BEPROCHES RÉCIPROQUES ET MÉRITÉS
A Taïti, un officier de Cook commandait une décharge générale au milieu de la foule qu'il trouvait indiscrète.
Des voyageurs modernes se sont étonnés qu'après les rigueurs dont les bons Hawaïens avaient été victimes de la part de Cook, celui-ci n'eût pas 0té tué plus tôt (1).
A l'exception de Guillaume Penn, les Anglo- Saxons, dès le premier jour de leur débarquement dans l'Amérique du Nord, eurent pour politique l'extermination des Indiens (2). Un manifeste, en date de 1622, dit en propres termes : « Il est bien plu? simple de conquérir les Indiens que de les civiliser par des moyens loyaux ; car c'est une race rude, barbare et rusée, ce qui facilite la victoire et arrête au contraire^la civilisation. » Un statut de la colonie, daté de 1630, renouvelé en 1643, déclare qu'on ne doit jamais faire la paix avec les Indiens.
Dans le XIX® siècle, les mêmes horreurs continuent. Les Anglais ont dépeuplé la Tasmanie par « la guerre noire et la grande traque. »
. En 1842, deux navires anglais abordent aux Nouvelles-Hébrides pour couper du bois de santal; les naturels s'y opposent; les Anglais les massacrent et enfument dans une caverne ceux qui y avaient cherché un refuge.
La Gazette de V Allemagne du Nord (3) publiait
(1) D' Thiercelin. Voy. d'un baleinier, t. H, p. 353.
(2) V. Revue dei Deux-Mondes. Avril 1858. Les tribus indiennes des Etais-Unis. Ed. Laboulaye. Histoire des EttU-Unis. Baron Hubner. Promenade autour du monde.
(3) Novembre 1884.
dernièrement ce réquisitoire contre les procédés des Anglais à Tégard des populations du Pacifique :
a A entendre les Australiens, ils ont pour mission de défendre contre nous dans le Pacifique les principes de l'humanité à Tégard des indigènes. C'est là lo noc plus ultra de Timpudence britannique.
« Les Australiens ont empoisonné par milliers, comme des bêtes fauves, les malheureux noirs inoffensifs qui habitent les forêts de T Australie. Gomme le prouvent surabondamment les récits du naturaliste russe de Mikloukha et du commodore anglais Wilson, ils enlèvent de force en masse les indigènes des îles du Pacifique pour les emmener en esclavage dans leurs établissements de Queenslandet de Fidji, qui îîont cependant sous le contrôle du gouvernemont.
*^ Il y a plus : une des plus riches maisons de Sydney doit ses premiers millions au commerce de chair humaine; elle fournissait, il y a quelques anmVs» aux cannibales de certaines îles de ces parajSt^s» dos victimes que ses agents allaient prendre à main armée dans des îles voisines.
* Tout récemment encore, le haut commissaire britannique des îles Fidji n'a condamné qu'à une pcino dt^risoire de huit jours de prison les pirates du :î»rh\M^nor Stanley^ qui, il y a quelques mois, ont 4i$$iaiUi los établissements allemands d'une des îles U>v^ehion, et qui, après avoir massacré une quantité 4ruiilig<fenes« en ont emmené une centaine comme <«claTiL>$ à Queensland.
A S donc les principes d'humanité, comme le