‹ Lettres sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 4 sur 7 · A AUCUN RÉSULTAT, NE RECONNAIT PAS POUR CAUSE LE VIRUS SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

A AUCUN RÉSULTAT, NE RECONNAIT PAS POUR CAUSE LE VIRUS SYPHILITIQUE

Cette conclusion , vous le savez, a soulevé de nombreuses et de graves objections. Mais je crains que vous ne puissiez pas, aujourd'hui, m’accorder assez d’espace pour en aborder l’exposition et la réfutation. Ce sera là, si vous le permettez, le sujet de ma troisième lettre.

A vous,

Rigoud.

Troisième Lettre.

Cher confrère et ami,

La conclusion qui termine ma dernière lettre : — La blennorrhagie dont le muco-pus inoculé ne donne lieu à aucun résultat, ne reconnaît pas pour cause le virus syphilitique, — cette conclusion, déduite de faits irréfragables, replace l’histoire de la blennhorrhagie au même point où elle nous a été transmise par le Lévilique. Vieille comme l’homme, plus vieille que lui, car les animaux, créés avant lui, sont sujets à la blennorrhagie et ne le sont pas à la vérole, cette maladie, à son état de simplicité, n’a rien de commun avec l’infection syphilitique.

En dépit de ceux qui, depuis Paracelse, Bethencourt etFallope, ont voulu faire de la blennorrhagie, non symptomatique du chancre, une maladie nouvelle, identique à la syphilis , les recherches que j’ai faites, corroborant les descriptions si précises d’Alexander Benedictus et de Cataneus, ont donné aux doctrines de Balfour, de Tode et de Duncan la valeur et la solidité que Bell leur aurait données lui-même, s’il eût pu, comme nous le pouvons aujourd’hui, expliquer les faits prétendus exceptionnels.

Mais la blennorrhagie, de la manière que je l’entends, absolument étrangère à la syphilis dans ses causes, dans sa forme, dans ses conséquences, tient-elle à un virus particulier ?

Il ne répugnerait pas d’admettre une cause spéciale, pouvant

spécifiquement et constamment produire la blennorrhagie et ses conséquences. Rien n'est plus propre, en effet, à déterminer une blennorrhagie que le muco-pus fourni par certaines muqueuses enflammées.

Mais lorsqu’on remonte de la manière la plus rigoureuse et par l’observation la plus sévère aux causes déterminantes des blennorrhagies les mieux caractérisées, on est forcé de voir et de convenir que le virus blennorrhagique fait le plus ordinairement défaut. Rien de plus commun que de trouver des femmes qui ont communiqué des blennorrhagies des plus intenses, des plus persistantes, aux conséquences blennorrhagiques les plus variées et les plus graves, et qui n’étaient affectées que de catarrhes utérins quelquefois à peine purulens. Assez souvent, le flux menstruel paraît avoir été la seule cause de la maladie communiquée. Dans un grand nombre de cas, enfin, on ne trouve rien, ou seulement des écarts de régime, des fatigues, des excès dans les rapports sexuels, l’usage de certaines boissons, — la bière, — de certains alimens, — les asperges. — De là cette fréquence dans la croyance des malades, croyance très souvent légitime, qu’ils tiennent leur chaudepisse d’une femme parfaitement saine.

Sur ce point, je connais assurément toutes les causes d’erreur, et j’ai la prétention de dire que personne plus que moi ne se tient en garde contre les fraudes de tout genre semées sur les pas de -l'observateur ; mais c’est avec connnaissance de cause que je soutiens cette proposition :

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