‹ Lettres sur l'Amerique du Nord (volume 4)Chapitre 42 sur 80 · DE L'IMAGINATION ANGLAISE · texte numérisé non relu

DE L'IMAGINATION ANGLAISE

Nous nous sommes persuadé que les Anglais n'avaient pas d'imagination , et c'est une grave erreur. L'Anglais n'en manque pas, mais il la garde pour lui. ]Ni son tempérament individuel ,

(*) MM. Reed et Malheson n'ont sans doute compté que les congrégations ayant des édifices du culte, ce qui explique la différence entre leur chiftre et le précédent. Us le portent ailleurs, dans un tableau incomplet, à i4,5n.

lu son éducation protestante, ni l'atmosphère brumeuse et ci fumée où il respire, ne le portent à l'expansion. Il vit en déclara, tandis que les peuples du Aiidi ont besoin de laisser leurs pensées et leurs impressions s'épanouir au-dehors. Si nous pouvions lire ce qui se passe dans la cervelle de l'Anglaislc plus troid elle plrs gourmé, nous serions stupéfaits des drames fantasques et bizarres qui se découvriraient à nous ; ce serait de l'Hofimann à vingtquatre carats. Toutes les folies de notre nature expansive et nor veuse ont leurs équivalents chez l'Anglais, maisil ne les laisse pas percer, il s'enrepaît lui même et les rumine. Ce sont ses fêtes et sa poésie à lui. Ce n'est point de l'art grec assurément, parce que les Anglais tiennent peu des Athéniens; c'est de Tari teulonique, qui a un caractère tout autre. M. Henri Heine, dans un ouvrage récent (de L'Allemagne), a spirituellement exposé en quoi consiste le goût uatif des populations germaniques, lorsqu'il n'est pas modifié par l'éducation hellénique, et en quoi il diffère du goût des nations méridionales.

Note 26 bis. (Page 197.)

DES VIRGINIENS DE LOtJEST,

Rlchmond'-j août 1835.

Pendant la session de la législation, Richmond est rempli de gentilshommes campagnards venus de la Virginie occidentale , vrais colosses plus grands, plus carrés, plus robustes que les géants que l'on montre pour de l'argent chez nous. Lorsque je" me vois entouré de ces personnages à la grosse voix , aux gestcs> herculéens, j'éprouve la même sensation que les compagnons de Magellan lorsqu'ils se trouvaient seuls au milieu d'un groupe de Patagons. Ces excellentes gens , dans leur naïf désir de vous témoigner leur amitié, vous prodiguent les mêmes lourdes caresses que les Espagnols prirent d'abord pour des coups ; et lorsque leur main pesante s'abat comme un marteau sur votre épauleeuropéenne, il ne faut rien moins que le franc sourire dont s'épanouit leur large visage pour vous rassurer sur la parfaite bien-

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