‹ Lettres sur l'Angleterre: 2. sér (volume 2)Chapitre 34 sur 97 · H. RŒBCCK DANS LE ROLE DE CONFIDENT · texte numérisé non relu

H. RŒBCCK DANS LE ROLE DE CONFIDENT

Comme cela est chevaleresque! Hais si par hasard M. Rœbuck se trompait dans ses héroïques calculs ! Si pai' hasard lé Nord, ÏDjustement provoqué, puisait dans l'étendue même de ses périls un redoublement d' énerve et un accroissement de force ! Quoi \ L'image du Canada eavnhi n'a pas traversé les rêves d'or de M. Rœbuck t il De lui est pas venu à l'esprit que ces mots : ■ L'Angleterre aous attaque, > feraient tressaillir d'émotion belliqueuse et de fanatisme nalional tous les Irlandais qu'en Amérique la haine du nègre, qui leur est particulière, éloigne des combats! 11 n'a pas un seul instant songé au parti démocratique, dont l'opposition est, à rfaeurequ'ilest,une des causes de faiblesse du Mord, et qui, dans le cas d'une guerre avec l'Angleterre, ne ferait plus qu'uo avec le parti républicain ! Il a oublié que cette marine américaine, qu'il traite avec un si arrogant dédain, a infligé aux Anglais, toutes les fois qu'ils l'ont bravée, les pertes tes plus sensibles qu'ils aient jamais subies sur l'Océan! Et ii ignore qu'une rupture entre les deux contrées condamnerait le peuple anglais, qui souffre tant de l'absence du coton, à souffrir davantage encore de l'absence du blé !

Tout ceci, M. Rœbuck est incapable de le voir, aveuglé qu'il est par la passion; mais tout ceci, te gonvernemenl anglais, grâce h Dieu, le voit à merveille.

A des déclamations ampoulées , H. Gladstone a opposé des couàdéralions d'une haute sagesse, présentées dans le style calme et sobre de t'bomme d'État. Ni le gouvernement anglais ni l'Angleten-e ne sont disposés, en ce moment, à couiir tes aventures : voilà qui est bien certain. £t il est fortheuretis, pour le peuple anglais, que, refusant de tirer l'épée en faveur de la Pologne, il refuse aussi de la tirer en faveur des propriétaires d'esclaves. Si, ayant peur d'affronter la guerre pour une cause juste, il ne craignait pas de l'af-

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918 ' LETTRES SUR l'aNGLETERRE (ises)

froni«r poar une ciuse iojiiâ«, c'en serait fait de s

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Il doit être, je suppose, bien doux de s'endormir dans ce que Camille Desmoujins appelle < le lit plein de âonget 4€ la supersiilion », puisque, eu tout temps et en tout pays, le nombre est si grand de ceux qui s'y couchent.

En France, dans cette patrie de l'esprit, le dix-huilième siècle ne nous montre- t-il pas combien est considérable la place que l'histoire est forcée de donner à la folle du logis? S'il y eut jamais us «ède raisonneur , ce fut le dix-builiëme siècle. Quelle croyance, à part la croyance en Dieu, y échappa au terrible scalpel de Voltaire? Quels rudes coups tous les cultes, sauf celui de la raison pure, n'y reçurent-ils pas de la main des fameux convives du baron d'Holbach : Diderot, Boulanger, Uelvétius, Roux et tant d'autres? El pourtant on aurait de la peine à citer une q)oqu£ où la superslition ail exercé son empire d'uoe manière plus impérieuse et plus décisive. Oui, au moment même où loiis les écbos

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LAMOL'It DU MERVEILLEUX EH AKCLETERRE 810

de l'Europe allaient reieotir du formidable éclat de rire de Voltaire , le comte de Saiut - Germain venait dire : € J'aÎTécupInsieurs vies; je suis immortel; j'ai connu Jésus- Christ; François I" était fort de mes amis, ■ etc., etc. Et U acquit de la sorte, ce comte de Saiut-Germaio, une inSuence considérable. Madame de Poinpadour le prit en grande affectioi]. Louis XV s'enfermait voloaliere avec lui et passait dans sa compagnie des heures eatièi^s ; le duc de Cboiseul, quelque porté qu'il fAt à poser comme le Richelieu des esprits forts, se vil contraint de ménager Saint-Gennain, lequel fît un peu peur à Voltaire lui-même. Comment n'aurait-on pas cru au très-aimable, très-spirituel, très-iotelligent Saint- ' Gemaîn, lorsqu'cm croyait à ses domestiques, se donnant, eux aussi, pour des êtres sumaturek? Un jour qu'il racontait tes détails d'une de ses entrevues avec lutes-César, une des personues présentes s'adressa au valet de Saint-Germain pour obtenir l'explicatioD de je ne sais plus quelle circonstance du récit. « Pardon, monsieitr, » répondit gravement U valet, "j'ignore complètement ce qui se rapporte aux relations de Jules-César avec mon maître, n'étant au service de H. le comte que depuis environ cinq cents ans. * Or, beaucoup trouvaient cela, sinon tout simple, au moios fwt croyable.

