ATTITUDE DE L ANGLETERRE
Attitude de l'Angleterre dans la question da Conflprés européen.
Très-décidément, la proposition d'un conp'ès n'a ici au- <jin succès. Les uns la dénoncent comme l'inspiration d'une politique à bout d'expédients; les autres n'y voient qu'un projet kréalisable, qu'un rêve emprunté des hallucinations de M. Cobden, qu'un plagiat prématuré des théories de l'abbé de Saint-Pierre, qu'un effort pour rejeter dans l'ombre rinitiîrtive hardie prise dernièrement par François-Joseph ; <|uelqucsHins croient que c'est, de la part de f empereur des Français, un moyen de couvrir son embarras à l'égard de la Russie, d'échapper à Taltemative par lui-même définie le silenee ou la guerre^ et de déjouer l'attention de l'Europe; il en est qui dans cette brusque évolution croient découvrir l'amour du bruit, la crainte de n'être pas assez vu de la terre; tous se demandent ce que le monde en général et TEorope en particulier auraient à gagner an conflit de tant de problèmes soulevés, de tant d'intérêts alarmés, de tant M choses mises en question, de tant de prétentions inconciliables mises en présence.
Il faut dire aussi que les Anglais se défient du souverain qui, le lendemain de la guerre de Crimée, coquettait avec la Russie, et qui les attira dans son expédition du Mexique. Ils s'obstinent à ne pas croire au désintéressenoent du
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prince qui, disent-ils, fit aboutir à Tannexion de Nice et de la Savoie cette guerre d'Italie entreprise <ipour une idée. »
Ils se rappellent comment les mots célèbres V Empire c'est la paix furent le prélude de la guerre.
Il leur paraît improbable que celui qui doit son sceptre à la force soit décidé à divorcer avec elle.
Un abbé de Saint-Pierre sur un trône, un M. Cobden à la tête de six cent mille soldats, leur semblent un phénomène qui demande explication.
Bref, c'est en hochant la tête qu'ils ont accueilli la proposition d'un congrès.
Et certes, si quelque chose pouvait effacer cette première impression, ce n'était pas la lettre que l'empereur des Français vient d'adresser aux souverains de l'Europe. On a trouvé ici que cette lettre ne manquait pas de dignité; qu'il y avait un habile orgueil h rapprocher de l'éclat de sa position pré- Sente le souvenir d'un passé obscur ou troublé. Cette fière humilité dont parlait Burke (proud humility), elle respire, c'est certain, dans la lettre aux très-hauts et très-illustres princes souverains et villes libres composant la sérénissime Confédération germanique; et, sous ce rapport, les Anglais ne sont pas gens à chercher querelle au vaincu de Strasbourg et de Boulogne. Mais ce qui les frappe désagréablement dans l'cpître impériale, c'est l'aveu hardi des prétentions personnelles dont elle témoigne. L'indication de Paris comme point de réunion du conclave, et la nécessite de décerner, dans ce cas, la présidence au souverain dont les autres potentats recevraient l'hospitalité, c'est plus qu'il n'en faut, à les entendre, pour mettre en pleine lumière les intentions et le but de l'auteur du projet. Ce qu'il veut, c'est que, aux yeux du monde, sa prépondérance dans les conseils de l'Europe soit clairement établie. Or, s'il
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est naturel que cette prétention paraisse acceptable à la France, il est naturel aussi qu'elle ne soit pas du goût de l'Angleterre.
De là le langage ironique du Times, qui, à ce sujet, rappelle ridée un jour émise par Tempereur Paul d'un tournois dans lequel auraient figuré les divers monarques de l'Europe, suivis de leurs premiers ministres transformés en écuvers.
Il n'est pas douteux que le Congrès proposé ne fût tout à l'avantage de l'empereur des Français. Si, par impossible, il en sortait quelques solutions désirables, seul celui-là en aurait l'honneur, de qui l'idée serait venue. Si, au contraire, ainsi qu'il est probable, le choc des intérêts contraires, l'impossibilité de concilier des rivalités intraitables, l'aigreur née de débats sans issue, et l'énormité même de§ questions à résoudre pour remanier la cartQ, conduisaient k l'impuissance ou au chaos, il serait toujours facile de rejeter la responsabilité du résultat sur le mauvais vouloir et l'aveuglcrraent de ceux qui n'auraient pas consenti à être dépouillés; et l'empereur des Français sortirait de là dans l'attitude d'un sage égaré un instant parmi des fous.
