DIRECTION D'INTENTION. IOC
seul dessein de pécher; et que quiconque s'obstine à n'avoir point d'autre fin dans le mal que le mal même, nous rompons avec lui; cela est diabolique : voilà qui est sans exception d'âge, de sexe, de qualité. Mais quand on n'est pas dans cette malheureuse disposition, alors nous essayons de mettre en pratique notre méthode de diriger V intention , qui consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis. Ce n'est pas qu'autant qu'il est en notre pouvoir, nous ne détournions les hommes des choses défendues; mais, quand nous ne pouvons pas empêcher l'action, nous purifions au moins l'intention ; et ainsi nous corrigeons le vice du moyen par la pureté de la fin.
Voilà par où nos pères ont trouvé moyen de permettre les violences qu'on pratique en défendant son honneur; car il n'y a qu'à détourner son intention du désir de vengeance , qui est criminel , pour la porter au désir de défendre son honneur, qui est permis selon nos pères. Et c'est ainsi qu'ils accomplissent tous leurs devoirs envers Dieu et envers les hommes. Car ils contentent le monde en permettant les actions; et ils satisfont à l'Évangile en purifiant les intentions. Voilà ce que les anciens n'ont point connu, voilà ce qu'on doit à nos pères. Le comprenez-vous maintenant ? Fort bien , lui dis -je. Vous accordez aux hommes l'effet extérieur et matériel de l'action, et vous donnez à Dieu ce mouvement intérieur et spirituel de
l'intention; et, par cet équitable partage, vous alliez les lois humaines avec les divines. Mais, mon père, pour vous dire la vérité, je me défie un peu de vos promesses; et je doute que vos auteurs en disent autant que vous. Vous me faites tort, dit le père; je n'avance rien que je ne prouve, et par tant de passages, que leur nombre, leur autorité et leurs raisons vous rempliront d'admiration.
Car, pour vous faire voir l'alliance que nos pères ont faite des maximes de l'Évangile avec celles du monde, par cette direction d'intention, écoutez noire père l'eginaldus, in ptfàœi, Liv. xxi, n. 62, p. 260 : « Il est défendu aux particuliers de « se venger; car saint Paul dit, Rom. ch. 12 : Ne « rendez à personne le mal pour le mal ; et l'Eccl. « ch. 28 : Celui qui veut se venger attirera sur soi « la vengeance de Dieu , et ses péchés ne seront « point oubliés. Outre tout ce qui est dit dans « TEvangile , du pardon des offenses , comme a dans les chapitres 6 et 18 de saint Matthieu. » Certes, mon père, si après cela il dit autre chose que ce qui est dans l'Écriture , ce ne sera pas manque de la savoir. Que conclut-il donc enfin? Le voici, dit-il : « De toutes ces choses, il paroît « qu'un homme de guerre peut sur l'heure même « poursuivre celui qui l'a blessé ; non pas , à la « vérité, avec l'intention de rendre le mal pour « le mal , mais avec celle de conserver son nonce neur : Non ut malum pro malo reddat , sed ut « conservet honorem. »
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Voyez-vous comment ils ont soin de défendre d'avoir l'intention de rendre le mal pour le mal, parce que l'Écriture le condamne? Ils ne Font jamais souffert. Voyez Lessius, de Just. Livre it, c. 9, d. i 2, n. 79 : « Celui qui a reçu un soufflet «ne peut pas avoir l'intention de s'en venger; « mais il peut bien avoir celle d'éviter l'infamie, « et pour cela de repousser à linstant cette in- « jure, et même à coups d'épée : eliam cum gla- « dio. » Nous sommes si éloignés de souffrir qu'on ait le dessein de se venger de ses ennemis, que nos pères ne veulent pas seulement qu'on leur souhaite la mort par un mouvement de haine. Voyez notre père Escobar, tr. 5, ex. 5, n. i45 : «Si votre ennemi est disposé à vous «nuire, vous ne devez pas souhaiter sa mort « par un mouvement de haine, mais vous le pou- « vez bien faire pour éviter votre dommage. » Car cela^est tellement légitime avec cette intention, que notre grand Hurtado de Mendosa dit : « Qu'on peut prier Dieu de faire promptement « mourir ceux qui se disposent à nous persécu- « ter, si on ne le peut éviter autrement.» C'est au Livre de Spe, vol. 1 , d. i5 , sect. 4, §• 48.
