‹ Lettres sur l'Ameique du NordChapitre 64 sur 75 · DES DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

DES DOMESTIQUES

Je parle ici des ouvriers et non des domestiques. Aux États* Unis, les domestiques valent presque partout moins que les ou« vrJers. Le service personnel y est considéré comme dégradant. Dans beaucoup d'États, les domestiques n'acceptent pas la qualification de serviteur, et prennent celle d'aide {lietp). C'est le cas dans la Nouvelle-Angleterre ; le domestique est alors wn employé qui travaille modérément, et qui, dans beaucoup de maisonsj prend ses repas avec la famille. Moyennant cette transaction, on peut trouver dans la Nouvelle-Angleterre des serviteur* natifs du pays , qui sont zélés et intelligents; ils tiennent à être respectés par leurs maîtres ; ils sont à cheval sur leurs droits ; mais pourvu que l'on observe fidèlement les conventions arrêtées avec eux, ils accomplissent honorablement leurs devoirs. Dans la plupart des États sans esclaves, la classe des domestiques est principalement formée de gens de couleur corrompus et paresseux, ou d'Irlandais nouveaux débarqués, gens fort maladroits , naturellement portés à une familiarité fatigan*e , et qui , dans l'enivrement de leur situation nouvelle . si différente de la misère qu'ils ont laissée derrière eux, se montrent beaucoup plu» exigeants que les domestiques nés dans le pays.

Page 1