ji, jo, ■jr'-K d'une autre — 64. ^4'-K mon ami
4 PREMIERE LI-TTRE
70 parmi les Ismaélites. Jésus voulut bien recevoir le Baptême de Jean, de même qu'il s'étoit soumis à la Circoncision'", mais, & la Circoncision, & le lavement d'eau doivent être tous deux abolis par le Baptême du Christ, ce Baptême de l'esprit, cette ablation de l'âme qui sauve les
7) hommes'8 ; aussi le précurseur Jean d'isoii, jevous baptise à la véntéavcc âe l'eau, maisunaulrcviendra après moiplns puissant que moi, & dont je ne suis pas digne de \ porte)- les sandales, [7] celui-là vous baptisera avec le feu & le Saint-Esprit^^ ; aussi le Grand Apôtre des Gentils Paul écrit aux Corin-
So thiens, le Christ ne m'a pas envoie pour baptiser, mais pour prêcher VÈuangile^° ; aussi ce même Paul ne baptisa jamais avec de l'eau que deux personnes, encore fut-ce malgré lui ; il circoncit son Disciple Thimotée 2', les autres Apôtres circoncisoient aussi tous ceux qui vou-
85 loient. Es-tu circoncis, ajouta-t-il ?» — Je lui répondis que je n'avois pas cet honneur. — « Eh bien, dit-il, l'Ami, tu es Chrétien sans être circoncis, & moi sans être baptisé. »
Voilà comme mon saint homme abusoit assez spé-
•90 cieusement de trois ou quatre passages de la Sainte Ecriture, qui sembloient | favoriser sa secte ; mais il oublioit [8] de la meilleure foi du monde une centaine de Passages qui l'écrasoient. Je me gardai bien de lui rien contester, il n'y a rien à gagner avec un Enthousiaste, il ne faut
95 point s'aviser de dire à un homme les défauts de sa Maitresse, ni à un Plaideur le foible de sa Cause, ni des raisons à un Illuminé ; ainsi je passai à d'autres questions. . — « A l'égard de la Communion, lui dis-je, comment en
71. S2-K il éxo'ix faute d'imhression et non concciion. 8s. i4'-t\ [vouloient] l'être, solécisme. — 86. ^S-K .inii (sans V). 91. ■] s -I\ omettent mais. — 95. 46-K [il ne faut] pas {sauf ji qui cjiiservc point). — ^f' point dire
usez-vous ? — Nous n'en usons poinl^^, dit-il. — Quoi !
I oo point de Communion ? — Non, point d'autre que celle des coeurs^'. y> Alors il me cita encore les Ecritures. Il me fit un fort beau sermon contre la Communion, & me parla d'un ton d'inspiré pour me prouver que tous les Sacrements étoient | tous d'invention [9]
105 humaine24, et que le mot de Sacrement ne se trouvoit pas une seule fois dans l'Evangile^». — « Pardonne, ditil, à mon ignorance, je ne t'ai pas aportc la centième partie des preuves de ma Religion, mais tu peux les voir dans l'exposition de notre Foi par Robert Barclay :
iio c'est un des meilleurs livres qui soit jamais sorti de la main des hommes. Nos ennemis conviennent qu'il est très-dangereux^ô, cela prouve combien il est raisonnable. » Je lui promis de lire ce livre, & mon Quaker me crut déjà converti.
1 1 5 Ensuite il me rendit raison en peu de mots de quelques singularités qui exposent cette secte au mépris des autres^:. « Avoue, dit-il, que tu as eu bien de la peine à t'empécher de rire, | quand j'ai répondu à toutes tes civi- [10] lités avec mon chapeau sur ma tête & en te tutoïant ;
120 cependant tu me parois trop instruit pour ignorer que du tems du Christ aucune Nation ne tomboit dans le ridi-
l ' cule de substituer le plurie^ au singulières. Qn disoit à
/ César Auguste, je t'aime, je te prie, je te remercie, il ne
soufÎToit pas même qu'on rappela[t] Monsieur, Domi-
125 nus^9. Ce ne fut que très-long-tems après lui que les
104. }4'-K omet fait tons devant [les sacrements]. Ce mot fait d'aiUeurs dans J4 double emploi avec tous qui suit étoient. — iio. Toutes les éd. donnent soit aii singulier. C'est l'usage constant de Voltaire. Cf. ht. XI,
11"]. ^é-A'bien eu (saujji qui conserve la hçcn J riniitne'). — 119. ?4^-A' [sur] la [tête]
121. }6, 70, 7J de [Christ] — 122. yo-K le pluriel — 125. )9*K suppriment très.
hommes s'avisèrent de se faire apeller vous au lieu de tu, comme s'ils étoient doubles^*», & d'usurper les titres impertinens de Grandeur, d'Eminence, de Sainteté", que des vers de terre donnent à d'autres vers de terre, en
1 50 les assurant qu'ils sont avec un profond respect & une
fausseté infâme, leurs très-humbles | & très-obéïssans [11] serviteurs'^. C'est pour être plus sur nos gardes contre cet indigne commerce de mensonges & de flateries" que nous tutoïons également les Rois & les Savetiers34, que
155 nous ne saluons personne, n'aïant pour les hommes que de la charité, & du respect que pour les Loix.
Nous portons aussi un habit un peu différent des autres hommes, afin que ce soit pour nous un avertissement continuel de ne leur pas ressembler. Les autres
1)0 portent les marques de leurs dignités, & nous celles de l'humilité chrétienne ; nous fuïons les assemblées de plaisir, les spectacles, le jeu; car nous serions bien à plaindre de remplir de ces bagatelles des cœurs en qui Dieu doit habiter3î; nous ne faisons ja|mais de ser- [12]
14) mens, pas même en justice'^, nous pensons que le nom du Très-Haut ne doit point être prostitué dans les débats misérables des hommes37. Lorsqu'il faut que nous comparoissions devant les Magistrats pour les affaires des autres (car nous n'avons jamais de procès) nous affir-
1 50 mons la vérité par un oui ou par un non, & les Juges nous en croient sur notre simple parole'^, tandis que tant de Chrétiens se parjurent sur l'Evangile'?. Nous n'allons jamais à la guerrc^o, ce n'est pas que nous craignions la mort, au contraire nous bénissons le moment qui nous
128. }p*-K ajoutent de Divinité même. — ijo. 46-K [et] avec [uuc...]