‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 7 sur 81 · EE RE PE ASP · texte numérisé non relu

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donienne ou chinoise, des grincements de scie et des coups de pistolet jusqu'à minuit, jusqu'à une heure, jusqu’à deux heures. Enfin, le délire, commence à s'apaiser, le cortége se sépare, la foule se disperse, nous revoici devant l'hôtel Saint-Georges. Il y a 4 ou o kilomètres de blocs jusqu'à Brown street. Plus de voitures, point de cars, mais qu'importe? la soirée est superbe, et la route est tout illuminée par les feux d'artifice libres que la jeune Amérique des deux sexes ne se lasse point de tirer en l'honneur du lorieux Centennial !

Le lendemain 4 juillet, à dix heures, à lieu la cérémonie commémorative officielle, en face d’'Independance Hall, la salle où fut signée la Déclaration d'indépendance des États-Unis. Une estrade en planches a été élevée pour recevoir les autorités et les invités. Le président Grant n’est pas venu; en revanche, on se montre les généraux Sherman et Sheridan, et les politiciens les plus notables du Congrès. L'arrivée des envoyés du Japon en costume national, puis de l’empereur du Brésil, fait sensaton ; un orchestre de deux cent cinquante musiciens exécute l'ouverture de la « Grande République » ; le vice-président, M. Ferry, lit une Adresse; le révérend W, Bacon Stevens, évèque de Pennsylvanie (épiscopalien) récite une prière; on chante un hymne de bienvenue aux nations ; M. Richard Henry Lee, de la Virginie, descendant d'un des héros de l'Indépendance, donne lecture de la « Déclaration »

au bruit des hourras; M. Bayard Taylord, poëte et voyageur distingué, récite une « ode nationale » qui remplit une colonne et demie en petit texte de l'Evening Bulletin; puis M. W. Ewarts, de New-York, prononce un discours qui en remplit six. La cérémonie terminée, la foule s'approche d’une pancarte enfermée dans une sorte de coffre-fort et portant en manière de certilicats les signatures du Président, de ses ministres, des membres de la Cour suprême et du Congrès; le tout avec la marque de l'inventeur de ce coffre-fort, new patent. On va visiter le vieil et respectable édilice d'Independance Hall transformé en musée historique. Sur l'escalier, Le portrait en pied de Lafayette fait pendant à celui de Guillaume Penn; enfin, le soir, des cars pleins jusqu’à déborder, de matière vivante, se dirigent vers les hauteurs de Fairmount, où la ville de Philadelphie fait les frais d’un feu d'artifice officiel, indépendamment des feux d'artifice libres qui continuent à se lirer jusqu'à extinction complète de la provision dispouible des fire works. Le programme est épuisé, et, à moins d’être devenus terriblement sourds, les pères de l'Indépendance américaine ont dû entendre du fond de leurs glorieux tombeaux le bruit de cette fête dont ils étaient les héros. Dieu veuille qu’elle soit suivie de beaucoüj, d’autres!

ss Veux um = nm, jus Come jus = bond

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