‹ Lettres philosophiques:Chapitre 94 sur 108 · K le mieux · texte numérisé non relu

K le mieux

21. A-K [enfin] c'est [un sage] Toutes Us éd. sauf G un usage (m>nsens). — 2^. A-K ottuttent vous. — 25. K omet Mr. ici et dans tout h morceau. — 27. A-K qu'il [eut tort] — A-K Sorbone ; je parle. . . — 29. A-K omettent et.

35. A-K omettent pure. — 37. A, E [philosophie], humainement parlant, [il] B, C, D, F, G [philosophie] : humainement parlant, [il] H, K [philosophie]. Humainement parlant, [il] — 39. A-K omettent un.

nonce sans l'entendre 2; nous n'entendons que les choses dont nous avons une idée : nous n'avons point d'idée d'ame, d'esprit ; donc nous ne l'entendons pas.

2° Il nous a donc plu d'appeler ame cette faculté de penser et de sentir, comme nous appelons vue la faculté de voir j volonté [la] faculté de vouloir, etc.

Des raisonneurs sont venus ensuite, qui ont dit :

« L'homme est composé de matière et d'esprit : la matière est étendue et divisible, l'esprit n'est ni étendu ni divisible ; donc il est, disent-ils, d'une autre nature ; donc c'est un assemblage d'Etres qui ne sont point faits l'un pour l'autre, et que Dieu unit malgré leur nature. Nous voyons peu le corps, nous ne voyons point Tame ; elle n'a point de parties. Donc elle est éternelle ; elle a des idées pures et spirituelles ; donc elle ne les reçoit point de la matière : elle ne les reçoit point non plus d'elle-même ; donc Dieu [les] lui donne ; donc elle apporte en naissant les idées de Dieu, de l'infini, et (de) toutes les idées générales. »

Toujours humainement parlant, je réponds à ces Mrs qu'ils sont bien sçavans. Ils supposent d'abord qu'il y a une ame, et puis ils nous disent ce que ce doit être; ils prononcent le nom de matière, et décident ensuite nettement ce qu'elle est. Et moi je leur dis : Vous ne connoissez ni l'esprit ni la matière ; par l'esprit, vous ne pouvez vous imaginer que la faculté de penser ; par la matière, vous ne pouvez entendre qu'un certain assem-

42. A-K point — 4^.A-C omettent timc. — 44. A-D,F-K [appelions] vie la faculté de vivre E a estropié ce passage — A-K et [volonté...] — A-K omettent etc. — 46. A-K et [ontdit] — '^o. A-K omettent donc devant c'est.

56. Le ms. omet les qui est donné par les éd. — 57. Ce de fautif est dans lents, et dans toutesleséd., satifK. — 60-61. yi-Ji!' [Ils] nous disent [d'abord... et puis] ce que ce doit être.

65. A-K mettent vous devant imaginer. — Le ms. donne pour matière. Je corrige d'après les éditions.

Lett.phil. I. 13

19} TRHIZIÉME LKTTRE

bla^c de qu.ililcs, de couleurs, détendue, de solidité ; cl il vous a plu d'appeler cela matière, et vous avez assigné les liniiies de la matière et de l'ame avant d'être sur ;>)

70 seulement de l'existence de Tune et de Tautre. Quand i la matière vous enseignez gravement qu'il n'y a en elle que de l'étendue et de la solidité, et moi je vous dirai modestement qu'elle est capable de mille propriétés que vous ni moi ne connoissons pas. Vous dites que l'amc

75 est indivisible, éternelle, et vous supposez ce qui est en question.

Vous êtes à peu près comme un Régent de collège, qui, n'ayant vu d'horloge de savie,auroit tout d'un coup entre ses mains une montre d'Angleterre à répétition. Cet

80 homme, bon péripatéticien,est frappé de la justesse avec laquelle les éguillcs divisent et marquent le tems, et encore plus étonné de voir qu'un bouton pressé par le doigt, sonne précisément l'heure que l'éguille montre. Mon philosophe ne manque pas de trouver qu'il v a

85 dans cette machine une ame qui la gouverne et qui en meut les ressors, il démontre sçavamment son opinion par la comparaison des anges qui font aller les Sphères célestes, et il fait soutenir dans sa classe de belles thèses sur l'ame des montres. Un de ses écoliers ouvre la

90 montre : on n'y voit que des ressors, et cependant on soutient toujours le sistème de l'ame, qui passe pour démontré. Je suis cet écolier : ouvrons la montre qu'on appelle homme, et au lieu de définir hardiment ce que

72. A-K onettent de devant les d^ux substantifs. — 74. A-K ni vous ni [moi] — ~') E omet et.

81. A-K les [temps] — 82. A-K otmttent de voir. — A-K poussé — 85. A-K [l'éguille] marque — 84. A-K prouver — 86. ^-i^ [qui en] mène.