Mon révérend père, lui dis-je, l'Église a bien oublié de mettre une oraison à cette intention dans ses prières. On n'y a pas mis, me dit -il, tout ce qu'on peut demander à Dieu. Outre que cela ne se pouvoit pas; car cette opinion-là est plus nouvelle que le bréviaire : vous n'êtes pas bon chronologiste. Mais, sans sortir de ce sujet,
écoutez encore ce passage de notre père Gaspar Hurtado, de Sub. pecc. diff. 9, cité par Diana, p. 5, tr. 14, r. 99; c'est l'un des vingt -quatre pères d'Escobar. « Un bénéficier peut, sans au- « cun péché mortel, désirer la mort de celui qui a a une pension sur son bénéfice ; et un fils celle « de son père, et se réjouir quand elle arrive, « pourvu que ce ne soit que pour le bien qui « lui en revient , et non pas par une haine perce sonnelle. »
O mon père! lui dis-je, voilà un beau fruit de la direction d'intention ! Je vois bien qu'elle est de grande étendue : mais néanmoins il y a de certains cas dont la résolution seroit encore difficile, quoique fort nécessaire pour les gentilshommes. Proposez - les pour voir , dit le père. Montrez-moi, lui dis-je, avec toute cette direction d'intention, qu'il soit permis de se battre en duel. Notre grand Hurtado de Mendoza, dit le père, vous y satisfera sur l'heure, dans ce passage que Diana rapporte, page 5, tr. 14, r. 99. « Si un gentilhomme qui est appelé en duel est « connu pour n'être pas dévot, et que les péchés <c qu'on lui voit commettre à toute heure sans « scrupule fassent aisément juger que, s'il re- « fuse le duel , ce n'est pas par la crainte de a Dieu, mais par timidité; et qu'ainsi on dise « de lui que c'est une poule et non pas un « homme, gallina et non vir ; il peut, pour con- « server son honneur, se trouver au lieu assigné, « non pas véritablement avec l'intention ex-
« presse Je se battre en duel ; mais seulement « avec celle de se défendre, si celui qui l'a apte pelé l'y vient attaquer injustement. Et son ac- « tion sera toute indifférente d'elle-même. Car « quel mal y a-t-il d'aller dans un champ, de s'y « promener en attendant un homme, et de se a défendre si on l'y vient attaquer? Et ainsi il ne « pèche en aucune manière , puisque ce n'est « point du tout accepter un duel, ayant l'intena tion dirigée à d'autres circonstances. Car l'ac- « ceptation du duel consiste en 1 intention exce presse de se battre, laquelle celui-ci n'a pas. »
Vous ne m'avez pas tenu parole , mon père. Ce n'est pas là proprement permettre le duel ; au contraire, il le croit tellement défendu, que, pour le rendre permis , il évite de dire que c'en soit un. Ho ! ho ! dit le père, vous commencez à pénétrer ; j'en suis ravi. Je pourrois dire néanmoins qu'il permet en cela tout ce que demandent ceux qui se battent en duel. Mais, puisqu'il faut vous répondre juste, notre père Layman le fera pour moi , en permettant le duel en mots propres , pourvu qu'on dirige son intention à l'accepter seulement pour conserver son honneur ou sa fortune. C'est au Livre m, page 3 , c. 3 , n. 2 et 3 ; « Si un soldat à l'armée , ou un gentil- « homme à la cour, se trouve en état de perdre « son honneur ou sa fortune , s'il n'accepte un « duel, je ne vois pas que l'on puisse condamner « celui qui le reçoit pour se défendre. » Petrus Hurtado dit la même chose , au rapport de notre
