DES OUVRIERS ANGLAIS BT AMÉRICAINS
L'ouvrier anglais est fort habile. Quoique , pour certaines branches de production, nous l'emportions sur l'An- {jleterre , il ne me paraît pas possible de contester qu'aujourd'hui l'ouvrier anglais soit le premier ouvrier de l'Europe. Pour des travaux spéciaux , il est supérieur à l'ouvrier américain ; il finira mieux telle ou telle portion de mécanisme, par exemple, telle ou telle division déterminée d'un objet quelconque ; mais hors de sa ligne bien spéciale , et séparé du gros outillage des fabriques anglaises, qui est excellent, il sera dérouté. L'ouvrier américain a une aptitude plus générale. Son cercle de travaux est beaucoup plus étendu , et il peut , h son gré , l'étendre indéfiniment. Il produit une quantité de besogne au moins égale à celle de l'Anglais , et lorsqu'il se voue pendant long-temps à la même œuvre , ce qui ne lui est pas habituel , il la produit aussi parfaite que qui que ce soit.
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DES LAFXIKS Dï FABEIQCE A REIMS.
Des évaluations tout-à-fait récentes portent à 3 millions les larcins de fabrique de Reims. Yoici ce qu'on lit à ce sujet dans le numéro du 16 septembre 1836 de V Industriel de la Champagne :
« L'attention publique est en ce moment \ivement préoccupée des toIs de fabrique, et, à vrai dire, ils ont pris depuis quelque temps une extension déplorable. Aux dernières assises , la cour avait à juger sept affaires dans lesquelles des ouvriers ou ouvrières étaient accusés de \o\ de laine au préjudice de leurs maîtres, et il ne se passe pas de mois sans que des procès de même nature soient jugés par le tribunal de police correctioni\elle ; quelquefois plusieurs sont portés devant le tribunal dans la même semaine, et la même audience en voit juger deux ou trois. Autrefois , un vol de laine était, pour les lionnê'es citoyens qui suivent avec assiduité les débats et les opérations des tribunaux, un accident inouï, presque aussi intéressant, et surtout aussi rare qu'un meurtre; ces sortes d'affaires avaient le privilège d'exciter puissamment la curiosité publique. Aujourd'hui elles sont devenues tellement fréquentes , qu'on ne leur accorde guère plus d'importance qu'aux jugements rendus contre les contrevenants aux règlements de police municipale.
» Le vol de laine s'est acclimaté en fabrique , il s'est attaché h elle , il fait corps, pour ainsi dire , avec elle.
» Noi\^ avons cherché à obtenir des reufeignements sur le chiffre des valeurs gaspillées par suite des vols de laine en fabrique, et nous devons avouer que nous n'avons rien appris de bien précis à cetégard. Les personnes auxquelles nous nous sommes adressé ont varié dans leurs évaluations , depuis 1 jusqu'à 4 millions. L'un de iUM. les commissaires
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de police do la \ille évalue la perte causée aux fabricants par les vols commis dans le pays de Reims h 3 millions de francs; et 11 estime que cette somme, réalisée par les liir' rons , ne leur vaut pas plus de 600,000 fr. Nous doutons même que cette dernière évaluation soit exacte. Quant à la première, elle nous a paru exagérée , jusqu'à ce que nous ayons fait le petit calcul suivant : etc. »
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DES DOSIESriQUES.
Je parle ici des ouvriers et non des domestiques. Aux États-Unis , les domestiques valent presque partout moins que les ouvriers. Le service personnel y est considéré comme dégradant. Bans beaucoup d'États , les domestiques n'acceptent pas la qualification de serviteur, et prennent celle d'aide [help). C'est le cas dans la Nouvelle-Angleterre ; le domestique est alors un employé qui travaille modérément , et qui , dans beaucoup de maisons , prend ses repas avec la famille. Moyennant cette transaction, on peut trouver dans la Nouvelle-Angleterre des serviteurs natifs du pays, qui sont zélés et intelligents; ils tiennent à être respectés parleurs maîtres; ils sont à cheval sur leurs droits : mais pourvu que l'on observe fidèlement les conventions arrêtées avec eux , ils accomplissent honorablement leurs devoirs. Dans la plupart des États sans esclaves , la classe des domestiques est principalement formée de gens de couleur corrompus et paresseux, ou d'Irlandais nouveaux débarqués , gens fort maladroits , naturellement portés à une familiarité fatigante, et qui, dans l'enivrement de leur situation nouvelle, si différente de la misère qu'ils ont laissée derrière eux, se montrent beaucoup plus exigeants que les domesticjues nés dans le pays.
FTN.