‹ Lettres sur l'Amerique du Nord (volume 4)Chapitre 44 sur 80 · VOYAGES LE DIMANCHE · texte numérisé non relu

VOYAGES LE DIMANCHE

La loi de plusieurs Etats défendait autrefois de voyager !e dimanche. Il était interdit de rien faire ce jour-là qui ne fût d'absolue nécessité (of necessity or mercy). Je crois qu'à cet égard la loi a été abrogée dans tous les Etats sans exception ; mais l'usage est resté dans plusieurs ; et pour un très grand nombre de personnes, voyager le dimanche est une contravention grave à la loi religieuse.

Dans quelques Etats de la Nouvelle-Angleterre, dans le Connecticut , par exemple , et même dans quelques uns des Etats du Centre, tels que le New-Jersey, on s'exposerait à être retenu par la population, si l'on voulait voyager le dimanche; partout la plupart des services de voitures publiques et de bateaux à vapeur sont interrompus. On ne circule pas le dimanche, même entre Philadelphie et New-York, ni entre Philadelphie et Baltimore.

Les voitures qui portent les dépêches partent le dimanche comme les autres jours. De nombreuses pétitions ont été adressées au Congrès à ce propos. Les pétitionnaires voulaient qu'il n'y eût pas de malles-postes le dimanche, et même que les bureaux des postes fussent fermés ce jour-là. Leurs pétitions furent l'objet de deux rapports, l'un dans le Sénat ( 1829 ), l'autre dans la Chambre des Représentants (i85o ) : l'un et l'autre furent présentés par le colonel R. M. Johnson ( de Kentucky), actuelle-

ment candidat du parti démocratique à la vice-pr<sidencc, qui, dans l'intervalle des deux sessions, e'tait devenu de sénateur représentant. Dansées deux pièces, les réclamations des pétitionnaires, et les tendances fanatiques dont elles étaient le produit, étaient repôussées avec beaucoup de vigueur et de franchise.

Cependant, si le langage du colonel Johnson me semble digne d'éloges , je dois dire que je ne puis m'empêcher de ressentir du respect pour les scrupules d'une partie de ceux qui réprouvent le fait de voyager le dimanche. Sur trois compagnies de chemins de fer qui aboutissent à Boston , il y en a deux qui se refusent à exploiter hur ligne le dimanche ; ce sont celles de Lowell et de Worcester. En recevant les voyageurs le dimanche, ces compagnies augmenteraient notablement leurs receltes, sans accroître leurs dépenses, à beaucoup près , dans la même proportion ; mais les principaux actionnaires qui administrent ces voies de communication renoncent volontiers à une partie de leurs bénéfices , plutôt que de sanctionner une habitude qu'ils croient funeste à la conservation du sentiment religieux et des bonnes mœurs. Un pareil sacrifice au bien public , chez des gens qui sont les premiers calculateurs du monde, mérite d'être signalé à l'admiration universelle. Il est possible, et je l'admets, que les capitalistes bostoniens se méprennent, et que ce qu'ils supposent être un désordre soit un fait fort innocent. Mais en quel pays de l'Europe voit-on, dans la sphère commerciale, liniérêt individuel s'imposer à lui-même une loi aussi sévère? Où allie-t on à un plus haut degré l'esprit mercantile et les sentiments de bons citoyens ?

Note 28. (Page 204.)

de l'agiotage a wew-ïork.

Dans son message annuel à la Législature , en date du 5 janvier i836 , le Gouvernement de l'Etat de New-York , après avoir exposé le mal que cause l'agiotage en enlevant à l'industrie les capitaux quelle réclame, s'exprime ainsi :

« C'est pour moi un devoir impérieux d'appeler votre attention

fc8 NOTES.

sur uue pratique qui , poussée au point qu'elle a récemment altc.ut, est devenue très pernicieuse au bien-être de l'Etat. Le trafic des actions , dès qu'il prend le caractère de la spéculation pure, est un jeu , et produit tous les désastres publics et privés qu'engendre la funeste passion du jeu. Si ce n'est pas précisément en soi chose neuve chez nous , il y a du moins quelque chose de neuf dans le degré d'extension que cet abus a acquis. D'immenses valeurs ont été vendues par des gens qui ne les avaient pas, et achetées par d'autres qui n'en attendaient pas la remise. Ces marchés à termes, où l'on paie les différences, ne sont qu'un pari sur le prix de telle ou telle valeur à un moment fixé. C'est pis que des paris ordinaires , parce que l'artifice et l'intrigue peuvent exercer une action sur le résultat décisif. Nos lois sont certainement peu favorables à ces transactions ; non seulement elles n'en reconnaissent pas la validité, mais encore elles statuent que le gagnant pourra être contraint à restitution envers e perdant, ou ses ayant-droit. Cependant ces marchés ne s'en consomment pas moins , et généralement ils sont exécutés avec fidélité. Le développement de ces tripotages et les conséquences fa taies qu'ils ont eues pour plusieurs de nos concitoyens en ont fait un fléau public et privé. Il me semble qu'il est de votre devoir d'en délivrer le pays. Je vous recommande de le frapper d'une vigoureuse interdiction légale, dune interdiction efficace par la pénalité qui y sera attachée. »

Quelque temps après le message du Gouverneur , un projet de bill fut présenté au Sénat de l'Etat, à l'effet de mettre à exécution la pensée du message. Voici quelles en étaient les principales dispositions :

« Tout pari ou marché à terme est prohibé. » Les ventes d'effets publics de toute nature , faites par les courtiers, ne seront valides qu'autant qu'elles seront faites avec publicité. Toutes les réunions des courtiers seront publiques. Il est expressément délendu aux courtiers d'avoir des réunions particulières.

» Toute personne qui vendra des effets publics on actions contrairement à la présente loi, el tout courtier qui assistera à uue

NOTES. 469 réunion non publique de courtiers, sera passible d'une amende de 5oo dollars au plus, el d'un emprisonnement dont le maximu m sera d'un an. »

Ce projet est d'une rigueur inadmissible ; je suppose qu'il a été repoussé.

Note 29. (Page 208.)

DU COMMERCE DE l'ÉGYPTE .

Voici, par exemple, comment le commerce de l'Egypte s'est réparti , en 1 83 1 , entre les diverses puissances européennes;

Exportation.

Turquie (Syrie comprise) 13,700, 663 fr.

Autriche 10,370,411

Angleterre 5,573,656 ]

IXIalte 1,182,646 \ 7,oi5,85i

Iles-Ioniennes 259,549 )

Toscane 4,798,119

France , /[Arôn^Sj

Divers 681,612

Total . . . 41>25i,443

Importation.

Total . . .

7,io5,8a5 fr.

4,5o6,5go

Note 3?.. (Page 2o3.)

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