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célèbre Escobar , au Tr. r , ex. 7 , n. 96 et 98 , il ajoute ces paroles de Hurtado : « Qu'on peut se « battre en duel pour défendre même son bien , « s'il n'y a que ce moyen de le conserver ; parce « que chacun a le droit de défendre son bien , « et même par la mort de ses ennemis. » J'admirai sur ces passages de voir que la piété du roi emploie sa puissance à défendre et à abolir le duel dans ses états , et que la piété des jésuites occupe leur subtilité à le permettre et à l'autoriser dans l'Eglise. Mais le bon père étoit si en train , qu'on lui eût fait tort de l'arrêter, de sorte qu'il poursuivit ainsi : Enfin, dit -il, Sanchez (voyez un peu quels gens je vous cite!) passe outre; car il permet non-seulement de recevoir, mais encore d'offrir le duel, en dirigeant bien son intention. Et notre Escobar le suit en cela, au même lieu, n. 97. Mon père, lui dis-je, je le quitte, si cela est; mais je ne croirai jamais qu'il l'ait écrit , si je ne le vois. Lisez-le donc vous-même, me dit-il ; et je lus en effet ces mots dans la théologie morale de Sanchez, Liv. 11, ch. 39, 11. 7 : « Il est bien raisonnable de dire « qu'un homme peut se battre en duel pour sau- « ver sa vie, son honneur, ou son bien en une « quantité considérable , lorsqu'il est constant « qu'on les lui veut ravir injustement par des « procès et des chicaneries, et qu'il n'y a que ce « seul moyen de les conserver. Et Navarrus dit « fort bien qu'en cette occasion il est permis « d'accepter et d'offrir le duel : Licet acceptare
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« et qfferre duellum. Et aussi qu'on peut tuer en a cachette son ennemi. Et même, en ces reno contres-là, on ne doit point user de la voie du « duel, si on peut tuer en cachette son homme, « et sortir par là d'affaire : car, par ce moyen , on «évitera tout ensemble, et d'exposer sa vie en « un combat, et de participer au péché que notre « ennemi commettroit par un duel. »
Voilà, mon père, lui dis -je, un pieux guetapens : mais, quoique pieux, il demeure toujours guet-apens, puisqu'il est permis de tuer son ennemi en trahison. Vous ai -je dit, répliqua le père, qu'on peut tuer en trahison? Dieu m'en garde! Je vous dis qu'on peut tuer en cachette, et de là vous concluez qu'on peut tuer en trahison, comme si c'étoit la même chose. Apprenez d'Escobar, tr. 6, ex. 4, n- 26, ce que c'est que tuer en trahison, et puis vous parlerez. « On « appelle tuer en trahison, quand on tue celui « qui ne s'en défie en aucune manière. Et c'est « pourquoi celui qui tue son ennemi n'est pas «dit le tuer en trahison, quoique ce soit par « derrière ou dans une embûche : licèt per insi- « dias , autà tergo percutiat. »Etaumême Traité, n. 56 : «Celui qui tue son ennemi avec lequel il « s'étoit réconcilié, sous promesse de ne plus « attenter à sa vie, n'est pas absolument dit le « tuer en trahison, à moins qu'il n'y eût entre « eux une amitié bien étroite : aj^ctior amicitia. »
Vous voyez par là que vous ne savez pas seulement ce que les termes signifient, et cepen-
dant vous parlez comme un docteur. J'avoue, lui dis-je, que cela m'est nouveau; et j'apprends de cette définition qu'on n'a peut-être jamais tué personne en trahison; car on ne s'avise guère d'assassiner que ses ennemis : mais, quoi qu'il en soit, on peut donc, selon San chez , tuer hardiment, je ne dis plus en trahison, mais seulement par derrière, ou dans une embûche, un calomniateur qui nous poursuit en justice? Oui, dit le père, mais en dirigeant bien l'intention; vous oubliez toujours le principal. Et c'est ce que Molina soutient