Car il est à remarquer que, puisque le but assigné par Napoléon lui-même au Congrès est la consécration et le complément des atteintes portées aux traités de Vienne, la France, dans ce Congrès, aurait beaucoup à demander et rien à défendre. Personne, à coup sûr, ne proposerait qu'on la démembrât, qu'on rognât ses frontières, ou même qu'on mît en doute la légitimité de son droit sur la Savoie et Nice. Déjà, pour qu'on sût bien que l'annexion de Nice et de la Savoie ne courrait aucun risque d'être contestée avec succès. Napoléon a eu soin d'apprendre au monde qu'à cet égard l'empereur de Russie et lui étaient en parfait accord ! Tout
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au plus pourrait-on exprimer le désir que Rome fût enfin évacuée. Mais Toccupation de Rome est un embarras pour l'empire, qu'elle place entre Tenclume des Italiens et le marteau des prêtres.
La vérité est que, de toutes les puissances à convoquer, il tt*y en a que deux auxquelles le Congrès offre un bénéfice dis à présent appréciable : la France et Tllalie. Aux autres il s'annonce comme une menace. Il menace l'Angleterre , qui a des comptes à rendre pour Malte et Gibraltar; il menace TAutriche, qui possède indûment la Galicie et Veuise ; il menace h Prusse,^ qui n'a aucun droit fondé en justice sur le duché de Posen, et dont les possessions sur la rive gauche du Rhin rappellent des souvenirs irritants pour la France ; il menace le Sultan, dont les domaines risquent d'être cou-> sidérés comme fournissant la matière des compeusations qu*on jugerait indispens£d>les; et il menacerait l'empire russe, si le sacrifice de l'infortunée Pologne n* était déjà , comme il est permis de le craindre , le prix auquel le gou-> vernement français s'est assuré le concours de ce puissant monarque pour dominer les délibérations du congrès.
C'est assez dire' que, s'il a jamais lieu, ce ne sera point sans avoir rencontré une forte opposition. Ce qui est sûr, c'est qu'en Angleterre on désire ardemment que l'Autriche refuse, et donne ainsi au gouvernement anglais un prétexte honnête de refuser à son tour.
Dans le cabinet, toutefois, si je suis bien informé, un homme serait pour le Congrès; et cet homme serait lord Palmerston, le même qui fut le premier et, pendant un instasit, le seul habitant de cette terre libre dont le coup d'État de décembre obtint l'approbation. Mais en beaucoup de choses lord Palmerston a dans lord Russell un collègue d*im libéralisme incommode. On m'assure que ee dernier s'est
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vivement déclaré ùoutit racceptatïon. Ceci expliquerait la déciràon presque annoncée aujourd'hui par le Times et le Morning PoH, décision qui ressemble fort au résultat d'uU' compromis ^tre deux opinions contraires. L'Angleleire n'aurait hâte ni d'accepter ui ^ refusef. Elle auratt déclaré ne pouvoir se prtmencer qu'en easnais8an€€ de cause, c'està-dire après avoir reçu communication précise des points b discuter,, et avoir été mise à môiae de |uger s'il est rais«anable d'attendre de eetlie discussion des «résul^ts avatliageux.
Le gouvernement anglais, vous le Toyeï, ii'e»teud pas courir les aventures.
Héme sujet*
Plus on réfléchit en Angleterre sur les motifs probables, la nature, les conséquences logiques du projet présenté à l'Europe par TEmperenr, moins on croit à sa réalisation.
Qu'un pareil projet n'eût auctnae chance d'être goûté par les hommes d'EUat des divers cabinets européens, c'était à prévoir : il témoignait d'un optimisme trop candide si on le supposait sincère, et d un égoïsme trop profond si l'on y voyait un calcul ; il rompait trop violemment avec les habicudes invétérées et les vieilles traditions de la diplomatie ;
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il remuait trop de choses à la fois, menaçait de créer trop de complications, el précipitait le monde vers une situation trop nouvelle; il avait enfin un tour trop romanesque pour exciter dans le cœur des Nestors des chancelleries d*autres sentiments que ceux de l'étonnement et de la défiance. * Mais ce qui semblait naturel, c'est que les peuples, au moins, éprouvassent une sorte de tressaillement. Car ils aiment tout, de la grandeur, jusqu'à ses apparences, et les apparences de la grandeur ne manquaient certainement pas à une telle idée, lancée par un tel homme, du haut du premier trône de la terre.
Appeler tous les gouvernements à méditer ensemble sur leurs intérêts bien compris et associés au bien de l'humanité; sommer la force de comparaître devant la raison, et s'en remettre à la raison seule du droit de réparer les maux du passé, de rassurer le présent, de régler l'avenir, de rendre, en un mot, la paix durable, en l'appuyant sur la justice, qui est immortelle..., quoi de plus propre à provoquer les acclamations populaires? Eh bien, non : les peuples ont fait silence, ou n'ont murmuré, eux aussi, que des paroles de défiance. C'est en vain que, laissant là la routine diplomatique. Napoléon s'est tout d'abord adressé à eux pour mieux peser sur les gouvernements.: ils sont restés froids.
