Le domestique déjà sus-mentionué
pour moi de voir ces deux Pères en liberté1. J'espère que le Seigneur, après nous avoir fait cette faveur, nous accordera les autres. Quant à la séparation de la province, que Sa Majesté l'accomplisse, puisqu'Elle en voit la nécessité 1
Plaise à Dieu de vous [récompenser d'avoir voulu prévenir le licencié de notre affaire d'argent ! Qu'il vous récompense, en outre, de tous les services que vous nous rendez ! Si vous aviez attendu davantage, cela ne m'eût point préoccupée. Toutefois, cette démarche suffit, jusqu'à ce que nous ayons une réponse. Quand vous remettrez cet argent au licencié, veuillez m'en donner avis, et je vous rembourserai immédiatement ; en cela, je serai fidèle.
Je vous supplie de remettre en main propre les lettres ci-jointes; cela convient. Ne manquez jamais de m'accuser réception de celles que je vous envoie; sans cela, j'en suis préoccupée, et il y a de quoi. Considérez qu'il est très important de les remettre en main sûre.
Dès que je verrai nos Pères libres, j'aurai peu de peine de tout le reste. Dieu, en effet, conduira tout mieux que nous. En définitive, c'est son œuvre. Veuillez présenter mon respect à Madame doña Inès et à ces dames.
C'est aujourd'hui dimanche, fête des saints Innocents.
Votre indigne servante,
Thérèse de Jésus.
1. Le Père Gratien et le Père Doria, qui étaient prisonniers chez les mitigés de Madrid. Le Père Mariano n'était plus à Madrid. Le Nonce l'avait envoyé au couvent de Pastrana.
LETTRE GCXL. 1578. 28 DÉCEMBRE
LETTRE GCXL1.
1578. 28 Décembre. Avila.
a dona jeanne dantesco, mère du père gratien,
A MADRID
Emprisonnement du Père ( .ration. Ordre du Roi.
Vous saurez, chère Madame* que depuis longtemps,
il2 ne cessait de demander à Dieu des croix et qu'il les appelait de tous ses vœux. Sa Majesté le disposait clairement à celles qu'il allait recevoir de sa main. Oh 1 comme elles ont été terribles ! [Que le nom du Seigneur soit béni3] ! car le Père Graticn doit avoir réalisé de tels progrès, qu'il ne se reconnaîtra plus lui-même. Il a été pour nous tous une occasion de gagner bien des mérites. Je n'ai cessé de penser à votre chagrin et à celui de votre famille; assurément, vous en aurez tous retiré du profit.
Dès que je verrai libres le Père Gratien et les autres Pères qui sont encore en prison, ma joie sera parfaite. Et cela, nous le verrons, puisqu'ils n'auront plus maintenant autant d'accusateurs. Comme je l'ai dit, Notre- Seigneur lui-même, j'en ai l'assurance, aura un soin particulier de cette affaire, la plus importante pour nous; car les bonnes âmes qui le Lui demandent ne manquent pas ; Il fera donc ce qui doit contribuer davantage à son honneur et à sa gloire.
1. Les deux premières lignes de cette lettre manquent dans l'autographe.