Et Cagliostro donc! ce Gagliostro qui parcourut d'un pas si triomphant la carrière où Saint-Germain l'avait précédé 1 Ce Cagliostro qui, à Paris, dans sa maison rue Saint-Claude, . habitée depuis par Barras, fit un si. grand nombre et un nombre si varié de miracles, changeant en or fin le métal la plus grossier, prédisant l'avenir, évoquant toutes sortes de spectres, guérissant toutes sortes de maladies, rendant gratis la santé de l'âme et celle du corps à des personnes de toute condition : princes, grands seigneurs, grandes dames, généraux et stddals, luarcbauds, ouvriers, moines, courtisans.

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830 LtTTAES SUR L'ANBLETBnRE (ises)

domestiques! De la puissance qu'il exerça, de Ilncoiaparable popularité dont il lui fut donné de jouir, il existe des témoignages innombrables et absolument sans réplique. Presque pas de dame de la cour, à cette époque, qui n'etlt le portrait de Cagliostro gravé sur son éventail, et dans combien de palais ne vit-on pas alors son buste en brooze ou en marbre , avec cette inscription : Le divin Cagliostro ! Les nobles remplissaient son anticbiimbre; le peuple assiégeait respectueusement sa porte; le duc de Luxembourg s'honorait de son amitié; le célèbre naturaliste Ramond ne parlait de lui qu'avec un mélange de véuéraliou et de tenreur ; bref, s'il se trouva compromis dans te procès du collier de Harie-Âotoinettc, procès qui, par parenthèse, fut pour lui l'occasion de son plus éclatant triomphe, ce fut par suite de l'irrésistible ascendant qu'il avait acquis sur le cardinal prince de Rohao.

Était-ce donc que le vent était à la superstition ! Hais c'était précisément le temps où Uelvétius traitait' de suppoHtion la croyance à l'existence de t'âme ; où Diderot a^rmail qu'on peut communiquer la pensée à la matière ; où Boulaoger regardait l'histoire comme un royaume fantastique peuplé de mythes; où le savant chimiste Roux cherchait à tirer de l'analyse des corps la preuve qu'il n'y a pas de Dieu; où d'Holbach enfin publiait son Système de la nature.

Et ce qu'il y a de singulier, c'est que d'Holbach, le sceptique des sceptiques, était , pour les choses ordinaires de b vie, aussi crédule qu'un enfant; Grîmm prétend même, dans sa Correipondance, que, lorsqu'on hésitait k o'oire, ilevant le baron, une histoire bien ridicule ou une nouvelle qui paraissait sans fondement, il se fâchait tout roug«.

Vous me demanderez peut-être où je veux en venir avee ce long préambule et de quel livre ceci est la préface. Ceci, monsieur, est pour rendre un peu moins i&iatelligible à vos

L AIOUR DU KBRTEILLEUX BN ANCLETERHE 321

lecteurs ce que j'ai à leur dire d'un procès qui vient d'avoir lieu et qui montre jusqu'à quel point l'amour du merveilleux, la foi ^ l'impossible, le culte de l'absurde, ont trouvé moyen de se développer en Angleterre, à l'ombre du libre examen et sous le règne de la raison.

Je dois vous avertir tout d'abord qu'il ne s'agit pas de tables tournantes. El pourtant. Dieu sait que le succès ne leur a pas manqué dans ce grave pays ! Si M. Home n'a pas eu trop à se plaindre de son séjour en France, il n'a, certes, qu'à se féliciter du séjour qu'il a fait eu Angleterre.

Dans une foule de salons, il n'a eu qu'à paraître pour faire saluer son pouvoir sur te monde invisible, et il a pu dire comme César : Vent, vtdt, vici. Je vous étonnerais si je vous nommais par leur nom les intelligences qu'il a rangées sous sa loi et les âmes qu'il a conquises en employant les etfriu à faire tourner, sauter, trépigner et danser des tables; h nouer des mouchoirs sous les dites tables; à les suspendre eu l'air; à pousser des canapés d'un bout de la chambre à l'autre; à taquiner les personnes présentes en leur pinçant le mollet ou le genou ; — car il est à remarquer que les esprits ne se piquent pas d'ôtre des philosophes, des personnages graves, et d'entretenir avec l'humanité visible des rapports d'un caractère sérieux ; non, ce sont de pelits espiègles, qui se plaisent à jouer mille tours d'écolier à la pauvre humanité visible, sans s'inquiéter de l'opinion défavorable que cela peut nous donner du monde d'au delà. Imaginez; par exemple, un mouchoir, que personne ne tient, se mettant à voler comme un oiseau et allant moucher une vieille dame, au moment où elle s'y attend le moins. Si c'est pour cela qu'il y a un autre monde, ce n'est vraiment pas la peine.