Ce que je dis ici est en étrange désaccord, je le sais, avec ce que la presse officielle et semi-officielle de France s'est eff'orcée de faire croire à son bénévole public. Convaincue que l'enthousiasme est contagieux, elle a tout d'abord étourdi la place publique de ses fanfares ; elle a raconté à ses lecteurs, qui dressaient l'oreille, comme quoi le langage si grandiose, si franc, si digne, si modeste, de Tempereur des Français, avait jeté le monde, y compris l'Angleterre, dans l'éblouissement de l'admiration ; et le journal la France
a déclaré sans détour que cette admiration avait été unanime. Eh bien ! en ce qui touche*!' Angleterre, dont je respire l'air et dont les impressions m'enveloppent, ce que je déclare sans détour, moi, c'est que la presse officielle et semi-officielle a trahi là vérité.
Et voici comment elle a procédé : elle a donné de quelques journaux anglais des citations tronquées, en ayant soin, bien entendu, de supprimer les passages désapprobateurs, et elle a fait semblant d'ignorer tous les commentaires qui auraient mis à nu Terreur qu'il s'agissait d'accréditer. C'est ainsi, par exemple, que le Daily News^ un des organes les plus sincères, les plus graves, les plus respectés de l'opinion publique en ce pays, a été traité comme une marchandise de contrebande. Remarquez la bonne foi qui préside au maniement de l'esprit public en France ! Les journaux officieux passent sous silence toute parole de blâme, et ils triomphent de ce qu'aucune parole de blâme ne s'est fait entendre ! Il suppriment toutes les notes discordantes, et ils s'applaudissent de l'harmonie du concert! Puis, s'il arrive, comme cela est heureusement arrivé, que la vérité réussisse à percer, alors on entend des feuilles telles que le journal la France accuser l'Angleterre de revenir sur une impression qui ne fut jamais la sienne ; on les entend s'écrier : « L'Angleterre se repent du cri unanime d'admiration que la proposition d'un congrès lui avait arrachée. »
Non, Monsieur, non, les Anglais n'ont pas battu des mains à l'idée d'un congrès, et, s'ils l'avaient fait, le gouvernement, soumis, comme il l'est, à l'impérieuse loi du sentiment public, n'aurait pas, pour toute réponse, demandé à Napoléon de s'expliquer — demande qui, eu égard à la situation actuelle de l'Europe, équivaut à une fin de nonrecevoir^ ou même ressemble à un piège.
SJB LETTRES SUR l'aNGUSTERRE (1863)
Supposons, en effet, qtia Tempereur des Français reâi&e de faire d'avance connaître son progfaaittke^ TAnglelerre s'abs^^ tient sans qu on soit en droit de l'accuser de mauvais vouloir ; car comment lui reprocher de ne pas se lancer, les yeux bandés, dans une entreprise aussi hasardeuse que le remanie^ ment de la carte de TEurope ? Et si, au contraire, Napoléon se résigne à indiquer d'une manière précise les questions à poser et à résoudre, adieu les avantages substantiels qu'il a pu se pronfteltre de la réalisation de son plan ! Le voilà forcé de jouer cartes sur table ; le voilà forcé d'apppe»ére aux peuples attentifs si son désintéressement de philosophe cx)uronné va jusqu'à mettre ou laisser mettre au nombre des points con* troversables la restitution de Nice et de la Savoie, l'abandon immédiat de Rome, un désaveu formel, absolu, irrévocable» 4ie toute prétention à donner le Rhin pour frontière à la France. Si oui, sa popularité en France parmi la gent guer-^ jM^anie et ukra-natioftale est entamée ; si non, sa réputâ<tion d'utopiste humanitaire risque de perdre ce que gagnerait sa réputation de politique délié.
11 décembre.
Un emmbmt de boxeurs
Kous Yoici au kademaîa de a k bataille des géants » .
Ce n'est pas que le grand choc entre Taraiée de Meade et celle de Lee ait eu lieu; non : les forces engagées, cette fois, sont les forces de l'Angleterre luttant contre TAnaérique. La bataille a été fonnidabie, une vraie « halulle de géaats », comme on la nomaie, et T Angleterre, à Tbeure qu'il est, peut se livrer, si bon lui semble, à des transports de joie, car c'est elle qu'a favorisée le puissant dieu deâ combats.
Cette nouvelle vous étonnera peut-être, tant il est vrai que, ffléfue sous le règne de l'électricité et de la vapeur, les plus notables événements éelateot sai^ que les hommes qui vivent au loin en soient avertis d'avance.
Ce n'est pas, du reste, la faute des habitués de taverne si le monde n'a pas été tenu dans l'attente. Depuis longtemps, la Renommée faisait le tour des « public-houses » de Londres, embouchant toutes ses trompettes, entre une bouteille d'ale et une bouteille de gin. Depuis longtemps, le BelVs Life donnait la fièvre à ses lecteurs, en leur an* nonçant la prochaine et titanienoe rencontre de l'Angleterre, personnifiée par le boxeur Tom King, devenu célèbre sous le nom de c Saiiar lad », et T Amérique, personnifiée parHeenan, le c Benlcia boy ».
