‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 132 sur 255 · LETTRE CCXXXII. 1578. 29 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE CCXXXII. 1578. 29 SEPTEMBRE

en outre, beaucoup de peine qu'on le laissât partir immédiatement pour Madrid, malade comme il était. Plaise à Dieu qu'il ne meure pas maintenant ! Veillez, je vous prie, à ce qu'on le soigne bien à Almadovar, et qu'il n'en sorte pas, si l'on veut me faire plaisir; ne négligez pas de donner des ordres pour cela. Tâchez de ne point l'oublier. Je vous l'assure, mon Père, il vous en resterait peu comme lui, s'il venait à mourir

1578. 29 Septembre. Avila.

AU PÈRE GRATIEN, A MADRID

Projet d'envoyer à Rome deux Carmes déchaussés pour obtenir une province séparée et un protecteur spécial. Mécontentement du Père Antoine. Le Frère Jean de la Misère disparu. Le Père Paul Hernández, jésuite, ami de la Sainte.

Tout cela serait très important; supposé que ces

ères ne pussent aller à Rome tous les deux, il faudrait qu'il y en eût au moins un. Mais il serait mieux qu'ils s'y rendissent l'un et l'autre. Ils sont très estimés des Pères de la Compagnie, ce qui ne leur serait pas d'un petit secours pour les négociations. En tout cas, que Votre Paternité m'écrive sans retard, et, par charité, ne nous berçons pas plus longtemps d'espérances. Tout le monde s'étonne que nous n'ayons aucun des nôtres à Rome, pour s'occuper de nos affaires ; voilà pourquoi les Carmes mitigés font tout ce qu'ils veulent.

t. Nous avons corrigé en plusieurs endroits cette lettre, à laquelle manquent les premières lignes,

Les deux Pères porteraient à Rome un mémoire dont le but serait d'obtenir, s'il était possible, un protecteur spécial pour les Carmes déchaussés.

Voilà le moment où il nous faut agir sans délai; Votre Paternité voit combien peu de temps nous avons. Vous pouvez, de Madrid, m'aviser s'il n'est pas déjà trop tard; malgré l'empressement qu'on pourra apporter, tout ce mois nous semble nécessaire. Je ris en moi-même, comme si j'avais en ma présence ceux qui doivent partir, et en main de quoi payer leurs frais de voyage. Mais tant que nous ne commencerons pas, nous n'avons aucune chance de réussir; nous aurions dû commencer dès le jour où nous nous sommes soumis au Bref.

Le Père Antoine se fâche terriblement de ce que nous ne lui avons rien dit, et il a raison1. Je suis étonnée de Monsieur Roch; il aurait pu facilement prévenir ce Père, puisque les messagers de Madrid à Grenade ne manquent pas. J'ai écrit à ce dernier que Votre Paternité allait le faire, et que, tant qu'il n'a rien su, il pouvait, en effet, user sans scrupule de ses pouvoirs. Je ne sais où j'ai mis sa lettre; si je la trouve, je vous l'enverrai.

J'ai été très peinée, je vous assure, que vous ayez de tels Carmes déchaussés qui vous payent si peu de retour; je parle de celui qui s'en est allé avec le Père Balthasar. Les Carmes chaussés qui ont été nos geôliers se sont montrés moins ingrats. Plaise à Dieu que ce Père ne fasse pas des siennes, dès qu'il se verra libre ! Mais, au reste, il est mieux dehors.

1. Le Père Antoine faisait la visite en Andalousie, comme délégué du P. Gratien. Mais ce dernier, s'étant vu retirer ses pouvoirs par le Nonce, avait oublie de prévenir le P. Antoine, qui continuait toujours ses visites, ou plus vraisemblablement, c'est Monsieur Rocli de Huerta qui oublia de lui envoyer la lettre du P. Gratien.

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