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grands ifitéréts et jusqu'à l'honneiir et la dignité àû la Couronne.
Faut-il en conclure que la Chambre des Députés est inhabile et incompétente pour exprimer les be^ soins matériels du pays?
Non, sans doute^ la députation représente les intérêts de Tindustrie privée, c'est-à-dire les détails du travail national^ de même que la pairie, depuis la loi de 4854, représente les intérêt^ de Tadmi-* nistration, ^c'est-à-dire Tensemble de ce même tra* vail national. C'est, de part et d'autre, un titre légitime à une sorte de compétence spéciale sur l'objet particulier que chaque assemblée est censée mieux connaître. Mais il est des points cependant où la compétence est en sens inverse de l'affinité des in« téréto. Ainsi la pairie, par cela seul qu'elle est com« posée en majorité des hauts fonctionnaires de l'État et qu'elle émane du plus haut de tous, du Roi, la pairie n'est pas compétente qvand il s'agit de réN damœ en faveur des employés inférieurs de l'ad* ministration un degré d'indépendance convenable. De même la Chambre des Députés, dont chaque membre, produit de l'élection, représente un des intérêts de l'industrie, est incompétente quand il s'agit d'introduire de l'ordre entre ces intérêts divisés.
En matière d'ordre industriel, les Doutés ne jouissent pas de l'entière disposition de leur jugement. 11 y a parmi eux sans doute quelques hommes émiuens, que l'autorité du caractère ou du
U^\ ^U^O 4Q-d6«fRi8 des iofliieiicM éleoffmlea, mais c'est le petit nombre, l'exception, ta plaput 9ont WQUves de cette popularité d'arrondi^aerneot tpii seple Assure lei réélection^. Il leur Uxkt bon gré mal gré se faire les champipiis dei doctrines éoimo* miquei? le* plP9 Arriérées, rester fwvrdfl k la voix do U patriQi et sacrifier son ciilte snr l'autel d« dieux lorep. Hepreiut enoore ceux qui» se pasûonnaut de bonne ùâ pour les mauvaises causes dont ib sout les plaideurs obligés, pwdent jusqu'il fleptimeut de leur 8ervitu4e et jusqu'aux lumiàra
de 1« raiion d'Ét«it.
Li rmon d'État , Mosm/mr, voilà le point de vos fuqnel il iaut désormais se placer dans les lois de commeree , de finances et d'industrie , si l'on veat airriver à quelque ohose de puissent çt de fiécond; et «ette obligation devient d'autant plus pressante dans Ja question des suoiee, que la discussion qui vient d'avoir lieu a dénalçré son caraetène et sa portée, ^ que le luen public, l'intérêt natbnal ont dispan sous un déloge de cbifilres et d'affirmations très équivoques.
Bemarquei, an outre, que la manière de pr<M^ der du palais Boyrbon a un grave inconvénient. Si la ^mière assemblée à laquelle le gouv^memwt soumet un projet de loi se inroit le droit de le met^ tre de e<^té et de statut sur la matière par un projet nouveau , ce n'est plus le pouvoir exécutif, c'est cette Cbambre qui a l'initiative et la direction da gouvernement , et l'autr» assemblée , ne pouvant
même plus émettre son opinion sur les propositions de la Couronne^ manqueévidemment de liberté dans le débat ; la constitution est faussée dans son esprit et le pouvoir exécutif est dépouillé de sa garantie la plus précieuse^ puisque des deux assemblées que la Charte lui a données pour conseil, il en est une dont il ne peut plus revendiquer les lumières ni le concours.
S'il s'agissait d'un objet secondairci cette observation serait sans importance ; mais elle acquiert beaucoup de gravité quand il s'agit d'une mesure intéressant à la fois l'agriculture^ le commerce exté» rieur, la marine, le trésor et les colonies.
Le devoir de la pairie est donc de s'opposer à cette tendance funeste , au nom de sa propre dignité , pour l'honneur de la Couronne et dans l'intérêt bien compris du pays. Elle a droit de s'emparer du système du CabinetiCt de l'adopter en le complétant. Elle a droite dans le cas où elle accepterait la soin* tien de la Chambre des Députés , d'en corriger la rigueur par un amendement
U y a un an, Monsieur, au 4^ mai 4 842, le Roi, répondant aux félicitations du préfet de la Seine i lui disait : « L'accroissement du bien«être dans les j» classes ouvrières achèvera de paralyser les ma- 9 nœuvres des agitateurs , et fera de plus en plus » sentir aux populations que le bonheur publia 9 dépend de Tordre et de la paix. 9
Sa Majesté a tracé, dans ce peu de mots, tout revenir politique de la France.
Oniy Monsieur, le règne de la paix est fondé. La grande affaire des pouvoirs publics aujourd'hui , c'est d'introduire Tordre non plus dans les mes^ il y existe^ mais dans les ateliers. Les seules émeutes redoutables, ce sont les émeutes des monopoles, des industries, des classes privilégiées, contre les intentions patriotiques et populaires de la Couronne. Le Roi l'a dit : le but qu'il faut atteindre , c'est l'accroissement du bien-être des classes ouvrières ; les mesures les plus urgentes et les plus décisives auront désormais pour objet immédiat ce bien-être qui, des classes ouvrières, doit réagir sur la bourgeoisie , et devenir ainsi une cause d'aisance et de bénédictions pour tous.
De pareils sentimens n'ont pas besoin de com« mentaires. Il y a dans la parole royale un vœu dont la pairie surtout doit comprendre la portée et qu'U lui appartient de réaliser la première.
Aucun scrupule ne saurait l'arrêter. Elle a toutes les qualités nécessaires pour intervenir dans les lois d'industrie et d'économie publique. C'est précisément parce qu'elle n'a reçu de mandat d'aucune localité industrielle qu'elle peut se placer au point de vue de l'ensemble; c'est précisément parce qu'elle se recrute dans la haute administration, qu'elle peut mieux discerner en toutes choses la raison d'État ; c'est précisément parce que son droit émane de la royauté et non de la bourgeoisie qu'elle peut s'occuper plus librementdes classes populaires.
A M. CUMIN-GRIDAIME.