J'ai toujours fort admiré, comme moyen de terminer à bon marché les querelles épiques, le système en vertu duquel Albe et Ronifi confièrent leurs destinées aux trois Guriace et aux trois Horace, système dont, plus récemment, Charles Quint proclama Texcellence en défiant François I®^ Sous ce rapport, le « Sailor lad » et le « Benicia boy © ont droit h tous mes respects philosophiques. Pourquoi, je vous le demande, faire tuer cinq ou six cent mille pauvres diables pour l'honneur de deux nations, lorsque, grâce à une convention . préalable, on pourrait décider la chose moyennant une côte brisée ou un œil mis hors de service ?
C'est cette sage méthode qui a prévalu dans l'occasion dont il s'agit.
Heenan est le même homme qui, le 17 avril 1860, se mesurait avec Tom Sayers. La victoire, qui ne s'en souvient? demeura douteuse. L'Angleterre eut le bras droit cassé, ou peu s'en faut; mais, en revanche, T Amérique reçut de tels coups de poing dans les yeux, qu'elle n'y voyait plus du tout vers la fin de la lutte. Toutefois, elle eut cette bonne fortune de parvenir à prendre l'Angleterre par le cou, et l'aurait étranglée net, si police et assistants ne se fussent précipités dans le ring (l'arène), selon les règles, disent les uns, et contre les règles, disent les autres.
A qui l'honneur? L'Angleterre et l'Amérique eurent, sur ce point, une polémique qui a duré depuis lors. Heenan, ayant regagné son pays, y reçut un triomphe tel qu'on n'en fil jamais à Washington. Quant à Tom Sayers, le BelVs Life, ce Moniteur du « Ring », rappelle aujourd'hui, avec un juste orgueil, -que, lors de l'entrée triomphale de son héros dans Londres, l'enthousiasme- de la foule était aussi grand qu'aurait pu le provoquer « la proclamation d!un nouveau roi y> .
Aussi, quelques esprits arriérés s'étant avisés, dans la Chambre des Communes, de demander compte au ministère de sa tolérance à l'égard d'un genre d'exercice que la loi défend, on ne sait trop pourquoi, lord Palmerston, après avoir établi, en grand homme d'État qu'il est, que la question de savoir si les combats de boxeurs sont une chose bonne ou mauvaise, doit être regardée comme pure « afiFaire de goût », lord Palmerston, dis- je, déclara le spectacle de deux hommes qui s'assomment l'un l'autre tout « aussi moral que celui de l'ascension d'un ballon ». Ceci, à la lettre. La Chambre des Communes trouva cette comparaison admirable : elle le prouva par un rire approbatif digne d'être à jamais mentionné dans ses annales ; et, en Angleterre, lord Palmerston mit ainsi le comble à sa popularité, parmi ceux dont l'âme est sensible à la gloire.
Trois ans s'écoulèrent; et, comme dans la lutte de Heenan et de Sayers, nul n'avait « jeté l'éponge », ce qui est l'aveu de la défaite, on n9 savait pas bien à quoi s'en tenir sur le mérite comparatif des deux grandes fractions de la race anglo-saxonne; Franchement, une pareille incertitude était-elle tolérable? A qui, de Heenan ou de Tom Sayers, appartenait le droit de porter cette « ceinture » qui est le signe vénéré de la royauté dans le monde des pugiles? Faute de pouvoir s'entendre sur la solution de ce problème, non moins obscur que celui qui divisa les réalistes et les nominaux, ou était convenu, pour en finir, d'offrir à chacun des deux combattants un fac-similé de la ceinture ; et la présentation de ces deux trophées (style du BelVs Life) avait eu lieu le 20 mai h l'Alhambra. La question restait donc entière.
Cependant Tom Sayers, enrichi par l'admiration publique, s'était comme qui dirait retiré des affaires ; Heenan était re-
venu chercher fortune en Angleterre; et un nouvel astre avait paru au firmament du BeWs Life. Cet astre était Tom King, le redoutable Tom King, vainqueur de Mace, et < champion d'Angleterre. » Heenan, à ce qu'il parait, ne demandait pas mieux que de s'entretenir la main. Tom King, au contraire, satisfait de sa part d'immortalité, nourrissait de vagues projets de retraite, et se montrait disposé à abandonner la ceinture, au lieu de la défendre fièrement ; au lieu de dire comme Charlemape, lorsqu'il ceignit la couronne de fer : < Gare à qui la touche! » Heureusement, les hommes du sport étaient là. Les patrons de Heenan parlèrent d'un enjeu de 1,000 liv- st., 2S,000 fr. ! Il y a des gens qui très- volontiers se font tuer à un sou par jour. La tentation était forte pour le « champion de l'Angleterre. » La perspective des 1,000- liv. st. lui fil venir Feau à la bouche. Bref, on arrangea l'affaire. Les publicistes du BeWs Life ^'occupèrent des préparatifs, choisirent un emplacement, désignèrent l'arbitre (référée), fixèrent le point de départ, firent avec une compagnie de chemin de fer les conventions voulues, marquèrent le jour — letoui fort mystérieusement, moins pour dépister la police, je le soupçonne, que pour l'aider à ne pas faire respecter la loi.