Quoi qu'il en soit, M. Home, à Londres, a inervdlleusc-

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932 LETTBES SIJH l'aNGLëTERRE (l8es)

meui pris daas de certains cercles. Il a été religieuaemeiit admiré par des hommes qui ont de l'esprit, dv bon seos même, et qui iie parlent jamais sans rire du saint Janvier des Napulilainit. 11 a tait fureur parmi les dames non déroles. Uu de mes amis. Anglais, littérateur fort distingué, qui gouyerue, en général, son imagination à la façon dont un boit cavalier gouveroe sa monture, publia, il y a quelques omb, dans te ComltiU Magazine, un article où il'racoDtaît armuoe candeur au-dessus du soupçon les merveilles dont Home l'avait rendu témoin, merveilles dont ce dernier a luî-méme, depuis, écrit l'histoire détaillée. Cagliosiro eut celte bonne fortune de prédire la chute de la Bastille : Home jusqu'ici n'a rien prédit, que je sache; n'importe, la crédulité anglaise se contenle » moins de frais.

Mais que les tables, quand elles sont lasses de lonmer, prophétisent, et que les esprits frappent, ei que ceus-l:< même s'obstiuent à y croire qui, ayant demandé h l'esprit d'un célèbre grammairien anglais s'il était bien lui, l'ont entendu répondre : < / ù : Je l'est ; > ce n'est point là ce qu'il importe de signaler. En quoi ces folies sont-elles plus anglaises qu'américaines, allemandes ou françaises! Les tables tournantes et les esprits frappeurs sout une épidémie, ■ne mode : comment échapper k une maladie épidémiqueï El quel courage ne faut-il pas pour braver la mode ? Je laisse donc IJi ce genre de merveilles. Ce que j'ent«nds voua signaler, c'est une manie de superstition d'un caract^ moins transitoire, moins fasbionaUe ; et je vous dis qu'on compte par milliers en Angleterre les diseurs el les diseuses de bonne aventure, les tireuses de cartes, les astrologues do village el même de grande ville, les sorciers, les sorcières, les prophètes; et j'ajoute que tout ce monde-là' fait d'exœl* lentes affaires, tant est considérable le sombre dés dupes.

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LAHOtK DL X&HVI-:il.LEU\ ES AXGLETERltL 32J

it ne puis guère parler de ce qui a lieu en provioce à cet égard que d'après les coaiptes rendus jiu^iaires qui viea- Deol de temps en temps éclairer ce cAté ciirieux de la vie anglaise; mais il est à ma coanaissaoce personaelle qu'il existe daus Londres une incroyable multitude de repaires * affreux où de vieilles femmes, aussi laides, aussi décrépites, aussi sales et aussi louches que le comporte Veisploi; font savoir â madame une telle l'époque précise à laquelle il lui sera donné de revoir son mari, qui est en mer, et k mademoiselle une telle qu'elie peut sécher ses pleurs, qu'on l'aime toujours et que la brouille ne durera pas.

Bon! j'oubliais que j'ai k vous raconter comme quoi un bçave amiral vient d'être condamné à vingt shellings de dommages-intérêts, pour avoir traité un peu légèrement li réputation d'un savant qui lit dans le livré élincelant des astres, tire des horoscopes, possède une boule de cristal où l'on voit (aniAt Eve, tantAt saint Luc, tantAt 'litania, que sais-je eneoreî Et notez bien que cet illustre astrologue, autrefois simple lieutenant de vaisseau, vous initie aux lois de la destinée à tant par tête. C'est une pbisante et instructive histoire, je vous jure.

Wallenstein, l'illustre Wallenstein, le grand rival de Gustave-Adolphe, croyait aux astrologues. Schiller, dans «a belle Hisloirt de la guerre de TreiHe ans, le représente . consultant Zéci, son maître en astrologie, à la veille de chaque bataille. Je m'étonne que le lieutenant de marine Morrisson ne se soit pas placé sous l'invocation d'une aussi haute

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334 t LETTRES SUR l'aNGLETERRE (iSfts)

autorité ou d'ooe autorité de semblable poids, dans le procès qu'il vient d'intenter à l'amiral Belcher.