aussi, tome IV, tr. 3, disp. ia. Et même, selon notre docte Reginaldus, Livre 21 , cap. 5, n. 57 : «On peut tuer aussi les faux té- « moins qu'il suscite contre nous.» Et enfin, selon nos grands et célèbres pères Tannerus et Emmanuel Sa, on peut de même tuer et les faux témoins et le juge, s'il est de leur intelligence. Voici ses mots , tr. 3 , disp. 4 > q. 8 , n. 83 : « Sotus, dit-il, et Lessius disent qu'il n'est pas « permis de tuer les faux témoins et le juge qui « conspirent à faire mourir un innocent ; mais v Emmanuel Sa et d autres auteurs ont raison « d'improuver ce sentiment -là, au moins pour « ce qui touche la conscience. » Et il confirme encore , au même lieu , qu'on peut tuer et témoins et juge.
Mon père, lui dis-je, j'entends maintenant assez bien votre principe de la direction d'intention; mais j en veux bien entendre aussi les conséquences, et tous les cas où cette méthode
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donne le pouvoir de tuer. Reprenons ceux que vous m'avez dits , de peur de méprise ; car l'équivoque seroit ici dangereuse. Il ne faut tuer que bien à propos, et sur bonne opinion probable. Vous m'avez donc assuré qu'en dirigeant bien son intention, on peut, selon vos pères, pour conserver son honneur, et même son bien., accepter un duel , l'offrir quelquefois , tuer en cachette un faux accusateur, et ses témoins avec lui, et encore le juge corrompu qui les favorise; et vous m'avez dit aussi que celui qui a reçu un soufflet peut , sans se venger, le réparer à coups d'épée. Mais, mon père, vous ne m'avez pas dit avec quelle mesure. On ne s'y peut guère tromper, dit le père; car on peut aller jusqu'à le tuer. C'est ce que prouve fort bien notre savant Henri quez, Livre 14, c. 10, n. 3 , et d'autres de nos pères rapportés par Escobar, tr. i, ex. 7, n. 48, en ces mots : « On peut tuer celui qui a donné « un soufflet, quoiqu'il s'enfuie, pourvu qu'on « évite de le faire par haine ou par vengeance , « et que par là on ne donne pas lieu à des meur- « très excessifs et nuisibles à l'état. Et la raison « en est, qu'on peut ainsi courir après son hon- « neur, comme après du bien dérobé; car encore « que votre honneur ne soit pas entre les mains « de votre ennemi, comme seroient des bardes a qu'il vous auroit volées , on peut néanmoins « le recouvrer en la même manière, en donnant « des marques de grandeur et d'autorité , et « s'acquérant par là l'estime des hommes. Et en
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« effet, n'est-il pas véritable que celui qui a reçu « un soufflet est réputé sans honneur, jusqu'à « ce qu il ait tué son ennemi?» Cela me parut si horrible, que j'eus peine à me retenir; mais, pour savoir le reste, je le laissai continuer ainsi : Et même, dit -il, on peut, pour prévenir un soufflet, tuer celui qui le veut donner, s'il n'y a que ce moyen de l'éviter. Cela est commun dans nos pères. Par exemple, Azor, Inst. mor. part. 3, Liv. n, p. io5 (c'est encore l'un des vingtquatre vieillards) : a Est -il permis à un homme « d'honneur de tuer celui qui lui veut donner « un soufflet , ou un coup de bâton ? Les uns « disent que non ; et leur raison est que la vie « du prochain est plus précieuse que notre hon- « neur : outre qu'il y a de la cruauté à tuer un « homme pour éviter seulement un soufflet. Mais « les autres disent que cela est permis; et cer- « tainement je le trouve probable, quand on ne « peut l'éviter autrement; car, sans cela, l'hon- « neur des innocents seroit sans cesse exposé à « la malice des insolents. » Notre grand Filiutius, de même, tome II, tr. 29, c. 3, n. 5o; et le père Héreau, in 2, 2, dans ses écrits de l'Homicide; Hurtado de Mendoza, disp. 170, sect. 16, §. 