Ai-je besoin d'ajouter que, pendant une semaine entière, les cabarets appartenant aux boxeurs en renom, et les bureaux du BelVs Life, ne cessèrent d'être assises par une frémissante tourbe de curieux de bas étage, affamés de détails, mais surtout impatients de connaître la station honorée par le choix du conclave? Le mot d'ordre avait été donné de garder le secret, de manière à tenir à l'écart la mauvaise compagnie. Recommandation vaine ! Jeudi, à quatre heures et demie du matin, moment fixé pour le départ du train, la station de London-Bridge se trouvait avoir attiré, comme
UN COMBAT DE BfrXEURS 233
l'aimant attire le fer, tm îfômbre fort respectable, ma foi, de sacripants, de coupeurs de bourse, de gens de sac et de -corde, accourus du fond de toutes les tavernes mal famées, de tous les antres de 'la prostitution : F écume de l'écume, la lie de là lie.
Ils avaient compté sans leur hôte, ces braves gens. D'abord, impossible pour eux d'être de la fête, le prix des billets ayant été élevé à trois guinées; ensuite, la police était sm* les lieux; et enfin, la prévoyance des législateurs dn <s: Ring » avait été poussée au point de mettre k la disposition de cha<iae excursionniste comme il faut des nourrices (nurses). Des nourrices! cette tendre expression me va an cœur, quand je réfléchis que lesdites nourrices étaient de gros hercules à la tête carrée, aux pommettes saillantes, aux larges épaules, aux yeux caves, et brandissant d'énormes gourdins.
Quant aux policemen de service, ils étaient là, bien entendu, pOHPr protéger tout excursionniste muni d'une montre et d'une bourse. A mesure qu'une voiture arrivait, un gar-» dien de l'ordre courait à la portière, et donnait à celui qu'elle amenait le sage conseil, non de renoncer à un spectacle défendu par la loi, mais de prendre gardé à ses poches. H est bien heureux qu'ici, en fait de vols avec effraction, l'opinion ne soit pas en désaccord avec la loi. Sans cela, j'imagine qu'un voleur rencontrant un policeman dans l'ombre lui dirait : « Mon ami, je voudrais enfoncer cette porte; mais il fait nuit : prête-moi ta lanterne. ♦
Toujours est-il que, grâce à intervention tutélaire des autorités, les choses se sont beaucoup mieux passées qu'à. l'ordinarr^Jl est bien vrai qu'un homme de police a eu la tête fendue d'un coup de bâton, et que plusieurs de ses ca- .marades ont failli être victimes du désappointement, changé
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en fureur, de certains bandits, pénétrés comme ils devaient l'être de ce qu'ils perdaient en perdant le bénéfice de l'enseignement moral qui résulte d'un combat de boxeurs. Mais c'est une bagatelle que cela en comparaison de ce qui s'est toujours vu en ces sortes d'occurrences. Le progrès est manifeste.
C'est à Wadhurst que John Carmel Heenan et ïom King ont déployé la vigueur de leurs muscles devant line assemblée haletante d'émotion. Les paris étaient en faveur de l'athlète américain, devenu, par je ne sais quel chevaleresque oubli de tous lés principes du patriotisme, le favori des parieurs aristocrates anglais. La lutte > qui a duré plus d'une demi-heure, a été terrible. Tantôt c'était Heenan, de la race d'Antée, ([ui, serrant de près Tom King, le saisissant, l'enlaçant dans une irrésistible étreinte, le lançait contre terre à lui broyer les os; tantôt c'était Tom King qui, soutenu sur les genoux de ses assistants, lavé, épongé, rafraîchi, réconforté, remis debout, donnait h son bras de fer la force impulsive d'un boulet de canon, et, frappant son antagoniste aux yeux, aux tempes, à la mâchoire, le couvrait de sang, le défigurait, le rendait hideux à contempler. Plusieurs fois on a vu Tom King, moins vigoureux que son gigantesque adversaire, quoique un géant lui-même, chanceler comme un homme ivre et mesurer la terre comme un bœuf assommé. Un moment on a pu croire qu'il ne se relèverait pas à temps, et c'est ce qui serait probablement arrivé si son assistant, pour le rappeler à lui, ne lui eût rongé le cartilage de toreille.
