LETTRE XLVII
PIBTRO B0R8IBRI.
Silvio Pellico a donné lui-même, sur Pietro Borsieri, des détails qu'on lira ici avec intérêt. C'est un fragment de lettre emprunté au livre de Giorgio Briano : De la vie et des ouvrages de Silvio Pellico.
« Quand je vins de France à Milan, à l'âge de vingt et
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t encore par un acle si)écial de la clémence de Frant çois I"". Borsieri et les autres reçurent leur grftce « de Ferdinand; mais on ne les laissa point en t Europe. Un bâtiment autrichien les porta en Amét rique. Après quelques mois de séjour aux Étatsc Unis^ Borsieri se rendit en France^ et se fixa à « Paris^ où il demeura jusqu'à Tépoque où le gouver- « nement autrichien permit à tous les exilés de cette t catégorie de retourner chez eux. Borsieri vécut f tranquille et honoré dans sa patrie^ et se tint éloi- « gné des passions politiques. Nos dernières révolut tions ne lui inspiraient point de confiance.
a II séjourna alors quelque temps à Turin^ mais les « choses ayant repris un cours pacifique il retourna « à Milan. Sa santé s'altéra au mois de juillet 1852. Il « passa à Belgirate, croyant y trouver un air meil- « ieur^ et il se proposait d'aller à la Spezzia; mais « surpris par un affaiblissement extraordinaire, il f mourut à Belgirate le 6 août de la même année. « C'était un homme d'une âme très-droite^ et plein « d'amour pour tout ce qui est beau^ pour tout ce qui « mérite le nom de vertu.
a Pourquoi avec des connaissances si étendues et un « talent si distingué^ n'a-t-il rien laissé de'remar- « quable en fait d'œuvres littéraires? Il était trop « mobile dans ses projets, se lassait des longs travaux^ « et trouvait plus de plaisir à lire^ à penser, à cau- « ser, qu'à se faire une renonunée d'écrivain. Dans « sa jeunesse^ il disait : c'est trop tôt; dans sa vieila lesse, il dit : il est trop tard.
« Quoique je sache qu'il faut se résigner à toutes
a les pertes, la mort de Borsieri m'a profondément « affligé. Ici, à Tarin, il était frais, animé et plein a de vivacité. Je n'aurais jamais cru que ce serait « moi, accablé de tant d'infirmités, qui aurais la doua leur de lui survivre. i>