VI. LE COBLENTZ MUSULMAN II
Chevaux, couleuvrines, faucorrs et tentes ont été abandonnés au Séid : Khataks^ Khalils et Mohmands sont revenus à pied et vaincus.
Le palais de Yar Mohammed et celui de Khalaq Dad sont devenus le bien de Théritier. Garde-toi, ô Noureddin ', de faire tort aux Séids.
Les Sardars ne vengèrent pas leur frère ; ils s'inclinèrent devant le Séid, payèrent tribut, reçurent un de ses lieutenants à Péchawer. Séid Ahmed ne pouvait périr que par Séid Ahmed.
Maître des Yousoufzais par le seul ascendant de la force morale, il ne sut pas voir les limites de cet ascendant. Il crut qu'étant Prophète il pouvait être réformateur et osa s'attaquer à une des coutumes les plus immorales des Afghans, la vente des femmes.
Les Afghans sont musulmans fervents ; mais, sans qu'ils s'en doutent, ils sont Afghans avant d'être musulmans. Or, chez eux, le père vend sa fille en mariage 5 une femme vaut en moyenne cinq cents roupies 5 c'est le bénéfice le plus net de la famille, c'est l'excuse que la fille a de naître. Je ne sais point de chanson plus sinistre que la chanson des fiançailles afghanes : la veille des noces, les compagnes de la fiancée viennent la
» Nom du poète. -
voir et la consoler, comme une fille de Jephté, et chantent :
Tu restes assise dans le coin et tu nous pleures en face.
Que pouvons-nous faire pour toi > Ton père a reçu l'argent.
Séid Ahmed déclara abolie la vente des femmes. Les Afghans avaient supporté l'insolence de ses soldats hindoustanis, les exactions. de ses collecteurs d'impôt: ils ne supportèrent pas cette atteinte aux droits sacrés de la famille. Un complot fut formé et, à un signal donné par un feu de joie, tous ses soldats et ses agents par milliers furent égorgés sur toute l'étendue du pays. Le Séid, protégé par son fidèle Fatteh Khan, échappa à ces Vêpres afghanes, s'enfuie avec quelques hommes au delà de Tlndus et trouva enfin un refuge dans la vallée de Pakli, district de Hazara. Sur la route, il enterra les canons qu'il avait enlevés à Yar Mohammed et qu'on n'a pas retrouvé.
Les survivants de ses fidèles revinrent le chercher à Pakli : les volontaires affluaient dans le Hazara. Mais « sa fortune setait endormie pour toujours. » En mai 183 1, le général Sikh, Chir Singh, conduisit une armée contre lui et rencon-