Ce qui est sûr, c'est que le combat qui, pendant les dix premiers assauts, semblait devoir être fatal h Tom King, a tourné à son avantage pendant les sept derniers. Plus lutteur que boxeur, Heenan a fini par succomber. S'il avait été
tué tout à fait, King aurait été mis en prison pour la vie; mais comme il n*est apparemment qu'à moitié tué, King aura pignon sur rue, ou à peu près. Voilà la logique de la chose !
Vous jugez de T effet produit sur les spectateurs par les actes variés de ce drame sanglant. Toutes les fois qu'un des deux adversaires recevait un coup qui pouvait être mortel, ce n'était autour d'eux que hurlements de sauvages.
Et dire qu'if y a des gens, ici, qui attachent un caractère moralisant à de pareils spectacles ! Suivant eux, cela enseigne le pouvoir de souffrir, cela donne l'exemple du courage. Ainsi, la constance d'une âme haute est ravalée jusqu'à ce point, qu'on la confond avec une brutalité bestiale; et c'est dans la sentine des cabarets qu'on nous invite à recruter des professeurs de courage ! Qu'est-ce, d'ailleurs, que le courage séparé de la légitimité, de la noblesse de son but? Entendu de la sorte, c'est une vertu de bête fauve. A ceux qui ont le cœur de tuer un homme, un camarade, un ami peut-être, sans autre motif que de gagner de quoi acheter une taverne, je serais, quant à moi, fort tenté de dire, en me servant d'une expression de M. Sardou dans les Pattes de Mouche : « J'ai connu des tigres qui vous valaient bien. » Le mépris de la vie humaine, le culte imbécile de la force mal employée, voilà ce que les combats de boxeurs enseignent; et il est bien difficile à un étranger, même quand il a vécu longtemps en Angleterre, de comprendre que nonseulement on les tolère, au mépris de la loi, dans un pays où le respect à la loi est en général si profond, mais qu'on les considère comme un amusement national, chez un peuple essentiellement humain, et qui protégé avec tant de sollicitude la vie des animaux. Ce sont là des contradictions navrantes pour quiconque, sans être Anglais, aime dans l'An-
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glelerr^ le pays classique de la dignité personnelle et de U liberté.
Au reste^ il faut que je me hâte de le dire : le nofiofare est grand, après tout, et il s'accroît, chaque jour, de ceux qui, de ce côté du détroit, ont horreur de ce genre de divertisseme$U et en dénoncent Timmoralité. La presse anglaise a depuis longtemps cessé d'être unanime à ce sujet. Il y a eu des conversions, et très-éclatantes.
J'ai sous les yeux un article du Times écrit au mois d'avril 1860. Combien il difière de l'article qne le même journal publie aujourd'hui! En 1860, le Times ne tarissait pas de railleries à l'égard des moralistes assez ingénus pour refuser leur approbation aux rencontres de boxeurs. Aujourd'hui, il déclare ces combats plus révoltants que les combats de taureaux, et moins excusables que les duels. En trois ais, vous le voyez, c'est faire bien du chemin. Et comment ne pas espérer la disparition de ce dégradant abus, quand on songe à la distance qui sépare l'Ângleierpe de nos jours de celle qui, sans trop d'étonnement, regardait George IV passer bras dessus bras dessous, dans Bond Street, avec le boxeur Jackson! Que ItBelVsLife en prenne done son parti: il n'y a guère d'apparence, après tcmt, qu'on en vienne à rétablir dans ce grave pays « le théâtre du foi^ ». C'est enfin l'avis du Times : Dieu en soit loué !
CCXXTl
17 décembre.
Hème suiet.
. Il s'agissak de savoir lequel, du boxeur américain Heenaoi ou du boxeur auglais Tom Ki»g, était le plus capable d'assommer un homme* Les paris étiâent en &veur de rÂffléiicain, qui, dans sa célèbre bitte contne Tom Sayers, aidait. déployé une force herculéenne à laquelle ks lecteurs àni BûWs Ufe ne pens;ûeut jamais qu'avec un frémissement d'admiration.
II est bien vrai que Tem. Kâing n'était pas sans avoir fait ses preuves : il avait presque tué, un beau jour, Maoe, lepliis savant des pugiles : ex^kit qui hii avait Tsiu le tare, si ardemment convoité dans le monde des boK«ur&, ée^ c Champion de V Angleterre. >fi était cannu^ d'sdUeiics, pour avoir des miuscks d'airain, <]es bras de fer, et quoiqiM un peu moins géant que Heenan^ il ét^it, après tout, de 1» race des géants. Mais Heenan ! Était-il créature vivant» qui osâd; affronter Heenan,. eût -il autour de la poitrine l'tes iriflesp?
