‹ Lettres philosophiques:Chapitre 55 sur 108 · CINQUIÈME LETTRE ^^ ,.J^% M · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LETTRE ^^ ,.J^% M

Sur la Religion Anglicane ' . ^^ . l^û

C'est ici 2 le pais des Sectes. Un Anglais comme homme libre, va au Ciel parle chemin qui lui plaît 3. 5 Cependant quoi-que chacun puisse ici servir Dieu à sa mode, leur véritable Religion, celle où l'on fait fortune, est la Secte des Episcopaux, apellée l'Eglise Anglicane, ou l'Eglise par excellence. On ne peut avoir d'emploi i^i/ ^-^lA-' f en Angleterre, ni en Irlande, sans être du nombre des f ca^^^^

lo fidèles Anglicans 4 ; cette raison qui est une excellente preuve, a converti tant de Non-conformistes, qu'aujourd'hui il n'y a pas la vingtième partie de la Nation qui soit hors du giron de l'Eglise dominante.

Le Clergé Anglican a retenu beaucoup des cérémonies s

15 Catholiques, & sur tout celle de recevoir les dixmes ^ avec une attention très-scrupuleuse. Ils ont aussi la pieuse ambition 7 d'être les Maîtres. \ L

De plus, ils fomentent autant qu'ils peuvent dans leurs Ouailles un saint zèle contre les Non-conformistes *.

20 Ce zèle étoit assez vif sous le gouvernement des Toris dans les dernières années de la Reine Anne ; mais il ne s'étendoit pas plus loin qu'à casser quelquefois les vitres?

Ligne 2. ^94-7; De [la rel.] K Anglicans. De [la rel.] (J)ict. PhiL). K L'Angleterre est fie pays] — 3. ^^'-K [Sectes] Multae sunt mansiones in domo patris mei {Jean, XVI, 2.) — 4. 46-/$^ [comme] un [homme] (/i seul lonserve le texte primitif.) — 46-K <\\x'\\ lui plaît.

14. K de [cérémonies] — 17. jÇf^-K [Maîtres] ; car quel Vicaire de village ne voudroit pas être Pape ?

5Sfr

O.liîc.

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des Chapelles Hé | reliques, car la ra^^e des Sectes a fini [46] en Angleterre avec les guerres civiles, & ce n'étoit plus 25 sous la Reine Anne que les bruits sourds d'une mer encore agitée long-temps après la tempête ; quand les Wigs & les Toris déchirèrent leur pais comme'" autrefois les Guelphes les Gibelins, il fallut bien que la Religion entrât dans partis. Les Toris étoient pour l'Episcopat, les Wigs le vouloient abolir ", mais ils se sont contentés de l'abaisser quand ils ont été les Maîtres.

\L\ [y^ Du tems que le Comte Harley d'Oxford, & Milord

/fMï\A< Bdingbroock, faisoientboirelasanté desJ[oris'S l'Eglise A- 4(1^ 'A-nglicane les regardoit comme les défenseurs de ses saints j /)^ 35 Privilèges. L'assemblée du bas Clergé, qui est une espèce

de Chambre I des Communes' î composée d^Ecclésiastiques, [47 d^ avoit alors quelque crédit, elle jouissoit au moins de la / ■ /tlw/^^^^^^^^^ ^^ s'assembler, de raisonner de controverse, & de ^^f I faire brûler de tems en tems quelques livres impies '4, c'est-à-dire écrits contr'elle 's. Le ministère qui est Wig aujourd'hui, ne permet pas seulement à ces Messieurs de tenir leur assemblée "^, ils (se) sont réduits dans l'obscurité de leur Paroisse au triste emploi de prier Dieu pour le Gouvernement qu'ils ne seroient pas fâchés de troubler. p

45 Quant aux Evéques qui sont vingt-six en tout, ils ont séance dans la Chambre-Haute '7 en dépit des Wigs, parce que le vieil abus de les regarder comme Barons subsiste encore ; mais ils n'ont pas plus de pouvoir dans la I Chambre '^ que les Ducs &: Pairs '? dans le Parlement [48]

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