CCXXVIII
A DAVID BERTOLOTTI
81 août 1844.
Très-cher ami.
L'aimable H. Velasco a apporté hier deux magnifiques exemplaires de ton poème, dont il a présenté Tun de ta part à M»< la marquise de Barolo, et Tautre à moi. M"* la marquise me charge de te remercier, et de t'adresser l'assurance de toute son estime. Elle se promet un plaisir signalé de la lecture qu'elle fera ces j ours-ci de ton œuvre. Il doit t'être facile de comprendre avec quelle reconnaissance j'ai reçu moi-même ton beau présent, et facile de t'imagincr avec quel charme je lirai une composition digne de ton âme, et dont je connaissais déjà tout le mérite d'après le manuscrit.. Vive notre David ! je t'ai toujours aimé et estimé, et je crois plus que jamais ([u'un poëme de tant de mérite ne peut (fue te faire grand honneur ; reçois donc les remerciements infinis et toutes les félicitations de ton ami bien alTectionné.
AU PROFESSEUR A. IGHINA.
5 septembre 1844.
Cher professeur,
M"*^ la marquise nous avait donné un sérieux motif d'inquiétude, ayant été prise un matin d'évanouissements réitérés pendant qu'elle était au Rifugio. On la ramena chez elle dans un état d'extrême faiblesse ; le
médecin lui tronra de la ûèvre et une certaine agitation nerveuse. Grâce au ciel^ les alaimes se sont bientôt dissipées : ce n'était rien de grave^ mais un peu d'épuisement provenant de l'excès de la fatigue et des occupations.
Cette excellente dame, ayant à surveiller tant d'oeuvres de charité et tant de personnes, ne sait pas se reposer, ne dort pas assez , se force outre mesure pour aller, venir, pourvoir, etc., et souvent elle n'en peut pli». Tous ses amis la conjurent de prendre plus de repos; mais elle se rit des sermons, et elle est incorrigible : les saints ont la tête dure. — Si, en se fatiguant de la sorte, elle ne se tue pas, c'est pure bonté de la divine Providence, qui daigne exaucer les prières sans nombre de tous ceux qui désirent conserver longtemps sur la terre cette grande bienfaitrice...
A PIETRO BORSIERI. A MILAN.
Turin, 25 octobre 1844. ■
Mon cher Borsieri,
J'ai eu de tes nouvelles par Porro ; mais tu es un méchant de ne pas m'avoir écrit aussi quelques lignes sur ton retour et sur la santé de Francesca. Coinment Tas-tu trouvée? et tes autres sœurs? comment va ton œil malade ? J'ai eu quelques jours de vive souifrance, œ qui a été cause que nous avons abandonné la Vigna, dès que j'ai été en étal de me mouvoir. J'ai encore delà peine à respirer; la nourriture me donne de
Toppression ; il me faut manger peu, et, me nourrissant peu, je m'affaiblis : cela passera.
J'apprends avec plaisir que Confalonieri va mieux et qu'il doit bientôt partir pour Naines. Je suis impatient de le voir se mettre en route avant que le froid ne devienne rigoureux.
Dis-hii mille choses affectueuses de ma part et présente mes respects à sa femme. Adieu. Baise pour moi la main de Francesca, qui est, je l'espère, en parfaite convalescence. Salue aussi en mon nom tes deux autres excellentes sœurs. Rappelle-moi a tous nos amis.
Je mets ici deux lignes pour notre cher StaurenghL Aime ton frère Silvio Pellico.
AU COMTE GIULIO PORRO
S norembre 1844.
Cher Giulio,
En voyant une lettre de toi, je m'attendais à y trouver l'heureuse nouvelle des couches. Ce sera donc d'ici à une semaine ou deux. Je ne regrette qu'une chose, c'est que, en attendant, le respectable office de mère soit si pénible a l'aimable Peppina. Dis-lui que je pris Dieu de tout cœur de lui alléger cette souffrance et de la délivrer bientôt avec toute consolation. Souviens-toi que tu dois sur-le-champ m'en écriiv deux mots.
J'ai examiné les deux inscriptions, et quoiqu'elles me paraissent bonnes Tune et l'autre, je préfère b
première. On pourrait ccmsarer la fin de la seconde. Je dirais comme il suit, en me pomettant de simplifier on tant soit peu.
Tu sais que dans les inscriptions on se borne à indiquer ou à laisser présumer les sentiments. Vouloir en dérdopper Tintensité avec des expressions recherchées, c'est s'exposer à produire reflet contraire, et, trop souvent, si je ne me trompe, les modernes auteurs d'inscription en langue italienne font elftNrt pour exprimer d'une manière ingénieuse les profondes impressions. Les grandes douleurs, comme on l'a foujours dit, sont peu loquaces^ ou ne peuvent l'être que dans une conversation intime, dans une correspondance privée, et non sur une fombe.
LK CENERl DEL HARITO <
LCIGI CONTE SOnURlVA
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all' amori dblla consorts rapito d'aniii....