A répoque où Heenta se mesura contre Tom Sayers,. toutes les sympathies, en AngUtorre, et tous les v<bux étaient pour ce dernier, parce qa'on se plaisait à considérer sa lutte contre l'Américain comme une affaire d'bonnem* h vider entre les deux fTiaiides firaotiMis de la race sngio-* sdsonne. Mais Heenaià ayiant faiUi étcanfiier spii adi/iersaorev
228 LETTRES SUR L* ANGLETERRE (l863)
après avoir été lui-même réduit à Tétat de Polyphème, ce beau trait avait tellement touché l'âme généreuse des jeimes patrons fashionables du turf, qu'à partir de ce moment Heenan, le transatlantique Heenan, était devenu leur favori. C'était, dans les cercles aristocratiques où l'on joue la vie d'un homme, à qui parierait pour lui. Aussi bien, King montrait assez qu'il ne se souciait guère d'entrer en lic^, dût sa prudence lui coûter la perte de la « ceinture, » cette ceinture qui est à un boxeur ce que la couronne est à un roi. Par contre, Heenan déployait une farouche confiance en ses muscles, tout à fait digne de sa noble profession ; il écrivait au BelVs Life : « Si je ne fais pas son affaire à Tom King en quelques minutes, je consens à passer pour le plus grand imposteur qui ait jamais figuré dansje « Ring. »
La fierté sied aux héros; elle est par essence une vertu de boxeur, et s'est toujours trouvée unie chez eux à Téi^quence. Que d'exemples je pourrais vous en fournir, si j'avais le temps de remonter au commencement du quatorzième sièiïle, époque à laquelle la mode des combats de boxeurs s'introduisit en Angleterre, grâce au succès des leçons dç Figg, immortalisé par Hogarth! Mais il est un défi que je ne puis résister au plaisir de citer, par voie de digressionrétrospective : «Moi, William Willis, surnommé le quaker « belliqueux, je déclare que c'est uniquement par suite d'une « chute accidentelle de moi Willis, que M. Smallwood, il y « a douze mois, m'a vaincu; mais puisque ledit Smallwood, a enorgueilli par les faveurs de l'aveugle fortune, s'estime € invincible, moi, William Willis, pour lui prouver le con- « traire, je le défie, pour cent livres sterling, et je nie c fais fort de justifier mon dire par coups bien assénés, « feintes, parades et le reste. » L'histoire nous apprend que la hauteur épique de ce défi, qui rappelle si bien ceux des
héros d'Homère, n'empêcha pas William Willis d'être assommé derechef, ce qui n'est pas surprenant si l'on considère que « l'aveugle Fortune » n'est pas la déesse de l'éloquence.
Pour en revenir aux événements du jour, la victoire, en cas de lutte, paraissait si bien devoir se prononcer en faveur de Heenan, que, malgré les appels réitérés de celui-ci et de ses partisans, on put craindre pendant quelques jours que le combat n'eût pas lieu. Cruels moments de perplexité! La consternation régnait dans les cercles fashionables de la jeune aristocratie d'une part, et, d'autre part, dans l'intéressante tourbe des habitués de taverne et des coupeurs de bourse. Car l'attente d'un combat de boxeurs a ici le privilège d'établir une étroite communauté de désirs et d'émotions entre ceux d'en haut et ceux d'en bas ; un combat de boxeurs est le lien qui rapproche les conditions, qui met les vertus du « public house » en contact avec les vertus du salon; c'est comme un trait d'union entre le West-End et Martin's Lane. Heureusement, l'idée vint à quelque forte tête du Bdïs Life qu'il n'était pas de boxeur dont on ne pût vaincre les irrésolutions en s'introduisant auprès de lui sous la forme que Jupiter prit pour séduire Danaé. Si l'on mettait à i ,000 liv. st. le gain du combat ! Tom King ne put résister k dix tentations de deux mille cinq cents francs chacune. Le sort en fut jeté.
Et voilà comment il est arrivé que, l'autre jour, les connaisseurs dans « le noble art de la défense » ont eu le suprême bonheur de voir Heenan et Tom King déployer l'un contre l'autre, à Wadhurst, village d'un aspect tout à fait bucolique, les qualités de deux tigres en fureur.
Et certes, ils ne pouvaient manquer de faire merveilles l'un et l'autre. Suivant l'usage, on. les avait dressés pour la chose
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plu»eiirs joars à Tavance. Od les avait purgés selon les règles; an les avait fait suer à propos; on les avait envoyés ait lit de bonne heiore; on avait eu soin qu'ils pmssent eijacpie matin la dose d'exercice voulue; on leur avait mesupé anec une savante prévoyance leur ration de Ain; on leur avait interdit tout excès^ Aussi n'y a-t-il eu qu'un cri d'admiration lorsque, dan& le « Ring»^ ils se sont montrés demi- •DUS, et qu'on a pu voir, en les regardant, jusqu'à quel point, chez tous les deux, Tankaal l'emportait sur l'homme. i<es juges du camp les ayant proclamés < en bonne condition », ils sont aussitôt entrés en besogne.
