QUATRIÈME LETTRE
De l'incubation de la blennorrhagie. — Rien ne la prouve. — Elle n'a été inventée que pour servir la cause de la virulence. — Du siège de la blennorrhagie. — Résultats différents de la blennorrhagie et de la syphilis.
Ainsi que je l'ai promis, je vais dire quelques mois de l'incubation de la blennorrhagie.
On a fait de l'incubation une condition de la virulence. Toute maladie virulente doit présenter une période d'incubation. Aussi, ceux qui admettent que la blennorrhagie est le produit d'un virus admettent également que ce virus ne détermine ses premiers effets qu'après un temps d'incubation plus ou moins long.
Je dis plus ou moins long, et ce n'est pas sans raison. Les auteurs, en effet, de même que pour l'incubation de la syphilis proprement dite, ont admis pour celle de la blennorrhagie une période on ne peut plus commode. Le terme en a été fixé entre quelques heures (Hunter et d'autres) et cinquante et quelques jours (Bell). Que dis-je? MM. Cullerier et Ratier ont rapporté l'histoire d'une incubation qui aurait duré cinq mois. Voilà assurément une incubation fort élastique.