CE À LA PRESSE
L’apathie n’est qu'une des conséquences de notre paresse naturelle. Tout travail demande un effort, un acte le notre volonté, et personne ne le fera s’il n’en voit utilité, surtout s1l croit que l’objet qu'on lui propose 1e le regarde pas, ou que d’autres sont chargés d’y voir.
Mais quel est celui qui peut dire que l'administration le la justice ne le regarde pas? Marchands et artisans, Jourgeois et paysans, riches et pauvres, savants et ienoants, laïques et ecclésiastiques, tous sont obligés de sounettre leurs différends à la décision des tribunaux, d’inroquer l’aide des officiers de la justice pour se faire rendre e qui leur appartient ou se protéger contre l’agcression.
11 faut donc que tous le sachent : la justice qu’on leur istribue aujourd’hui est souvent une ironie; la déciion arrive quand on n’en a plus besoin, soit parce que le ébiteur est devenu insolvable où parce qu’on y a perdu lus qu'on n’y a gagné; on nous traine de juridiction en aridiction ; certains plaideurs malheureux vont jusqu’à ire que les causes sont jugées par une déesse aveugle ui frappe à droite et à gauche, sans discernement, et ont la balance, inutile pour peser les droits des parties, e sert plus qu’à peser les frais de justice ; que souvent on donne à l’une des parties le bien de l’autre sans xamen, Où qu'on les ruine toutes deux à force d’exainer.” (Esprit des Lois, liv. 29, ch. 1).
Jamais et nulle part on n’a pu répéter avec plus d’aparence de raison cette colomnie atroce : que les officiers e la justice sont les suppôts de la chicane, la forme hydre de la chicane, et le palais l’antre de la chicane. ’ailleurs, sans s'arrêter à ce langage exagéré, le barreau est ému depuis longtemps de la manière dont la jusce s’administre et les juges eux-mêmes réclament des 1angements avec instance.