Ce MorrissoQ, ayant servi d'abord dans la marine royale, et ayant été employé ensuite à la garde des côtes, avait eu, paralt-il, pendant sa vie de marin, tout le loisir nécessaire pour bayer aux corneilles et regarder les astres. Retiré du service, il crut bien faire en mettanCle public dans la l'^nfidence du résultat merveilleux de ses études, et lança en conséquence un almaaach astrologique, sous ce litre imposant : t Almanacb de Zadkiel. i

Là les positions respectives de Jupiter, de Saturne, d'Uranus et des autres planètes sen'irent à annoncer les dangers qui, dans telle ou telle année, tel ou tel mois, menaçaient les plus importants personnages de l'Angleterre : lord Palmerston, lord Bruugham, etc., etc.

On y lut ceci, par exemple : * Nativité de iord PalmerKton. — 11 y a lieu Ae craindre que le pays ne soit privé des services du noble lord quand il aura atteint sa soixaute-dixbuitiéme année. Comme nous ne connaissons pas exactement l'beure de sa naissauce, une erreur de quelques mois est possible; mais si le noble lord gagne sans encombre le milieu de mars 1862, il aura contre lui une combinaison bien fatale d'influences adverses. >

Des prophéties d'un style aussi précis ne faisaient pas, comme vous le pensez bien , courir de grands risques au prophète. Il avait prédit la mort de lord Bruugham, — on le croyait du moins. Lord Brougham s'étaot avisé de ne pas mourir, et le prophète ayant été pris à partie : « Je n'ai jamais prédit la mort de personne, répondil-il, j'ai seulement prédit qu'fi telle époque tel personnage pourrait être en danger de mort. > Ce n'était pas s'exposer outre me-

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L AHOUft DU MERVEILLEUX EN ANGLETERRE 325

sure il être démenti par l'événement. Les astres sont de bonne composition.

L'AlmaDacb de Zadkiel, ai-je besoin de te dire t fit sou chenain.

Msis le succès de son almaoach ne suffisait pas ii l'ambition de notre prophète.

Entre autres miracles accomplis par Cagliostro dans le dix-huitième siècle, on cite cetui-ci : il plaçait une carafe de cristal devant une petite orplieline de sa connaissance, — les enfants sont innocents, et l'innocence est requise en ces sortes d'opérations, — puis il disait : c Voyez ce que vous voyez. > Là-dessus, l'innocente enfant ne manquait jamais de voir k travers la carafe toutes sortes de scènes extraordinaires, lesquelles se passaient, les unes dans le présent, mais en des contrées lointaines, les autres dans l'avenir. Les bonnes traditions ne se perdent pas : ceile-ci a survécu. La célèbre lady Blessington possédait, parmi i)eaucoup de curiosités du même genre, un globe de cristal qui, lors de la vente des meubles de Gore-House, se trouva émigrer dans la boutique d'un marchand de bric-à-brac. Ce fut \h que Zadkiel découvrit l'objet sacré, qu'il s'empressa d'acquérir; et, comme il avait un fils et un neveu, assez jeunes l'un et l'autre, et l'un et l'autre doués d'une ^me assez pure pour qu'Orion n'hésitât point à les favoriser de ses révélations les plus précieuses, le globe de cristal contemplé par eux fit merveilles. Ils y aperçurent notre mère Eve ; ils y aperçurent Tilania montée sur un chariot; ils y aperçurent les apAtres, et plus particulièrement saint Luc, sans qu'on sache pourquoi saint lûic avait tant d'envie de se montrer. De ces

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naO I-eTTRES sur L'A!fGLBTERRE (l863)

af^aritions, une des plus frappantes fui celle de Judas Iscariote. L'Almanach de Zadkiel rendit compte de ce Tait notable dans les termes que roici : < Judas Iscariote «ferait. Il est très-malheureux. li a vendu Jésus-Christ. Il est en -enfer. Il désire sortir du cristal. Il sera plus heureux après dimanche prochain. >

Ceri vous indique que, dans la boule de cristal en question, les apparitions parlent, et vous allez r«rtainement me demander si on les entend parler. Oh ! pour cela, non : des bandes de papier on sont écrites les paroles leur sortent de la bouche, voilà tout. Vous souhaiterez aussi d'apprendre, j'ima^ne, en quelle langue ils s'expriment. Interrogé à cet égard, le lieutenant Morrisson a formellement déclaré que la mère du genre humain s'exprimait en anglais. C'est aussi la langue dmt s'est servie Tilania, qui , d'après cela , est bien telle que Shakespeare l'a décrite. Et saint Luc? La question ici était d'un intérêt suprême, le point de savoir en quelle langue l'évangile de saint Lue fut écrit ayant été le sujet d'une immense controverse, sans concluâon jusqu'à ce jour. Grâce au ciel et au lienlenani Morrisson, ce pr(rf>lëmc a cessé d'en être un : dans le globe de cristal, saint Luc 'n'a parlé qu'anglais.

