‹ Lettres sur la politique colonialeChapitre 12 sur 126 · NOTRE EMPIRE COLONIAL · texte numérisé non relu

NOTRE EMPIRE COLONIAL

grande largeur de l'Europe est de 2,972. La Nouvelle-Calédonie a 1,600,000 hectares, un peu moins que la superficie des trois départements réunis : le Finistère, le Morbihan et les Gôtes*du-Nord. Il y a donc la même différence entre TAustralie et la Nouvelle-Calédonie qu'entre l'Europe et trois départements français. Ces départements, très peuplés, comptent un peu plus d'habitants que d'hectares. On voit que la Nouvelle-Calédonie, même saturée d'habitants, ne sera jamais qu'un faible débouché.

Les îlps Marquises comprennent il îlots représentant 12,400 hectares. Parmi les îles de la Société, la. superficie de Taïti est de 104,000 hectares. C'est à peu près la superficie de l'arrondissement de Calvi, quelque chose comme le 6® de la Corse.

En groupant l'Algérie, la Tunisie, le Sénégal, la Guyane, la Cochinchine, le Cambodge, en leur donnant les plus larges limites, on arrive à 800 mille kilomètres , 900 mille si vous voulez , moins du double de la France.

La surface des terres des cinq parties du globe est de 136 millions de kilomètres : la superficie de nos colonies est d'environ 800,000 kilomètres ; celle de la France de 528,000 kilomètres. C'est peu, surtout quand nous comparons ces possessions à celles du Royaume-Uni. Il n'a lui-même que 314,000 kilomètres, mais ses colonies ou ses protectorats s'étendent sur une surface de plus de 22 millions de kilomètres carrés. Cette grandeur nous humilie. Nous nous trouvons à l'égard de l'Angleterre dans la situation d'un petit propriétaire à l'égard d'un grand.

Nous sommes jaloux de ce vaste domaine, et nous voulons en avoir un semblable à lui opposer, à tout prix. Nous ne calculons plus, nous n'écoutons que la passion. Nous voulons des annexions, dont nous voyons seulement Tétendue, sans nous inquiéter de la qualité. Nous négligeons, en même temps, d'examiner les conditions spéciales qui ont fait de l'Angleterre la plus grande puissance coloniale du globe. Nous ne savons pas distinguer les côtés positifs et les côtés factices de cette puissance ; nous croyons que toutes ses colonies sont un débouché pour sa population et que, sans elles, elle n'aurait pas de commerce. Nous jugeons toutes ces choses d'après nos sentiments, d'après des idées préconçues et non après examen.

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