‹ Lettres sur l'Islande, et poésiesChapitre 134 sur 145 · MIGNON · texte numérisé non relu

MIGNON

traduit de Gœthe.

Connais-tu la contrée où les citrons fleurissent,

Où croît l'oranger d'or, sous un feuillage obscur?

Là souffle un vent léger, le vent d'un ciel d'azur;

Là, près des myrtes verts, les beaux lauriers grandissent;

La connais-tu? Dis-moi, mon bien-ainié, dis-moi,

C'est là que je voudrais m'en aller avec toi.

Connais-tu la maison avec sa colonnade?

La chambre est bien parée et le salon brillant. Et les marbres sculptés semblent, en me voyant. Dire : Que t'a-t-on fait, ô pauvre enfant malade? La connais-tu? dis-moi, mon protecteur, dis-moi. C'est là que je voudrais m'en aller avec toi.

Connais-tu la montagne où flotte le nuage?

Le mulet y poursuit un chemin nébuleux ,

Le dragon y repose au fond d'un antre affreux ,

Le torrent y bondit avec le roc sauvage;

La connais-tu? dis-moi, mon père, oh! dis-le moi,

C'est là que je voudrais m'en aller avec toi.

i>0ÉsiES. 447

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