— Mais je vous entends d'ici vous écrier, presque en colère : < Eh ! que nous importent ces balivernes? A quoi bnn (mil ceci? > A quoi bon ? Attendez. Tout ceci fait partie de l'histoire du genre humain an dix-neuvième siècle ; car vous vous trompez fort, si vous vous figurez que ces puérilités prodigieuses n'ont mis en jeu que la crédulité de quelques hommes sans culture et de quelques vieilles idiotes. Non pas, s'il vous plaît. Lurd Harry Vane, lord Effingham, le vénérable arrbidiacre Robinson, l'é^éque de Lichfield, lady Egerton de Tatton, la marquise d'Aylesbury, lord William

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LAXOUK DU NERVEILLEUS EN AKGLETERHE tS*?

I^raham, lord WiUon, le coloDel Pbipps, laây ErroU, le ' han» finnuow,

1'» paue, et des naiUNn,

.tels sont les personnages qni n'ont pu vivre sans s'assurer des fHvprîéUs oierveilleiises du gifrfie de crislal. Brave amiral Bekher, merri. Quel service votre rudesse de marin n'at-e)le pas readu à l'histoire? Si, en attaquant Zadkiel dans le Daily TeUgraph, vous ne vous étiez pas attiré un procès, jamais nous n'aurions su jusqu'où la crédulité peut aller dans le monde des fashionables. L'amiral Belcher avait publiquement accusé d'imposture l'auleur d£ l'Alotaaach de Zadkiel : C'est' pour répondre k cette accusation et établir qu'il montrait son globe de cristal gratis, que le lieutenant Horrisson a cité comme témoins les personnages dont je viens de donner la liste : heureuse circonstance à laquelle nous devons celle amusante et instmctive révélation ! Ils auraient bien voulu soustraire leurs noms au jour de la publi> «lié, et ils y auraient réussi s'ils n'avaient eu k compter, poor cet effet, que sur la complaisance du Timet ; mais d'antres journaux ont pensé avec raison que la mission de la presse n'est pas plus de cacher les faiblesses des grands que leurs fautes, quand ces faiblesses tombent naturellement sous l'empire de sa juridictioo.

An nombre des incidents du procès, il en est un qne je ne dois pas oublier. Due dame d'un certain âge, ayant été inttrrngte «ir ce qu'elle avait vu dans le globe de cristal, a répondu : « J'ai vu un houiote couvert d'une armure, et a>'aBt uo casque sur la télé; près de hù était une dame vêtue d'une robe coideur de rose, et dont la léte reposait sur l'épaule du gomier. > Vous devinez les éclats de rire.

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»28 LETTRES SUR L'ANGLETERRE (iSes)

Un lui a demandé alors si elle savait quel était cet homme couvert d'une armure, sur quoi elle a dédaré tenir du lieulenaat Morrisson que c'était ■ l'esprit du cristal >. Et les rires de redoubler. « Étes-vous un médiuiîi? > — < Non, je o'ai pas cet honneur. » (Grande hilarité.) L'avocat Ballautine, présentant h la dame dont il s'agit le globe mystérieux, et l'invitant à y regarder, elle, indignée : < Ceci est trop sfilennel, monsieur. »

Un autre dame, lady Egerton de Tatton, a déposé comme ipioi on lui avait aflîrmé qu'elle avait dans le globe soixantedix anges gardiens. « C'est beaucoup, « avail-elie observé timidement. «Ohl «avait aussitôt répliqué l'enchanteur, •il y a des personnes qui eu ont bien davantage. >

Voilà, Monsieur, quelques-unes des choses qui se passeol à Londres, la ville la plus intelligente d'un des plus intelligents pays du monde, en ce siècle dix-neuvième !

Toutefois, le diraî-je ? je trouve fort juste le verdict du jury, condamnant l'amiral Belcher à vingt shelliogs d'amende. La question, en effet, était de décider, non pas si l'astrologie était une science, et si les prophéties de Zadkiel s'étaient^ oui ou non, réalisées, et si saint Luc avait bien réellemeot honoré le globe de cristal de sa présence, mais si le lieutenant Morrisson avait mérité l'accusatiou d'impostiii'c lancée contre lui. Or, k cet égard, rien ,n'a été démontré, et le jury ne s'est pas cru autorisé à conclure de l'absurdité à ta fourberie.

