PREFACE. XIII
lile, et je mettrai aussi sans ordre les choses dont je me souviendrai» bien qu'il y eût déjà du temps que je les eusse entendues d'elle-même ou par le rapport de nos sœurs. )»
« Après avoir déjà recueilli plusieurs choses, me trouvant embarrassée sur une qui me parut de conséquence , je résolus de l'envoyer à madame notre institutrice pour voir si j'avois bien expliqué ses intentions, et par là je me trouvai dans la nécessité de lui découvrir mon secret. En me rendant cet écrit, elle me dit que puisque nous voulions qu'elle nous parlât de ce qui pourroit nous aider àj bien exercer nos charges et à bien gouverner nos demoiselles, elle vouloit bien qu'on écrivît, comme j'avois commencé, les choses principales qu'elle disoit, et qu'ensuite on lui montrât ce qu'on auroit écrit, afin qu'après avoir vu si nous l'aurions bien entendue, elle pût encore faire examiner par nos supérieurs si elle ne nous auroit rien dit de mauvais ou de dangereux; « car, m'ajouta-t-elle , je ne suis « pas savante, et, avec les meilleures intentions du « monde, je pourrois me tromper, et je dois prendre « d'autant plus de précaution pour ne vous rien laisser « qui ne soit bien approuvé, que l'amitié que vous avez « pour moi vous rend plus attachées à ce qui en vient, « et qu'on vous a tant dit de m'écouter, et de ne jamais « oublier ce que je pense sur votre Institut, que je « craindrois dans la suite que vous ne voulussiez rien « croire de contraire àcequej'auroisavancé;maisquand € VOS supérieurs ' l'auront approuvé, nous serons tous
* « M. Paul Godet des Marais, évêquc de Chartres et directeur