‹ Lettres Slaves 18331857 Orient, Pologne, Russie Christien OstrowskiChapitre 56 sur 110 · A M. DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

A M. DE LAMENNAIS

mon pava; ce n’était qu’une de ces anrofcs mcnienses qui ' brillent sur le Nord trois mois avant le jour.

3. Bientôt celle aurore liàlive s’ételsnil dans le sang; et je reconnus avec horreur que ce .sang était le mien.

4. Je m’approchai ; je vis des hommes luttant dans l’ombre avec démence et se porLinl des coups terribles ; en vain je me demandai quel pouvait être l’objet de leur combat, mais ' bientôt je distinguai deux peuples ou plutôt deux armées : l’une avait une croix sur le cœur, l’autre avait une pièce d’or à l’eftigie de Satan.

5. Un aigle blanc luttait aussi dans les airs avec un vautour.

6. Et il SC trouva un homme qui leur dit : • Iti.sensés que TOUS êtes ! pourquoi donc vous frapper ainsi dans les ténèbres? attendez que le jour soit venu ; et alors vous vous reconnaîtrez pour frères, et alors vous vous repentirez du sang que vous avez déjà versé,

7. Et je m’aperçus que ces paroles étaient arrivées jusqu’à eux ; car la lutte cessa des deux côtés : et il se fit un grand silence, comme entre un éclair et le coup de lonnerie qui le suit.

8. J’avisai un soldat gisant sur le sol et gémissant à haute voix; une large blessure déchirait sa poitrine, et sa tête sanglante était enveloppée d’un drapeau l'ouge et blanc.

9. Je versai un peu de. vin pur sur ses lèvres ; je l’interrogeai, et il me répondit en ces mots :

10. 9 Ceux que lu vois mourants autour de moi sont les fils des premiers chrétiens ; ils en ont gardé l’austérité, l’esprit d’association et la soif du martyre.

11. » Leur nom de peuple est Siovo ou le Verbe, et ce nom leur fut donné par les apôtres.

12. » Ceux que tu vois du côté opposé sont les fils des bandits adorateurs de Tculatès; ils en ont gardé la soif de 1 or, l’a.stuce et les instincts sanguinaires.

13. P On les appelle le peuple muet; ce nom leur fut donné parmi les nations, car ils n’ont de parole que pour le mensonge, car leur maiu ne s’étend que pour le crime (1).

Page 1