Pour que l'amour du merveilleux ne se retirât pas avec les honneurs de la guerre, le jury a condamné l'amirai à une amende presque insignifiante; mais il l'a condamné, après tout, pour maintenir le droit de chacun à être absurde. Kien de plus sage qu'un pareil jugement. Où en serions-

ou LES ANGLAIS VOŒNT LE DANGER 329

BOiu, grand Dieu ! s'il suffisait d'être sottement crédule pour encourir la réputatioa de menteur?

\ussi bien, que de choses d'abord tournées eu ridicule ont fini par être jtceptées comme autant de vérités inconicsiables ! Combien de fois le fou d'hier n'est-il pas devenu le philosophe du lendemain? L'essentiel, c'est que la pensée, même lorsqu'elle extravague, soit protégée, non-seulement contre toute persécution matérielle, mais encore contre toute persécution morale. Ayons la liberté d'avoir tort, pour qu'on . ne nous dispute pas la liberté d'avoir raison.

SJuiUtL OÉ les Anglmls vcIcM l« Mncer.

« Que gagnerions-nous à faire la guerre aux Russes, et que ne risquerions-nous pas d'y perdre? » Voilà le mot qui est ici sur presque toutes les lèvres, dans les cercles de gens d'affaires, dans les salons de l'aristocratie, dans les clubs, partout où la politique se mesure avec un autre compas que celui de la justice absolue.

II y a eu des réunions oii l'on a très-résoIûment sonné du clairon, c'est vrai ; et s'il fallait juger des dispositions belliqueuses de l'Angleterre par le meeting qui s'est tenu dernièrement il Saint^ames-Hall, sons la présidence de sir John

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33^ LBTTRBS SUR l'aRGLETRRRG (|S69)

Shelley, meeting auqHel assistaient six représentants de ta classe ouvrière de Paris, accourus tout exprès, on n'attendrait pins ici que le signal d'avancer. MallieureuGenient, les meetings dont il s'agit sont des meetings reemtés dans l'ale- Ker; et Tf^nion de l'atelier en Angleterre, dans l'aristocnitiqoe Angleterre, n'est pas ce qui décide des destinées du peuple. Quelle est la pensée des claiseg gouvernantes f TOilà le point essentiel à connaître.

Eh bien, si je ne me trompe, la pensée des classes goucernantes est :

Que, pour l'Angleterre, le vrai danger est sur les bords de la Seine, non sur les bords de la Neva;

Que, s'il importe d'avoir l'œil sur Saint-Pétersbourg, il importe bien plus encore d'avoir l'œil sur Paris;

Que l'abaissement de la Russie serait l'élévation de h France ;

Qu'entre ta Pologne et la France il existe des tiens sacrés, des liens désormais impossibles ï rompre, et qui le seraiect surtout si la première devait sa délivrance aux armes victorieuses de la seconde ;

Que la Pologne reconstituée serait, par conséquent, U plus éclatante à la fois et la plus solide des conquêtes que pdi faire l'inRuence fraocaise ;

Que t'Anglelerre ayant abanduuné, par te traité de Paris du mois de mars 1856, le droit, de visite, son grand moyen de prendre la Russie à la gorge, elle devrait s'attendre i jouer, dans la guerre en question, si elle s'y laissait entraîner, un riMe subalterne, humiliant pour son drapeau;

Et enfin, que si la Prusse, comme on pouvait le prévoir, faisait cause commune avec la Russie, l'Angleterre se inmverait avoir dépensé son or et tmublé son commerce poar

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ou LES ANGLAIS VOIENT LR DANGER 331

aider les baïonnetles ilu second empire h se hérisser le long du Rhin.

Aussi )e Times n'est-il pas loin de présenter tonte raffaire eonnne un complot de la France, et ses arguments reviennent, en somme, fi mettre Raton en garde contre Bertrand.

A la vérité, le Momittg Posi, aujourd'hui même, y trouve à, redire. Le journal de lord Palmersion, s' essayant k la raillerie, reproche au Tinus de vouloir s'endormir comme la Belle dans le bois, sans songer au moment inévitable ofi ce sommeil sera interrompu par la Bâte. Mais it quoi conclut le Mortting Post?

Autant que le Ttmes^ il redoute)» goerre, quoique avec moins de répugnance à en subir les horreurs, si la fatalité venait k parler.

