaient la définition cartésienne de la matière et ne voyaient dans l'étendue qu'une de ses propriétés.

49. Locke, dans Coste, Ibid., p. 300 : « Vous ne sauriez concevoir comment une substance étendue et solidepourrait penser,..

l86 TREIZIÈME LETTRE

Mais pouvez-vous concevoir comment votre âme, ou aucune substance, pense ? ->

50. Coste, t. III, p. 525 : « Mais, ajoute-t-on, il n'y a pas moyen de concevoir comment la matière peut penser. J'en tombe d'accord, répond M. Locke, mais inférer de là que Dieu ne peut pas donner à la matière la faculté de penser, c'est dire que la toute puissance de Dieu est renfermée dans des bornes fort étroites par la raison que l'entendement de l'homme est lui-même fort borné. » (Cf. Es5ai,lW, m, 6:« Il se trouve aussitôt des gens prêts à limiter la puissance du Créateur... etc.) — Et Duguet (£)/55. thi'ol. et dogin., 1727), contre les spéculations de Descartes sur l'Eucharistie : « On pose pour fondement de ces recherches... l'idée naturelle qu'on a de l'étendue et de l'essence de la matière, sans se souvenir que nos idées naturelles ne nous I epréseutent pas tout ce qui est possible à Dieu... » (Cité par Bouillier, Phil. Cari., I, 447.)

51. C'est l'argumentation de Locke, dans Coste, t. III, p. 328. — Mais déjà Bayle, (art. Ch.\rron, n. O) : « Ils (leslibertins) voient que les fortes preuves que la nouvelle philosophie a données de l'immortalité de l'âme conduisent à l'un ou à l'autre de ces deux abimes, ou que l'âme des bètes est immortelle, ou que les bêtes sont des automates. » — Le problème de l'âme des bêtes, que Descartes avait posé de façon si éclatante, continue d'être discuté aux environs de 1730 : Essai philosophique sur Vdiiie deshi'tes, Amst., 1728, in-8 (d. Journal litt., 1 729, t. XIII, le p., p. 80-97 ; ^'^^- l'disonnà'., Oct.-Nov. 1728). Le F. Regnault, en 1735, dans la 2= éd. de ses Entretiens physiques d'Ariste et d'Eudoxe, ou Physique nouvelle en dialogues (paru en 1732), ajoute un entretien 5«r Vâme des hèles (d. Journal litt., 1753, t. XX, iep.,p. 167). Les poètes s'en mêlaient : Louis Racine pour l'automate, etMorfouace de Beaumont (Apologie des bêles, 1732) contre.

Page 1