La besQgne, vous savez en quoi elle consiste dans ces occasions. Tout d'abord, Heenau, auquel, soit dit.en passas!, ToiB Sayers servait de second, s'est précipité sur Tom King, et, l'étreigoant^ Va jeté sur Therbe comme un sac d'orge, dit éléganoment le BelTs Life. Et, pendant les premiers assauter, chaque fois que Tom King, après avoir été bien épongé et ranimé par ses seconds, se relevait, Heenan, le saisissant de nouveau, l'envoyait, par un irrésistible effort, mesurer la terre. Chytes terribles, épouvantables, dont une fut telle qu'un instant on la jugea mortelle, mais dans l'intervalle desquelles Ueeuan recevait à la tête des. coups de .poing semblables à des coups de massue ! Qid l'emporterail, du lutteur ou du boxeur? Quoique Heenan eût le visage affreusement meurtri: quoique sa peau s'en allât en lambeaux ; quoique le sang lui coulât à flots par les nairines, sa force surhumaine et T horrible facililé avec laquelle il écrasait contre le sol son antagoniste firent croire pendant long* temps qu'il n'y avait de chance que pour lui. On offrait de son côté, 6 et 7 contre 4, sans trouver de parieurs. On cite un Irlandais, nommé Gamble,, qui, en 1800,. dans un combat de ce genre, soutint sept assauts consécutiGs. après aw)ir
«u la clavicule cassée. Tom King a déployé la même pefsévérance de boule-dogue, et c'est à cela çi'il a dû probable^ment une des victoires les plus ioattendues qui aient jamais «tonné le turf. On a prodigieuseoteut applaudi. Espérons (joe personne ne mourra des suites. Cela n'est pas sûr.
L'impression produite a été immense, et ce sera awprès de vous mon excuse, pour avoir si lentement promené r&bte attention sur ces détails hideux. N'onl^ils pas, hélas ! Tûn^ portance d'un tableau de mœurs? Ne Iwment-ils pas un -chapitre digne d'avoir sa place dans l'bistoire de la folie des hommes, qui est, de toutes les histoires, la plus navrante à coup sûr, mais la plus instructive?
Du reste, l'affaire s'est passée, oetlie fois, plus décemment que de coutume. L'immonde cohue de eoupe-jarrets et de filous que ces sortes de fêtes ne manquent jamais d'attirer, non-seulement a été mise hors d'état de tirer parti de son honnête industrie, mais elle n'a pu se rendre sur le lieu du combat, si bien que le spectacle a été donné à des spectateurs choisis, à des curieux d'élite, à des personnages n'ayant aucune montre à gagner, mais en revanche ayant une montre à perdre. Et savez-vous à quoi nous sommes redevables de ce progrès? Le fait que les billets, au chemin de fer, étaient à trois guinées, n'en fournit qu'une explication insuffisante, la merveille étant que les hommes de proie — ils foisonnaient aux abords de l'embarcadère — n'aient pu réussir à prendre dans la poche d' autrui les trois guinées qu ils n'avaient pas dans la leur. Il fallait évidemment aux spectateurs privilégiés une meilleure garantie, et cette garantie a été la présence d*un nombre respectable de gardiens de la loi, accourus pour en protéger les viola t^rs ! Car les ^mbats de baxeurs donnent lieu, entre autres scandales, à <e scandale qu'à leur occasion la loi est violée par les aulo-
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rites mémeâ qui ont charge de la faire respecter. La police, parfaitement informée de tout, fait senoblant de tout ignorer, et a grand soin de ne jamais arriver sur le champ de bataille pour mettre le holà, que lorsqu'elle n'a plus rien h empêcher.
Reste à savoir si, en Angleterre, dans la grave et libre Angleterre, les mœurs s'accommoderont longtemps encore de ces honteuses et barbares exhibitions, ou si, au contraire*, nous avons h craindre d'être ramenés au temps où la défaite du boxeur Broughton causait presque autant de peine au duc de Cumberland que sa victoire de CuUoden lui avait causé de joie. Je suis heureux de pouvoir constater qu'à cet égard le langage d'une notable portion de la presse anglaise est plus de nature h autoriser nos espérances que nos craintes.
ccxxvn
14 décembre. .
Une i|iicrelle entre M. C^Men et le Tiaies.
Encore une lorriblo rencontre. Mais, celle fois, il ne s'agit plus d'un Hoonan ol d^in Tom King : ils'agil de M*. Cobden el du Times. Tous les journaux se sont, i la suite Tun de Tautre^ préiipités dans la mêlée. Le feu est décidément à