91. A-K [de l'âme] des montres — 92. A-K [écolier] ouvrant [la montre.., et] qui [au lieu... nous] n'entendons point, tâche [d'examiner]

nous ne connoissons pas, tâchons d'examiner par degrés 95 ce que nous voulons connoître.

Prenons un Enfant à l'instant de sa naissance, et suivons pas à pas le progrès de son entendement. Vous me faites l'honneur de m'apprendre que Dieu a pris la peine de créer une anie pour aller loger dans ce corps. 100 Lorsqu'ily a environ six semaines, cette ame est arrivée, la voilà pourvue d'idées métaphisiques,connoissant Dieu, l'esprit, les idées abstraites, l'infini fort clairement, étant en un mot une très-sçavante personne. Mais malheureusement elle sort de l'utérus avec une ignorance crasse; elle

105 passe 18 mois à ne connoître que le teton de sa nourrice, et lorsqu'à l'âge de 20 ans on veut faire ressouvenir cette ame de toutes les idées scientifiques, qu'elle avoit quand elle fut unie à son corps, elle est souvent si bouchée qu'elle n'en peut recevoir aucune. Il y a des

iio peuples entiers qui n'ont jamais eu une seule de ces idées: en véritéà quoi pensoit l'ame de Descartes et celle de Malbranche, quand elles imaginoient de pareilles rêveries?

Suivons donc l'histoire du petit enfant, sans nous arrêter aux imaginations des philosophes. Le jour que sa

115 mère est acouchée de lui et de son ame, il est né aussi un chien dans la maison, un chat et un serin. Au bout de trois mois j'aprens un menuet au serin, au bout d'un an et demi je fais du chien un excellent chasseur, le chat au bout de six semaines fait déjà tous ses tours, et l'en-

99-102. A-K [corps], lorsqu'il a [environ six semaines]; que [cette âme], à son arrivée, est [pourvue] dos [idées. . . ; connaissant] donc [l'esprit] 105. A-K a passé — 108. A-K s'est [unie| — 109. A-K concevoir III. A-K [et] de [Mallebranche, quand elle imagina de telles... — 113. A-K l'idée [du petit] — 115. A-K omettent aussi. — 116. iv dans la maison un chien — A-H [et un serin]. Au bout de 18 mois, [je fais du chien...] Ka bien vu que la proposition relative au serin manquait, et supplée «/>»»; [excellent chasseur;] à un an le serin siffle un air; [le chat]

120 lant au bout de quatre ans ne fait rien du tout. Moi, homme grossier, témoin de cette prodigieuse différence, et qui n'ai jamais vu d'enfant, jecrois d'abord quelc chien, le chat et le serin sont des créatures très intelligentes, et que le petit enfant est un automate ; cependant petit à

12) petit je m'aperçois que cet enfant a aussi des idées, de la mémoire, qu'il a les mêmes passions que ces animaux, et alors j'avoue qu'il est aussi, comme eux, une créature raisonnable. Il me communique différentes idées par quelque paroles qu'il a apriscs, de môme que mon chien

130 par des cris diversifiés me fait exactement connoitre ses divers besoins. J'aperçois qu'à l'âge de 6 ou 7 ans l'enfant combine dans son petit cerveau presqu'autant d'idées que mon chien de chasse dans le sien. Enfin il atteint avec l'âge un nombre infini de connoissances. Alors que

155 dois-je penser de lui ? irai-je le croire d'une nature absolument différente ? non, sans doute ; car vous qui voiez d'un côté un imbécile, de l'autre Mr. Newton, vous prétendez qu'ils sont pourtant de même nature, je dois prétendre à plus forte raison que mon chien et mon enfant

140 sont au fond de même espèce, et qu'il n'y a de la différence que du plus ou du moins. Pour mieux m'assurer de la vrai-semblance de mon opinion probable, j'examine mon enfant et mon chien pendant leur veille et pendant leur sommeil. Je les fais seigner l'un et l'autre outre mesure,

143 alors leurs idées semblent s'écouler avec leur sang. Dans

Page 1