137; et Bécan , Som. t. I, q. 64 1 de Homicid.; et nos pères Flahaut et Lecourt , dans leurs écrits que l'Université, dans sa troisième requête, a rapportés tout au long pour les décrier, mais elle n'y a pas réussi ; et Escobar, au même lieu, n. 48, disent tous les mêmes choses. Enfin
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cela est si généralement soutenu, que Lessius le décide comme une chose qui n'est contestée d'aucun casuiste, Livre u, c. 9, n. 76; car il en rapporte un grand nombre qui sont de cette opinion, et aucun qui soit contraire; et même il allègue, n. 77, Pierre Navarre, qui, parlant généralement des affronts, dont il n'y en a point de plus sensible qu'un soufflet , déclare que , selon le consentement de tous les casuistes, ex sententiâ omnium licet contumeliosum occidere, si aliter ea injuria arceri nequit. En voulez -vous davantage ?
Je l'en remerciai, car je n'en avois que trop entendu; mais, pourvoir jusqu'où iroit une si damnable doctrine, je lui dis : Mais, mon père, ne sera- 1- il point permis de tuer pour un peu moins? Ne sauroit-on diriger son intention en sorte qu'on puisse tuer pour un démenti? Oui, dit le père, et selon notre père Baldelle, Liv. in, disp. 24, n. 24, rapporté par Escobar au même lieu, n. 49 > « H est permis de tuer celui qui vous « dit, Vous avez menti, si on ne peut le répri- « mer autrement. » Et on peut tuer de la même sorte pour des médisances, selon nos pères; car Lessius, que le père Héreau entre autres suit mot à mot, dit, au lieu déjà cité : «Si vous « tâchez de ruiner ma réputation par des ca- « lomnies devant les personnes d'honneur, et « que je ne puisse l'éviter autrement qu'en vous « tuant, le puis-je faire? Oui, selon des auteurs « modernes, et même encore que le crime que
« vous publiez soit véritable , si toutefois il est « secret, en sorte que vous ne puissiez le dé- « couvrir selon les voies de la justice; et en voici « la preuve. Si vous me voulez ravir l'honneur « en me donnant un soufflet, je puis l'empêcher « par la force des armes : donc la même défense « est permise quand vous me voulez faire la « même injure avec la langue. De plus, on peut « empêcher les affronts : donc on peut empêcher « les médisances. Enfin l'honneur est plus cher « que la vie. Or, on peut tuer pour défendre « sa vie : donc on peut tuer pour défendre son « honneur. »
Voilà des arguments en forme. Ce n'est pas là discourir, c'est prouver. Et enfin ce grand Lessius montre au même endroit, n. 78, qu'on peut tuer même pour un simple geste, ou un signe de mépris. On peut, dit-il, attaquer et « ôter Thonneur en plusieurs manières , dans « lesquelles la défense paroi t bien juste; comme « si on veut donner un coup de bâton , ou un « soufflet , ou si on veut nous faire affront par « des paroles ou par des signes : swe per signa. »
O mon père! lui dis-je, voilà tout ce qu'on peut souhaiter pour mettre l'honneur à couvert; mais la vie est bien exposée, si, pour de simples médisances , ou des gestes désobligeants , on peut tuer le monde en conscience. Gela est vrai, me dit-il; mais comme nos pères sont fort circonspects , ils ont trouvé à propos de défendre de mettre cette doctrine en usage en ces