Le bruit a cours qn'entre lord Palmerslon et lord RusseU, l'accnrd, sur la question de Pologne, n'était point parfait, le premier ministre envisageant, dit-on, la possibilité d'une guerre avec une sérénité que n'aurait pas le minisire des affaires étrangères. L'aiticle que le Moming Poit publie anjourd'hai tendrait à prouver que ces rumeurs os sont pas sans fondement. Hais l'argument au moyen duquel le Morning Poit combat la politique de rabslcnlion est caracîéris- Itqie: < L'alliance avec le gouvernement français, dit-il, uousdoone le droit et le pouvoir de conirAle, tandis que, si nous nous tenons Jt l'écart, nous poorrions bien perdre le droit d'intervenir, au dernier moment, pour mettre obstacle i des arrangements peut-être fort désagréables et fort désavantageux à l'Angleterre. >

Ainsi, ce qu'il y a au fond de la pensée, même de ceux qui ne demandent pas qu'on s'isole de la France, c'est une défiance profonde du gouvernement français; et s'ils se ré-

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B32 LETTRES SUn L'ANGLETERRE (186»)

signent d'avance i courir avec lui, en cas de force majeure, les chances d'une guerre, c'est précisément pour être mieux en mesure de le contenir et, au besoin, de l'entraver.

En réalité, je ci-ois que l'Anglelerre, — l'Angleterre des classes gouvernantes, — est désolée du tour qu'ont pris les choses, par suite de la politique incertaine et cootradiridre de lord Russell. Le mot qui résume toutes les critiques qu'il est permis d'adresser et qu'on adresse à cette politique est celui de H. Horsmao : < Nous avons trop fait ou nous n'avons pas fait assez. * Tout ce qui était de nature à exaspérer la Russie, lord Russell l'a dit ; et tout ce qui était de oature à l'enhardir, il l'a dit aussi. Il a froncé le sourcil, en protestant de son insurmontable aversion pour les querelles. Ili levé le bras, en affirmant qu'il était bien résolu à ne point frapper. Hardi et timide, menaçant dans les prémisses et humble dans les conclusions, il n'a rien exigé de la Russie qu'il ne l'ait encouragée lui-même ^ refuser net. Faut-il s'étonner si ce mélange extraordinaire d'exigences hautaines et de déclarations ultra-pacifiques a exalté l'orgueil dn peuple russe outre-mesure^ si tes rapports qui nous viennent delà Russie nous montrent les habitants delà capitale et ceux des provinces cherchant des armes, les volontaires accourant, les prêtres soufflant la flamme d'un patriotisme sauvage, et le gouvernement s' autorisant de l'ardeur qui embrase les âmes autour de lui pour le prendre de haut avec les puissances intervenantes ? Chose singulière! C'est le pouvoir qu'il s'agissait de placer sous le. coup d'une menace, qui semble aujourd'hui menacer ! Les rôles sont inlervcrtis. 0 diplomatie, voilà de tes coups 1

Et ce qui ajoute k l'imbroglio, c'est l'opposition que rencontre chez les Polonais eux-mêmes, que dis-je? surtout clicz les Polonais, l'idée d'une intervention.

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ou LES ANGLAIS VOIENT LE D.VVGEU SSa

Ce qu'ils demandent, en effet, c'est que, directement ou indirectement, avec ou sans masque, on n'aide pas, contre %eux, leurs oppresseurs. Ce qu'il leur faut, ce n'est assurément pas une reconnaissanee nouvelle de ces traités lie Vienne qui consacrèrent le vo) de la Pologne, avec la coin- [dicité de l'Europe officielle, et par qui la violeurs sur une grande échelle devint partie du droit public des nations !

< Que les gouvernements qui eurent la main dans le traité de Vienne déclarent solennellement, déclarent en commun, que, ce traité ayant été violé, ils retirent, en ce qui nous concerne, la sanction qu'ils lui avaient donnée : nous ne voulons pas autre chose. • Ainsi s'est exprimé le prince Zamoïski dans le meeting de Saint-James Hall.

Et cette marche est celle que l'Angleterre, elle aussi, voudrait que ses ministres eusseut suivie. Mais n'esl-il pas trop tard pour cela, niaiotenantîH y a des situations fatales, et le Time$ était de cet avis sans doute, lorsqu'il y a quelque temps il disait : ■ Si nous avançons, c'est la guerre ; si nous reculons, c'est le déshonneur >

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I L'ANCIi!T£itlŒ {l8G3)

