I.ETTltF.S
■ — ce sont celles dites chaudes ou thermales, dont les gradations sont si diverses et si variées, depuis une tiédeur à peine sensible jusqu’au degré de l’eau bouillante. Tu connais certainement quelques-unes de ces sources dont notre patrie possède un grand nombre, et qui sont célèbres par leur action si salutaire et si efticace pour combattre plusieurs maladies opiniâtres.— Jo n’aurai qu’à te rappeler les bains d’Albano, d’Acqui, de Valdieri, pour ne pas parler de mille autres des pays étrangers.
Combien d’erreurs et de suppositions singulières émises sur l’origine de la chaleur de ces sources, jusqu’au commencement de ce siècle, c’est-à-dire jusqu’au moment où furent affermies nos connaissances touchant la distribution de la chaleur dans l'intérieur du globe! D’après les observations déjà citées , tu pourras facilement t’expliquer comment là chaleur des sources thermales est la même que celle de la couche d’où l'eau commence à monter, à peine diminuée de la quanlitésuseeptible d’être absorbée par les parois du canal qui lui sert de conduit jusqu'à la surface du terrain.
IV. Dans ma lettre précédente, je t'ai fait entrevoir dans un avenir indéfini une époque où notre globe sera complètement refroidi , — son feu central entièrement éteint.
Or, quelles seront les conséquences de ce changement qui s'effectue et progresse à chaque instant, — bien que les siècles ne suffisent pas pour que nous nous en apercevions d’une manière quelconque?
Les voici :
Le soleil enverra sur la terre la môme quantité de chaleur répartie clans le même ordre que présentement; il n’y aura d’altérations sensibles de climats que dans quelques localités ; les eaux ne seront plus réchauffées dans les entrailles profondes de la terre; les sources thermales n’existeront plus quede souvenir. Les couches superficielles de l’eau de nos lacs subalpins, celles des mers Subiront les mêmes visclssitudes de température auxquelles sont sujettes les couches superficielles du terrain: — sur les rives des lacs de Côme et de Garde ne croîtront plus les citronniers et les orangers; les plages maritimes, les îles perdront le privilège envié de leur climat : l’hiver s’y fera sentir avec la même intensité que dans les contrées situées dans l’intérieur des continents, sur le même parallèle et à la même élévation.
J’ajouterai une chose — dont tu verras plus tard la relation avec le sujet actuel : — les volcans seront éteints; les couches superficielles du globe, dont le repos apparent est troublé
tantôt par des mouvements insensibles et trèslents, et tantôt par des bouleversements subits et destructeurs, seront alors solidement fixées sur une base inamovible, — tant que cela plaira au suprême Régulateur du mouvement et du repos, de l*ordre et du chaos, de la matière et du néant.