Je vous ai rendu coniple du procès Zadkiel : Zadkiel a les honiKurs de ta caricature. Et voici comme. Le dernier numéro du journal charivariqiie anglais PuncJi représeale, sous le nom de Zadkiel et sous le costume de magicies, oo liiimme au geste et aji sourire sataniques, leuaot sous son bras un rouleau de papier sur lequel sont écrits ces mois : Secrets des roû, des reines et des empereurs. Devaol lui sont deux hommes de petite taille et à l'air très-caudide : l'un est lord RusscU; l'autre, qui a la tête couverte du bonnet universitaire, est M. Gladstone. Ils regardeot I'iid et l'autre, avec beaucoup d'attention, dans le globe dt rrisial que vous savez, u Eli bien ! mes enfants, * demande le magicien Zadkiel, « que voyez-vous? > A quoi M. Gladstone répond : t ie ne vois pas eticore la reconnaissance du Sud. « — « Et moi, répond à son tour lord Russell, je sm dans le globe de cristal l'image de notre bon vieux cbarlatan. » Par une ligne écrite au bas de la gravure, le publk est averti que le portrait qu'on a entendu faire n'est pis celui de M. Rœbuck. Vous vous rappelez, n'est-ce pas, la récente visite de M. Rœbuck aux Tuileries, et ce que cei indiscret personnage est venu dire, en pleine Chambre des Communes ?

Plus amusante encore et plus caractéiistique est la pa-

H. RWIBtlCk iVGE PAR Jil. tL'M.H :i;tû

vure ipà s'étale dans le deroîer ouméro do Punch, et qui, exposée devant la baulique de chaque NetDtman, provotfue le regard et tes éclats de rire de tous les passants. Elle refréseale l'empereur des Français assis dans ua fauteuil, le coqis peDcbé eu avant. Il lieal à la main une coupe pleine de ces petits bonbons qu'en Angleterre on appelle hut^ugs. — Il importe de savoir que le mot anglais hmnbug, Irùsdinîdle i traduire eu français, sigiii&e charlatanisme, farce, bâblerie, ou quelque chose d'approchant. — M. Rtebuck, sous la forme d'un petit chien, se tient posé, en chien biea appris, sur ses pattes de derriërej devant Sa Majest4i, laquelle prend plaisir à gorger de humbtigt l'imprudent caniche. Debout et appuyée sur le dos du fauteuil, l'Impératrice assiste à cette scènej,mais enfin, prise dc compassion pour la pauvre petite bétc, elle dit à son époux : ■ Ah ! mon cher Louis, ne le bourres pas davantage deb<^nbons. C'est vraiment cruel. »

Maintenant, si vous réfléchissez que, de tous les journaux anglais, le Punch est celui qui exprime le mieux, sur chaque question donnée, le sentiment populaire, vous saurez au juste ce qu'on pense en Angleterre des rôles respectifs jmiés par Napoléon et M. Rœbuck dans la fameuse entrevue dont ce dernier a tant parlé et... trop parlé.

Le fait est que H. Rcebuck a commis en cette circonstance une faute qui ne lui sera pardonnée de longtemps.

Qu'il eût proposé de reconnaître le Sud, on ae lui en aurait certainemenl pas su mauvais gré, au moins parmi les goeerning classe* ; et, quelque singulière que fdt une proposition semblable de la part d'un lioœme qui s'est longtemps posé comme libéral, quelque profond que fût l'abime qu'elle était de nature à creuser entre lui et ceux de son propre parti, elle lui aurait valu, en tout cas, les applaudis-

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33e LETTRES SUR l'aNCLBTERRB (iSGs)

sements et les éloges de Varjslocratie, s'il s'élail bomé l.i. Hais non : il a voulu trancher du voyageur-diplomate; il a voulu, lui qui avait commencé par se faire une répuUlion de rude tribun, respirer l'air des palais, s'entretenir avec les souverains, interroger leur pensée, recevoir leurs confidences.

Déjà ses anciens amis l'avaient entendu, avec uo étonnement mêlé de douleur, se déclarer autrichien, après qu'il eut été admis h faire sa cour à l'empereur d'Autriche. Jugez de leur indignation, lorsqu'il s'est presque transformé en bonapartiste, parce que l'Empereur des Français lui avait accordé l'honneur d'une audience ! Il ne s'en est pas senti d'aise, paraît-il..

Qaol l TOUS I'h» vu, grand'mire !

Pourtant, s'il est un hompie qui ait insulté Napolé»a, c'est H. Roebuck ; et voilà ce que, l'autre jour, M. Bright a rappelé en termes brûlants.

Quand M. Roebuck s'est présenté h l'Empereur des Français et l'a salué jusqu'à terre, comme cela se pratique. Napoléon a dû bien rire à part lui, en se disant : < C'est donc \it l'homme qui a prétendu, dans la Chambre des Communes d'Angleterre, qu'un baiser de moi sur la joue de la reine Victoria était une souillure I >

Il s'est bien vengé, certes, s'il est vrai qu'après s'être ouvert à M. Roebuck de ses démarches auprès de l'Angleterre pour amener la reconnaissance du Sud, il l'ait encouragé k l'indiscrétion, en l'autorisant i) tout dire, et à tout dire publiquement. C'est ce que M. Roebuck n'a pas manqué de faire, et le voilà embourbé.

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